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 TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)

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MessageSujet: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:25

Couverture de l'oeuvre :



écrit par Sarah06 Tinuviel
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:30

Je me languissais d'attendre la suite de L'aîné, alors je me suis mise à l'écrire moi même. J'ai repris les derniers mots du tome 2 et je suis partie de là. Bonne lecture.

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- La réponse à ta question, frère, est oui ! Oui, je ferai le voyage vers Dras-Leona avec toi. Je t’aiderai à sauver Katrina. Puis, toi et moi, nous tuerons les Ra’zacs et nous vengerons notre père !
Incapable de tenir une seconde de plus, tremblant de fatigue et d’épuisement, Eragon s’effondra sur le sol, retenu par les bras puissant de Roran. Son cousin murmura quelques paroles incompréhensibles aux oreilles du garçon. Sa vue se brouilla et tout devint noir.

A son réveil, Eragon ressentait encore une profonde lassitude et ses membres lui paraissaient aussi lourds que du plomb, mais il savait qu’il devait accomplir quelque chose d’urgent avant de songer prendre un repos bien mérité. Il ouvrit les yeux et se trouva étendu sur sa couche. Dehors, l’obscurité n’était troublée que par la lueur dansante d’un feu de camp.
Lorsque qu’Eragon se leva, des courbatures lui arrachèrent une grimace. Il enfila sa tunique et sortit de la tente. Saphira était roulée en boule à l’extérieur. Lorsque le garçon posa une main sur les flancs de la dragonne, il s’aperçut qu’elle tremblait. Ce contact la réveilla.
- Te voila déjà réveillé !
- Oui, je me suis reposé suffisamment pour soigner ta blessure.
- Tu n’étais pas obligé de te réveiller au milieu de la nuit. J’aurais pu attendre demain.
- Moi pas !
Le garçon contourna la dragonne et se pencha vers sa queue. Sous l’œil affectueux de Saphira, il guérit la blessure, en prononçant des mots de l’ancien langage. Elle appuya son nez sur l’épaule du garçon qui était à bout de souffle.
- Merci petit homme !
Il lui répondit par un sourire fatigué et se dirigea vers l’entrée de sa tente pour retourner se coucher, quand Roran l’aborda :
- Alors, te voilà déjà debout ?
- Je devais guérir la blessure de Saphira.
Les deux cousins se regardèrent, l’espace d’un instant sans parler, l’air gêné. Roran ajouta :
- Tu m’as fait peur tout à l’heure ! Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
- Ho… heu… j’ai dû m’évanouir… cette bataille a requis beaucoup d’énergie…
- Ha…ça va mieux maintenant ? Si je te demande ça, c’est parce que Dame Nasuada aimerait te voir dans sa tente dès que tu te sentirais mieux …
- Très bien, j’arrive tout de suite !
Saphira protesta :
- Tu devrais aller te reposer d’avantage avant ! Tu tiens à peine debout…
- Ca ira. Je n’en n’aurais pas pour longtemps.
Il suivit Roran à travers le labyrinthe de tentes. Tout en marchant, il observa le visage de son cousin et remarqua que ce dernier avait de profondes cernes.
- Et toi ? Tu ne dors jamais ?
- Je… j’ai du mal à dormir ses temps-ci…
- Laisse moi deviner… à chaque fois que tu ferme les yeux tu vois Katrina ?
Roran jeta un regard en biais à Eragon, puis baissa les yeux. Ils gardèrent le silence jusqu'aux appartements de Nasuada.
- Tu voulais me voir Nasuada ?
- Eragon ! Tu es déjà debout ?
Nasuada était assis à son bureau étudiant une carte déroulée devant elle. Ses traits étaient tirés par l’épuisement et l’inquiétude, mais elle se tenait toujours aussi droite. Après un signe affirmatif d’Eragon elle poursuivie :
- Je voulais te voir à propos d’Elva… elle est au plus mal… et je crains pour sa vie.
Apres un silence lugubre, Roran, qui se tenait en retrait intervint.
- Qui est Elva ?
Eragon répondit avant Nasuada :
- C’est une petite fille que j’ai horriblement fait souffrir parce que j’ai commis une erreur, murmura-il, le regard abaissé.
Il leva les yeux vers Nasuada et demanda :
- Où est-t-elle ?
- Dans une tente à l’extérieur du camp. Je vais t’y conduire.
Elle se dirigea vers la sortie mais Eragon l’arrêta.
- Avant d’aller là-bas, je dois parler à Arya ! J’ai besoin de son aide pour trouver les mots justes qui briseront la malédiction.
- D’accord.
Eragon se tourna vers son cousin.
- Heu…je pense qu’il serait préférable que tu ne viennes pas. Elva est…enfin, il est préférable qu’elle ne voit pas de nouvelle personne pour le moment… tu comprends ?
- Pas vraiment...répondit Roran septique.
- Ecoute je t’expliquerais une autre fois…Profite du reste de la nuit pour aller dormir un peu ! Tu en as besoin… nous en avons tous besoin…conclu-il avant de sortir.

Eragon et Nasuada firent un détour par la tente d’Arya et tous les trois se rendirent à l’extérieur du camp, jusqu'à une tente de taille moyenne implantée à bonne distance. Plus Eragon approchait du pavillon, plus sa nervosité augmentait. Il ignorait ce qu’il allait y trouver, et être confronté au mal qu’il avait infligé le terrorisait. Il savait qu’il n’avait plus le droit à l’erreur et qu’il devait défaire ce qu’il avait fait. Mais il avait conscience également de ne pas être au mieux de ses capacités. Et si son état de faiblesse le faisait commettre une nouvelle erreur ?
Lorsqu’ils entrèrent, l’intérieur était très sombre, mais grâce à sa vision améliorée, Eragon discernait les formes de deux personnes, dont l’une devait être Elva. Nasuada s’avança dans l’obscurité et murmura :
- Angela, comment va-t-elle ?
- Son état a empiré, je le crains…répondit Angela.
Nasuada se rapprocha pendant qu’Eragon entraînait Arya à l’extérieur pour lui demander d’une voix anxieuse :
- Sais-tu de quelle façon je peux défaire la bénédiction ?
- Tu ne le sais pas ? demanda Arya, surprise et inquiète.
Eragon hocha négativement la tête.
- Hé bien, je dois t’avouer que je n’ais moi-même jamais accompli de bénédiction, alors en défaire une… Mais je peux te dire que pour qu’un désenchantement soit efficace, ce ne sont pas vraiment les mots qui comptent, mais les intentions que tu as, au fond de ton cœur, lorsque tu prononce le contre sort. Essaye de chercher les mots qui pourront contrer ceux que tu as prononcés la première fois. D’ailleurs, te souviens tu avec exactitude de ces mots ?
Eragon n’avait pas besoin de se remémorer le jour où il avait béni Elva, car ce moment hantait régulièrement.
- Oui, je m’en souviens très bien.
Tourmenté par ses inquiétudes il ajouta :
- Est-ce qu’un désenchantement, requière beaucoup d’énergie ?
Arya le dévisagea, impassible.
- Si tu juge ne pas être suffisamment fort pour le faire, alors ne le fais pas.
- Mais je ne sais pas si Elva pourra attendre jusqu'à ce que je recouvre mes forces…dit-il, désemparé.
- Tu raison, je doute qu’elle pourra attendre jusqu'à là, intervint fermement Angela, qui sortait à cet instant de la tente. Fatigué ou pas Eragon, si tu attends d’avantage, je crains qu’il n’y ait plus personne à sauver.
Elle se radoucie et ajouta :
- Tu y arriveras, j’en suis sûr ! Le tout est d’y mettre de la conviction.
Eragon la fixa un instant dans les yeux puis se détourna. Il chercha à mettre ses idées en ordre afin de trouver les mots justes dans sa langue maternel, puis de les traduire en ancien langage. Apres de longues minutes de réflexion et de concentration, il se tourna vers Ayra et lui répéta les mots qu’il avait choisi. Elle les pesa et dit :
- Je pense que tu devrais remplacer le mot « demeurera » par « vivra », sinon cela pourrait provoquer un contre sens. Ne prenons pas de risque inutile.
Eragon acquiesça.
- Vous êtes prêt ? demanda Angela.
- Oui, je suis prêt
D’un pas résolu, Eragon pénétra dans la tente où une petite bougie avait été allumée. Sa faible lueur tremblotante, donnait une atmosphère inquiétante et pesante à la pièce. Sur la gauche, une couche avait été installée et le petit corps de Elva y reposait. Lorsque Eragon posa les yeux sur elle, il vit qu’elle tremblait de tous ses membres. Elle avait encore grandi depuis la dernière fois qu’il l’avait vu. Nasuada, assise à son côté, lui tamponnait un linge sur le front, pour tenter d’apaiser la forte fièvre dont elle semblait souffrir.
Eragon s’approcha davantage et s’agenouilla. Il contempla le visage torturé de la fillette avec un mélange de culpabilité et d’effroi. Il se rappela des paroles prononcées par Oromis quelques mois plus tôt : « Tu porte l’entière responsabilité du destin de cette fillette, et, à cause du tort que tu lui as fait, il t’incombe de l’aider si jamais l’opportunité se présente ». Hé bien justement, l’occasion lui était donnée de se racheter, et il devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour y parvenir.
Il respira un bond coup et approcha sa main du front d’Elva. Nasuada retira le linge et se leva pour laisser le champ libre au jeune homme. Il contempla, étonné, la marque argentée qui étincelait sur son front. Soudain, Elva saisit le poignet d’Eragon et l’enserra fermement.
- Eragon ! rugit-t-elle.
- Elva calme toi ! dit-il essayant de se libérer de l’étau de fer.
- Tu dois cesser de te tourmenter sur tes origines !...tu n’es ni ton père…ni ton frère ! … ta douleur…je la ressens en moi… elle m’étouffe ! ajouta –elle, à bout de souffle.
Eragon se libéra de l’emprise d’Elva, qui retomba mollement sur son lit. Horrifié par les mots de la fillette, qui étaient on ne peu plus vrai, il resta là, à la contempler, sans pouvoir agir.
- Eragon ! Fait le maintenant ! s’écria Angela.
Eragon tenta de se ressaisir et de retrouver son calme intérieur. Il inspira profondément à plusieurs reprises, avant de sentir enfin les battements de son cœur commencer à ralentir. Il essaya de se plonger dans un état de grande concentration mais n’y parvint qu’à moitié. Il dû s’en contenter, car la fillette suffoquait à présent.
Il approcha à nouveau sa main du front d’Elva. A son contact, Eragon ressentit un frisson le long de sa propre gedwëy ignasia. Il n’y prêta pas attention et prononça avec conviction les mots suivant en ancien langage.
- Par ces mots, tu ne seras plus un bouclier contre le malheur, et tu vivras en paix.
Eragon attendit un instant. Comme rien ne se produisis, il retira sa main et vit que la marque sur le front d’Elva, ne brillait plus aussi fortement qu’avant. Sa lueur faiblissait de plus en plus rapidement, jusqu'à s’éteindre complètement. Ce n’était, à présent, qu’une marque blanchâtre presque effacée.
Eragon se releva et recula d’un pas. La tête lui tournait et il avait du mal à rester debout, tant la fatigue qu’il ressentait était grande. Sa vision se troublait par intermittence, mais il réussit à voir Angela se penché sur Elva. Apres un instant elle hocha la tête un sourire aux lèvres.
Incapable de parler ou de bouger, Eragon attendait que quelque chose se produise. Finalement quelqu’un saisit de son bras gauche et l’aida à sortir de la tente. Il avança, moitié marchant, moitié traînant, sur l’espace vide qui séparait la tente de Elva du reste du campement. Il tourna légèrement la tête et constata que c’était Ayra qui le raccompagnait. En d’autres circonstances, il aurait été enchanté par ce contact rapproché avec l’elfe, mais il était si épuisé qu’il avait même du mal à éprouver le moindre sentiment.

Il ne garda presque aucun souvenir des instants qui suivirent, comme si son cerveau été incapable d’enregistrer de nouvelles informations, après tous les évènement et révélations survenues dans la journée.
Lorsqu’il se réveilla, la matinée était déjà bien entamée. Il se leva et fit sa toilette pour se débarrasser de la poussière, de la boue accumulée et du sang séché ; le sien comme celui de ses ennemis. Il s’habilla, enfila son carquois et c’est à cet instant là qu’il s’aperçut à quel point le poids familier de Zar’roc lui manquait. Il ferma les yeux un instant pour tenter de chasser les souvenirs de la veille qui tentaient de remonter. Il aurait donné n’import quoi pour que cette journée n’ait jamais existée.
Il sortit, salua Saphira et observa autour de lui l’effervescence qui régnait dans le camp.
- Que se passe-il ? demanda-il à Saphira.
- Je ne sais pas ! Ca dure depuis une heure. Je t’attendais pour qu’on aille en savoir plus auprès de Nasuada.
- Allons –y !
Ils avancèrent cote à cote, traversant la cohue de soldats, s’affairant à leurs préparatifs. Arrivé devant le pavillon de Nasuada, ils constatèrent qu’il était vide. Eragon interpella un soldat qui passait par là :
- Sais-tu où se trouve Nasuada ?
- Oui Tueur d’Ombre ! Elle est au nord du camp, près des premières lignes, dit-il pointant son doigt en direction du nord.
- Merci !
Ils s’y rendirent et trouvèrent la chef des Varden en grande conversion avec Jörmundur. Lorsqu’elle les aperçus, elle remercia son capitaine et se tourna vers eux.
- Que se passe –il ? demanda Eragon.
- Je vous cherchais justement ! Il y a du nouveau. Les troupes ennemies se sont retirées depuis l’aube.
- Quoi ?! Mais pourquoi ? Je ne comprends pas !
- Moi non plus, mais je ne vais pas m’en plaindre !
- Et tout ces préparatifs ?
- J’ai donné l’ordre de replier le camp ! Nous nous retirons vers la capitale afin de soigner les blessés et restaurer nos vivres. Il semble que la seconde manche nous opposant à l’empire ne soit pas pour tout de suite.
Eragon réfléchit un instant à la situation. « Ce répit va me permettre de tenir ma promesse envers Roran. »
« Mais tu as autre chose à faire avant, petit homme ! intervint Saphira. Tu dois accompagner les nains pour assister à l’enterrement de Hrothgar. »
« Ho non ! J’avais déjà oublié ! Mais si je vais avec les nains, cela risque de me faire perdre un temps précieux, qui pourrait amincir les chances de survie de Katrina ! »
« Mais c’est pourtant ton devoirs envers le clan de le faire ! »
« Oui, mais c’est aussi mon devoir envers mon frère, de respecter la promesse que je lui ai faite ! Si j’assiste à l’enterrement, je prends le risque de tuer Katrina, et si je n’y vais pas, je déshonorais probablement mon clan… Saphira que dois-je faire ? »
« C’est à toi de prendre la décision… »
- Que vas-tu faire ? demanda Nasuada.
- Quoi ?! demanda Eragon alarmé, pensant que Nasuada avait entendu la conversation.
- Tu rentres avec nous à Aberon ?
- Ha ! Heu … Non, je ne pense pas … J’ai besoin de réfléchir…Je te tiendrais au courant de ma décision, dès que j’en aurais prise une.
Il prit congé de Nasuada et désembua dans un terrain vague. Le sol, qui portait encore les stigmates de la bataille et l’air saturé de fumé acre, rendait l’atmosphère aussi insupportable que la veille. Apres de très longues minutes de silence, Eragon finit par se tourner vers Saphira.
- Ecoute, je ne crois pas qu’il faille choisir entre la promesse faite à Roran et mon devoir envers le clan ! Il s’agit juste de faire appel à la logique, comme me l’a enseigné Oromis ! Et la logique me dit que je ne peux malheureusement plus rien faire pour Hrothgar ! Il est mort, tu comprends ! Mais je peux encore agit en ce qui concerne Kartina ! Si je ne fais rien, elle va mourir et non seulement j’aurais sa mort sur la conscience, mais en plus Roran ne me le pardonnera jamais !
Apres un instant de silence, Saphira répondit d’une voix solennelle.
- J’approuve ta décision, car bonne ou mauvaise, elle est réfléchie et c’est ce qui compte.
- Merci ! C’est important pour moi ! Je ne sais pas de quelle manière je vais réussir à me faire pardonner des nains, si c’est possible…mais, on verra plus tard. Un problème après l’autre ! Il faut aller prévenir Roran que nous partons.



A SUIVRE ...
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:33

Voila la suite ! Bonne lecture !

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Ils passèrent les deux heures suivantes à préparer leur départ. Roran était dans tout ses états : depuis qu’Eragon lui avait annoncé qu’ils partaient, il était très agité et il déambulait dans tout les sens, pour tenter d’accélérer les préparatifs.
Une fois ceux-ci terminé, Eragon se rendit auprès que Nasuada pour l’informer de la situation.
- Tu as donc décidé d’aider ton cousin ?
- Oui mais je ne peux le faire sans ta permission, dit-il en s’inclinant.
- Je ne pense pas que nous aurons besoin de toi dans les jours qui viennent, dit-elle pour elle-même. Tu as ma permission ! Fait aussi vite que la raison te le permettra Eragon, car j’ignore pour combien de temps les armées de Galbatorix se sont retirées. Surtout, prend bien soin de toi, ajouta-elle avec une lueur de tristesse dans les yeux.
- Merci, Nasuada.
Eragon prit congé et rejoignit les autres. Alors qu’il aidait Roran à monter Saphira, Arya déboula comme une furie.
- Alors comme ça c’est vrai ?! Tu repars en chasse des Ra’zacs ?! Mais pourquoi ? Pourquoi veux-tu assouvir ta vengeance aujourd’hui ?
- Arya, ce n’est pas du tout ce que tu crois. Mon départ n’a rien à voir avec la vengeance.
- Ha non ? Tu pars à leur recherche juste pour tester tes nouveaux pouvoirs, j’imagine ?
Eragon était déconcerté. Il avait déjà vu Arya dans cet état d’énervement, lorsqu’ils étaient à Farthen dûr, mais il ne comprenait pas pourquoi elle l’était maintenant alors qu’il n’y avait aucune raison pour cela. S’inquiétait-elle pour lui ?
- Ca n’est pas une vengeance, mais une mission de sauvetage !
- Quoi ?
- La fiancé de Roran a été enlevé par les Ra’zacs ! Elle est toujours en vie et je pars pour tenter de la libérer.
Eragon eut l’impression que Arya avait reçu un coup de point dans le ventre, mais elle reprit contenance rapidement et parla d’une voix calme.
- Je m’excuse de t’avoir parler ainsi…je ne savais pas pour la fiancée de Roran. Je … j’espère que tout se passera bien… Prenez soin de vous deux et revenez-nous vite ! Les Vardens ont besoin de vous…
Eragon sourit, monta sur sa selle, devant Roran, et se retourna. Il porta deux doigts à ses lèvres et dit :
- Atra esternì ono theduin !
Ayra, surprise par cette marque de respect, hésita, puis porta deux doigts ses lèvres.
- Mor’ranr lìfa unin hjarta onr.
- Et que les étoiles veilles sur toi Ayra, conclu Eragon avant que Saphira ne s’ébranle.
Elle s’éleva dans les aires et arrivée à une certaine hauteur, elle prit de la vitesse en fonçant direction plein nord. Les sentiments d’Eragon étaient partagés en cet instant ; il était heureux d’avoir vu Ayra s’inquiéter pour lui, mais d’un autre coté, il était triste de devoir s’éloigner d’elle à nouveau.
- Alors, qu’est ce qu’il y a entre vous ? demanda Roran, ses cheveux ébouriffé par le vent.
Cette remarque sortie Eragon de ses rêveries. Il prit conscience que son cousin avait assisté à toute la scène et il hésita avant de répondre.
- Heu…qu’est-ce qui te fait croire qu’il y a quelque chose entre nous ?
- Allé frerro ! On me l’a fait pas à moi ! J’ai observé la façon dont tu la regardais, sans compter comment elle t’a interpellé.
Eragon sentit le rouge lui monter aux joues. Il regarda droit devant lui, pour ne pas être vu de son cousin.
- Très bien, garde tes secrets ! Mais je dois t’avouer que je suis impressionné : une elfe ! C’est n’est pas n’importe qui !
Eragon fut surpris par le ton léger de Roran. Il ne l’avait pas vu d’aussi bonne humeur depuis l’époque ou ils vivaient encore chez Garrow.
- Elle ne partage pas mes sentiments…elle pense que nous sommes trop différents. Elle a probablement raison, mais je ne peux m’empêcher de ressentir ce que je ressens pour elle…
Il commença à raconter comment tout cela avait commencé et il finit par dire ce qu’il avait sur le cœur. Au fur et a mesure qu’il parlait, il avait l’impression d’aspirer de grandes bouffées d’air pur, ce qui était vrai en fin de compte, puisqu’ils volaient à présent au dessus du nuage gazeux des plaines brûlantes. Pouvoir se confier ainsi à son cousin lui procurait un plaisir sans pareil et semblait le soulager du lourd fardeau qu’il portait depuis plusieurs lunes. C’était comme une libération de pouvoir parler à quelqu’un, et Roran était sûrement le seul à qui Eragon aurait pu confier tout cela.
Apres avoir abordé ce sujet, les deux cousins commencèrent à parler de tout et de rien, à se raconter leur propre aventures, jusqu’au moment où Saphira, qui avait garder le silence jusque là, demanda à Eragon :
« As-tu un plan pour libérer Katrina ? »
Eragon interrompit la conversation, perplexe.
« Heu, je dois admettre que je n’y ai pas vraiment songé… D’autant plus que nous ne connaissons pas l’emplacement exact de leur campement. Brom pensait qu’ils se cachaient dans les montagnes de Helgrind. Mais elles sont si grandes et étendue qu’une grotte peut facilement s’y dissimuler. On se retrouve confronté à la même situation que l’année dernière. »
« Pas exactement…Beaucoup de choses se sont produites depuis notre dernier passage à Dras-Leona. Je pense notamment à l’augmentation tes pouvoirs, ton acuité et de mon agilité. Je pense que nous n’aurons pas trop de difficultés à les retrouver. Et puis, tu pourras toujours tenter de repérer l’esprit de Katrina une fois à proximité. »
« Tu a raison ! »
« Ce que je voulais savoir, en réalité, c’est si tu as décidé de la manière de t’y prendre lorsque tu seras face à eux ? Tu n’as plus Zar’roc désormais…tes flèches te suffiront-t-elle ? »
« Oui, je le pense…mais tu as raison ! On doit mettre en place un plan d’action et prévoir les actions des Ra’zacs, pour y parer. »
Eragon en parla à Roran et ensemble avec Saphira, ils échafaudèrent un plan de bataille, en envisageant tous les cas de figure. Apres cette longue discussions et lorsque tous les détails furent réglés, une inquiétude flottait encore dans l’esprit d’Eragon.
« Saphira, il reste encore une dernière chose à régler ! »
« Je t’écoute. »
« Hé bien, jusqu’ici, tu n’as pas eu de mal à nous porter tous les deux, Roran et moi, mais si on réussit à libérer Katrina…
« Lorsqu’on aura libéré Katrina ! rectifia Saphira »
« Oui…hé bien, nous seront trois, et nous n’avons pas de cheval pour rentrer…Est-ce que tu pense être capable de nous porter sur une si grande distance ? »
Saphira lui jeta un regard perçant.
« Petit homme, je ne sais pas si tu l’auras remarqué mais, j’ai bien grandis depuis Tronjheim, et l’entraînement que j’ai suivi aux coté de Glaerd, m’a permis d’accroître le poids des charges que je peux porter. »
« Très bien ! conclu-il, lui flattant les flans, je te fais confiance ! »

Ce soir là, ils campèrent dans les vastes plaines, qui s’étendent entre la cité de Belatona et la petite ville de Melian. Des terres nue et arides s’étendaient à perte de vue dans toutes les directions. Lorsque le repas fut près, Roran s’étonna de voir Eragon ne manger que des verdures. Il lui tendit un morceau de viande séché, qu’Eragon refusa poliment.
- Non merci ! Je ne mange plus de viande.
- Tu plaisant j’espère ?
- Pas du tout !
- Et depuis quand ? s’ahuri Roran.
- Depuis mon séjours en Elleseméra, la capitale des elfes.
Roran regard son cousin pendant un instant, avec des yeux perçants.
- Tu as vraiment beaucoup changé. Et pas seulement physiquement…je ne te reconnais plus ! Tu n’es plus le Eragon que j’ai connus !
Eragon fut surpris par cette remarque. Il savait qu’il avait changé, mais ce changement s’emblait effrayer Roran. Lui-même n’avait pas vraiment eu le temps de se pencher sur les transformations opérées sur son corps et son esprit. Les évènements s’étaient précipités depuis les célébrations de l’Agaetì Sänghren. Sur le moment, il avait était heureux des nouveaux dons que les dragon lui avaient offert et des douleur à son dos qui avaient disparut, mais maintenant, en y réfléchissant, il se rendait compte que tout ses changement si soudain, avait finit par le rendre étranger à lui-même.
« Ne t’inquiète pas, murmura Saphira en effleurant doucement son esprits, tu t’y feras avec le temps. Oromis t’avait prévenu que ça risquait d’arriver…que tu risquais d’avoir du mal à accepter ces changements. »
« Mais… je… heu… Regard comme Roran m’observe. Je crois qu’il n’a même plus l’impression d’être face à son cousin, mais plutôt face à un étranger ! Saphira, regarde moi ! Je ne suis plus le même ! »
Face au désarroi du jeune homme, Saphira répondit :
« C’est vrai ! Tu n’es plus Eragon, le fermier, vivant chez Garrow à Caravall, mais Eragon le Dragonnier, qui a affronté et tué un Ombre ! »
Eragon pesa ces mots, et après un long silence, il conclut :
« Oui, tu a raison, mais j’ai besoin de temps pour m’habituer à tout cela…Pour comprend qui je suis devenue. »
Le reste du repas se déroula dans le silence. Une fois la vaisselle faite et les ustensiles rangés, Eragon souhaita bonne nuit à son cousin, vint se blottir dans un pli du cou de Saphira et laissa ses yeux vagabonder vers les cieux. Le sommeil lui manquait et cette drôle de léthargie dans laquelle il sombrait chaque nuit, ne remplaçait pas vraiment une bonne nuit d’un sommeil profond.

Dès le levé du jour, les deux cousins emballèrent leurs affaires et reprirent les airs, sur le dos de Saphira. Ils gardèrent le silence, observant simplement le paysage défiler sous leur yeux. Ils avaient atteint les rives Sud du lac Leona. Les rayons matinaux du soleil rendaient la surface du lac aussi scintillante qu’un miroir. Eragon finit par lancer :
- Tu sais, hier soir…quand tu m’as dit que je n’étais plus le même…que je n’étais plus celui que tu avais connu ?
Avec une pointe d’embarra, Roran répondit :
- Tu sais, je ne voulais pas te blesser en disant cela… j’étais juste surpris et …
- Tu n’as pas besoin de te justifier ! coupa Eragon. Si je t’en parle c’est pour y répondre ! Hier, je n’ai pas répondu, car sur le moment, tu as semé le doute dans mon esprit et m’as poussé à me rendre compte des changements qui s’étaient opérés en moi. Voici donc ma réponse : Oui j’ai changé ! Physiquement et mentalement, et, dans un sens c’est vrai : je ne suis plus le même. Néanmoins, je reste ton cousin, et je dirais même plus, ton frère !
Un silence suivie ces paroles. Puis Eragon continua :
- Et d’ailleurs je pourrais me défendre en ajoutant que je ne suis pas le seul à avoir changé ! Tu t’es regardé ? J’ai eu de mal à te reconnaître derrière cette barbe ! dit-il avec un sourire moqueur.
- Oui c’est vrai ! répondit-il, grattant sa barbe de plusieurs jours, j’ai eu le temps de vieillir moi aussi, bien que je n’ai pas vraiment eu le choix. A l’époque où on vivaient encore chez à Garrow, je n’aurais jamais imaginé pouvoir tuer un homme de sang froid…
- Et moi je ne t’aurais jamais imaginé, même dans mes rêves les plus fous, abattre les jumeaux avec un marteau comme tu l’as fait ! s’exclama Eragon, se retournant vers Roran, impressionné.
Son cousin n’affichait aucune fierté à l’évocation de son acte. Il avait même l’air d’en éprouver de la honte. Eragon se ravisa.
- Tu n’as pas à avoir honte de ce que tu as fait ! Ton intervention à permis de sauver des centaines, voir même des milliers de Vardens.
- Il n’y a aucune bravoure à tuer…
« N’insiste pas, lui conseilla Saphira. Il a encore du mal à accepter l’idée de devoir tuer pour survivre. »
Eragon acquiesça. Le reste de la matinée se déroula dans le silence, avec seul le bruit du vent qui sifflait à leurs oreilles.
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:34

Lorsque l’après-midi touchait à sa fin, ils arrivèrent en vue de Dras-Leona. Ils survolèrent les collines, situées à proximité des imposantes montagnes, qui se dressaient telle des grandes portes noires. Eragon demanda à la dragonne de se poser sur les contres forts Sud de Helgrind. Il était persuadé que le repère des Ra’zacs se trouvais sur la façade Nord des montagnes, du coté situé en face de la ville. Cette déduction lui était venu en repensant à l’endroit où les esclaves étaient envoyés par la cité, pour y déposer des offrandes : si les Ra’zacs devaient venir chercher leur butins au pied de la montage, il était donc logique qu’il y soit le plus près possible, sur les hauteurs de la façade Nord. Ils ne pouvaient se trouver sur la face Sud, car cela les aurait obligé à contourner tous les monts inutilement.
Saphira repéra un endroit assez plat, sur sa gauche et fit une embardée. Elle atterrit en repliant ses ailles et ses griffes grisèrent au contact de la roche. Eragon se laissa glisser à terre en demandant à Roran de rester en selle.
- Je n’en ai pas pour longtemps, je vais juste repérer les environs.
- Ok !
« Fait attention…S’il se passe quoi que ce soit appelle et je serais là en moins deux. »
Eragon acquiesça et grimpa sur un rocher au dessus de lui. Il escalada ainsi pendant cinq minutes, pour arriver aussi haut que possible. Là, il s’assit en tailleur, abaissa les barrières de son esprit et se laissa imprégner par son environnement. Plus il se concentrait sur l’immensité qui l’entourait, plus son champ d’action s’élargissait.
Le temps s’arrêta pour lui et il n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé, mais au bout d’un moment, il percevait toutes les formes de vies qui étaient présentes sur ces montagnes, et même quelques mètres autours. Il n’y avait pas autant de vie présente ici que dans la foret d’Ellesméra. Il chercha parmi les vies qu’il percevait et il finit par la trouver : Katrina ! Elle était là, de l’autre coté de la montage ! Mais il ne s’attarda pas sur son esprit pour savoir comment elle allait, l’important était qu’elle soit en vie. Il continua d’analyser les entités qu’il percevait, mais quelque chose lui semblais bizarre. Il revérifia une fois encore pour être sûr de ne pas s’être trompé, puis encore une fois, mais rien ! Il ne percevait nulle part la présence des Ra’zacs.
Cette nouvelle le remplit à la fois de soulagement et d’inquiétude. Etait-ce un piège ? Les Ra’zacs ayant connaissance de l’arrivée de Eragon s’étaient-ils éloignés pour mieux l’attraper. Ou bien étaient-ils simplement partis en mission au loin, pour le compte de Galbatorix ? Eragon l’ignorait, mais il préférait être prudent.
Il retourna auprès des autres et leur révéla ce qu’il avait découvert. Roran poussa un long soupire de soulagement en apprenant que Katrina était toujours en vie.
« Que fait-t-on Saphira ? Tu penses que c’est un piège ? »
« Je l’ignore mais si tu veux mon avis nous devrions agir vite, car si les Ra’zacs se sont éloignés pour d’autres affaires, ils pourraient revenir à tout instant. »
« Et s’ils nous ont tendu une embuscade ? »
« Alors, tu pourra enfin avoir ta vengeance ! dit-elle, lui jetant un regard malicieux. »

La décision prise, Eragon s’arma de son arc et se tourna vers Roran.
- Tu es armé ?
Roran brandit fièrement le marteau qu’il portait habituellement à sa ceinture.
- Ca suffira ? demanda Eragon, dubitatif.
- Ca m’as suffit jusqu’ici !
Eragon revit son cousin abattre les jumeaux avec ce même instrument. Il était indéniable que son cousin manipulait atrocement bien l’outil.
- Très bien allons-y ! Mais n’oublies pas ! La priorité est de libérer Katrina, et si on peut le faire sans affrontement, c’est préférable !
- Ok ! Pas de problème ! Mais attends … ça veux dire que si on rencontre les Ra’Zacs tu préconise la fuite ?! Mais je croyais que tu les détestais autant que moi, on ne va pas les laisser s’en tirer comme ça ! insista son cousin déconcerté. Ils ont tué Garrow et…
- Je sais ce qu’ils ont fait, tu n’as pas besoin de me le rappeler ! s’emporta Eragon. Mais je sais aussi qu’ils sont redoutables, et la dernière fois que je les ai sous-estimés, Brom est mort !
Il marqua un temps d’arrêt puis reprit.
- Je sais que tu veux te venger, et sûrement autant que moi, mais il y a une vie en jeu ! Tu ne dois pas l’oublier. Et je ne pense pas que ce soit le moment le plus approprié pour les affronter, ajouta-il en désignant le ciel qui s’assombrissait de plus en plus. Il sont plus puissant quand vient la nuit ! Fais moi confiance Roran : nous aurons un jour notre vengeance mais le moment est mal choisi… maintenant allons-y !

Roran regarda Eragon grimper sur Saphira. Apres tout son cousin avait raison : Roran avait constaté lui-même que les Ra’zacs, s’enhardissaient la nuit. Et puis Katrina passait avant tout le reste.
Il prit place dernière Eragon et Saphira s’ébranla. Elle prit de l’altitude pour atteindre le sommet. Roran avait encore du mal à réaliser, même au bout de deux jours, qu’il volait sur le dos d’un dragon : cette créature légendaire qu’il croyait sortie des contes pour enfants. Néanmoins, il commençait à prendre l’habitude de voler ainsi.
Une fois la crête dépassée, la dragonne entama une décente vertigineuse.
- Comment sait-elle où se trouve la grotte ? demanda Roran, intrigué de voir Saphira se diriger si sûrement.
- Je l’ai situé tout à l’heure, quand j’ai repéré Katrina et j’ai transmis sa position à Saphira…
Devant la perplexité de Roran, Eragon ajouta :
- Nous pouvons aussi communiquer par images !
- Vraiment ?! Impressionnant ! s’exclama Roran ahurie.
Saphira ralentit à l’approche d’une plate-forme rocheuse, s’y posa lestement et replia ses ailes. Les deux cousins descendirent et avancèrent vers l’entrée d’une cavité naturelle, l’arme au point.
- Je capte deux vies dans cette caverne ! chuchota Eragon, troublé.
Cette information ne découragea pas Roran, qui accélérât de plus belle. Son excitation était à son comble. Il avait du mal à croire qu’il avait bientôt revoir Katrina, après si longtemps et autant de miles parcourut. Il progressait dans l’obscurité croissante de la cavité rocheuse, quand il sentit Eragon le retenir par un bras pour le ralentir. Visiblement son cousin était inquiet, mais lui ne voyait pas où était le danger. Il était même agacé de voir son cousin prendre tant de précautions alors que sa bien aimé était là, tout près…ils seraient bientôt réunit.

Eragon était troublé : il n’avait décelé que la présence d’une vie dans cette grotte lors de son observation alors pourquoi en percevait-il deux à présent ? Avait-il mal regardé ? Ou bien l’un des Ra’zacs était-il revenu entre temps ?
Il essaya d’écarter cette possibilité de son esprit. La priorité était Kartina. Il ne se sentait pas la force, dans l’état actuel des choses, d’accomplir la vengeance qu’il avait tant désiré depuis si longtemps. Il voulait faire les choses bien ; se confronter à eux dans un combat où il aurait la pleine possession de ses moyens. Mais là, il y avait Roran et Katrina ! Il ne pouvait prendre le risque de les mettre en danger. De plus, il n’avait pas totalement récupéré de la bataille des plaines brûlantes.
Eragon apercevait Roran marchait devant lui, un peu trop vite à son goût. Il le voyait assez bien malgré l’obscurité, grâce aux dons des dragons, qui rendait ses perceptions plus accrues. Il comprenait l’impatience de son cousin ; s’il s’était agit d’Arya, il aurait fait de même, mais cette deuxième présence l’inquiétait toujours.
Apres avoir parcourut une trentaine de pas dans ce tunnel étroit et humide, Eragon perçut une lueur vacillante devant lui. Il arrêta Roran d’un geste, pour prendre la tête du cortège. Son aîné le laissa passé à contre cœur. Il avança précautionneusement et tendit l’oreille. Il percevait une respiration précipitée accompagnée de quelques plaintes silencieuses. C’est là qu’il perçut une autre respiration : lente, calme, profonde.
Eragon banda son arc, et fit signe un signe à Roran de se tenir prêt. Ensemble, ils déboulèrent dans la nouvelle pièce qui s’ouvrait devant eux. Eragon s’arrêta net dans son mouvement, stupéfait par ce qu’il avait en face de lui. Il s’attendait à tout sauf à ça !
- Mais… tu ne m’avais pas dit que les Ra’zacs avait enlevé Sloan aussi ! s’écria Eragon, se retournant vers son cousin, effaré.
Mais Roran ne l’écoutait plus, il se précipitait déjà vers Kartina, qui gisait au sol. Elle était enchaîné au mur par d’épaisses chaînes, ses vêtements, une simple chemise de nuit, étaient en lambeaux, d’après ce qu’Eragon apercevait de là où il se trouvait. La pièce qui les abritait mesurait cinquante pieds de large, dix pieds de haut, et était éclairait par une torche unique accrochée à la paroi. A quelques mètres de Katrina, Sloan était allongé inconscient sur le sol, des chaînes aux poignets et il n’était pas en meilleur état que sa fille.
- Kartina, ma chérie ! Tu m’entends c’est moi, Roran ! Réponds-moi, je t’en pris !
Roran essaya de libérer sa bien-aimé, mais n’y parvenant pas, il tenta de simplement la réveiller.
- Ecarte-toi ! ordonna Eragon.
Roran s’exécuta, perplexe.
- Jierda !
Sous les yeux stupéfaits de Roran, les chaînes cédèrent, comme soumis à une pression invisible, et tombèrent sur sol avec un fracas métallique qui se répercuta en écho dans la caverne. La seule réaction de Katrina fut un faible gémissement. Maintenant qu’Eragon la contemplait de plus près à la lumière du flambeau, il constatait avec écœurement que son corps était constellé de plais et de cicatrice récentes. Cette pauvre jeune fille, qui avait un jour tenté de réconforter Eragon dans son malheur, chez Horst, avait été mutilé et torturé à vif. Son état réveilla une révolte qu’Eragon avait déjà connu face aux résultats des tortures infligées à Ayra à Gil’ead. Comment pouvait-on ainsi faire souffrir un être vivant !?
Serrant les poings, il regrettait à présent de ne pas avoir les Ra’zacs sous la mains pour leur faire payer leurs crimes !
« Eragon ! appela Saphira, nous devons partir au plus vite ! Dépêchez-vous ! »
De l’inquiétude perçait dans la voix de la dragonne et cet appel lui rappela son objectif premier, le forçant à un retour au calme.
Roran essayait toujours de réanimer Katrina en l’appelant doucement et en lui frictionnant les poignets et le visage. Eragon hésita.
- Qu’est ce qu’on fait de lui ? demanda-t-il en désignant Sloan.
Roran détacha un instant ses yeux de Katrina pour poser un regard de dégoût sur son futur
beau-père.
- On le laisse ici ! répondit-il sans hésitation.
- On ne peut pas faire ça ! C’est un otage lui aussi, on ne peut pas…
- C’est un traître ! Il a pactisé avec les Ra’zacs, il nous à livré à eux, et... il… il a assassiné Byrd, de ses propres mains, d’un coup de poignard dans le dos.
La fureur qui animé Roran n’était pas feinte. Eragon savait que Sloan était capable de traîtrise, puisque c’est lui qui l’avait vendu aux Ra’zacs plusieurs mois plus tôt, en leur parlant de l’œuf de Saphira, mais il ne le pensait pas capable d’aller jusqu'au meurtre.
« Eragon, vite ! s’impatienta Saphira. Il fait déjà nuit ! Le temps presse ! »
Il fallait prendre une décision rapidement. Mais que faire ? Le crime de Sloan valait-il le châtiment qu’il lui serait réservé s’ils le laissaient ici ?
Roran sembla prendre la décision pour lui, car il se releva, Katrina dans ses bras et se dirigea vers la sortie
- On s’en va ! Il a mérité ce qu’il lui arrive ! Et de toute façon même si on décidait de l’emmener, Saphira ne pourrait jamais tous nous porter. Je ne mettrais jamais la vie de Katrina en balance avec la sienne ! conclu-il avec dégoût.
Il s’engouffra dans le tunnel et disparut. Eragon était pétrifié : la décision de Roran était sûrement la meilleur, mais la froideur avec laquelle il agissait le laissé sans voix. Il n’arrivait pas à détacher son regard de Sloan.
Il se détournât, fit un pas vers la sortie et s’arrêta. Il revient en arrière et s’approcha de Sloan.
- Jierda !
Les chaînes de Sloan tombèrent au sol.
« Au moins je lui laisse une chance de s’échapper…pensa-il pour se donner bonne conscience ». Et il s’élança à son tour dans le tunnel obscure.


A SUIVRE...
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:35

Les textes que j'ai posté jusqu'ici correspondaient au chapitre 1 qui fait 14 pages. Voici maintenant une partie du Chapitre 2 ! Bonne lecture !


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Dehors, la nuit était tombée, les étoiles scintillaient, et un vent glacé surprit Eragon lorsqu’il sortit. Roran s’était déjà hissé, Katrina dans ses bras, sur le dos de Saphira, qui battait l’air avec sa queue, d’impatience. Le dragonnier monta à son tour et Saphira s’éleva dans les airs avec une rapidité surprenante, étant donné la charge supplémentaire qu’elle transportait. Elle prit rapidement de la vitesse et de la hauteur, en direction du sud, et elle ne ralentie pas avant d’avoir mis une bonne distance entre eux et Helgrind.
Eragon savait néanmoins que le transport de Katrina ne lui était pas indifférente et il sentait que chaque battement d’aile lui coûtait d’avantage d’effort qu’auparavant. Il pressentait que le voyage de retour vers le Surda serait plus long, et plus dangereux aussi, car une fois que les Ra’zacs se seraient aperçut de la fuite de leur proie, ils se lanceraient sûrement à leur poursuite.

Roran serrait Katrina très fort contre lui, comme s’il avait peur qu’elle disparaisse ou qu’il s’aperçoive qu’il était entrain de rêver. Son corps, si frêle et décharné, était glacé.
- Eragon, peux-tu me passer une couverture ? cria Roran, pour se faire entendre à travers les bourrasques de vent qui soufflaient en altitude.
- Oui, une seconde, répondit-il en farfouillant dans les bas de la selle.
Il lui tendit une couverture chaude, et Roran enveloppa Katrina tendrement et surtout précautionneusement. Elle avait les yeux mi-clos, poussait de faibles gémissements et ne paraissait pas consciente de ce qui l’entourait. La voir dans cet état, fendait le cœur de son fiancé.
- Je soignerai ses blessures dès que nous nous poserons, mais il faut d’abord nous éloigner le plus possible, glissa Eragon, devant la détresse de son cousin.
- Merci…dit simplement Roran sous le coup de l’émotion. Merci pour tout ce que tu as fais ! Sans toi je n’aurais jamais pu atteindre cette grotte… sans toi elle serait probablement…
- Arrête ! Tu n’as pas à me remercier ! C’est moi qui vous ai mis en danger, toi, elle, et tout le village ! C’était mon devoir de le faire, c’est tout !
Roran acquiesça sans dire un mot. Il serra d’avantage Katrina dans ses bras comme pour l’entourer de tout son amour. S’il l’avait pu, il l’aurait enfermé dans un cocon pour la préserver de tous les méfaits du monde. Maintenant qu’ils étaient réunit, il ne laisserait plus jamais personne lui faire du mal ou les séparer. Elle avait tant souffert en endurant mille tourments entre les mains de ces créatures inhumaines. Rien que d’y penser, Roran en était malade. Il avait au fond du cœur un besoin de vengeance, de faire souffrir les Ra’zacs, mais son amour pour Katrina était plus fort que ce sentiment bestial, et il parvenait à l’étouffer.
Roran déposa un baiser sur le front de Katrina et murmura des paroles réconfortantes à son oreille pour lui manifester sa présence. Il aurait tant souhaité faire plus, mais dans l’immédiat c’était impossible. Alors il ne lui restait plus qu’à réconforter Katrina autant qu’il le pouvait, en attendant d’être suffisamment loin.
Plus d’une heure s’était écoulée depuis leur fuite lorsque Saphira consentit enfin à faire une pause. Elle-même ne pouvait cacher les efforts que lui réclamait ce voyage, mais elle gardait le silence et continuait courageusement.
Le froid avait engourdit les membres d’Eragon et la faim lui tordait l’estomac, mais quand ils atterrirent, il ne prit ni le temps de se restaurer ou de se réchauffer, et il s’attela immédiatement à la tâche. Il commença par guérir les ecchymoses et coupures que Katrina avait au visage et aux bras. Puis il demanda à Roran de lui dévêtir le dos et ensemble, ils constatèrent qu’il était couvert de brûlures et d’hématomes. Eragon poursuivit sa tâche et soigna toutes les blessures apparentes, mais il ne pouvait faire disparaître les blessures refermées qui laissaient des cicatrices blanchâtres.
Au début, cela ne lui réclamait pas énormément d’énergie, car les plaies n’étaient pas très profondes, mais leurs nombres consuma rapidement ses forces et comme il refusait de s’arrêter pour se reposer, lorsqu’il eut terminé, il ressentait une telle lassitude qu’il dû s’appuyer sur son cousin pour rejoindre sa couche, trop épuisé et essoufflé pour y parvenir seul.
Jugeant qu’un temps suffisamment long s’était écoulé sans alerte et qu’ils étaient assez loin pour que les Ra’zacs aient perdu leurs traces, ils décidèrent de s’arrêter pour la nuit. Ils prirent quelques nourritures, mais ne pouvant allumer de feu pour ne pas se faire repérer, le repas leur parut bien morne.
Le vent soufflait dans la plaine et Eragon avait plus froid que jamais. L’utilisation de la magie consumait ses forces bien sûr, mais cela entraînait aussi une chute de sa température corporelle. Saphira vint s’enrouler autour du garçon pour le protéger de son corps. Eragon, reconnaissant de cette attention, se pelotonna conte le poitrail de la dragonne, qui ronronna paisiblement.
De son coté, Roran s’enroula autour de Katrina pour lui offrir la chaleur de son corps. Ainsi, ils s’endormirent à la seule lueur des étoiles.

Eragon, avait l’impression d’avoir à peine fermé les yeux, quand il entendit un cri strident et inhumain au loin. Ce qu’il redouté depuis le début de leur fuite était arrivé ! Les Ra’zacs les avaient rattrapés !
Eragon se leva d’un bond et s’aperçu que Roran était déjà debout. Tout deux se regardèrent un instant, figés dans un silence absolu, se demandant s’ils avaient imaginé ce bruit. Un second cri se fit entendre, plus proche. Cela propulsa les deux garçons, comme s’ils avaient reçu une décharge électrique. Tout deux s’activèrent pour seller Saphira, mais Eragon eut beaucoup de mal à hisser les sacs. Il n’avait pas récupéré de l’utilisation intensive de ses pouvoirs. Roran lui prit les sacs des mains et les chargea.
« Vite, dépêchez vous ! les pressa Saphira »
Eragon sentit son inquiétude et la questionnât.
« Je ne veux pas qu’il y ait de confrontation maintenant ! répondit-elle. Tu es trop faible pour te battre et je ne veux pas qu’il t’arrive malheur ! Je pourrais me mesurer à eux si je ne vous portais pas, mais vous seriez alors laissé sans protection. Allons-nous en ! »
Moins d’une minute plus tard ils étaient en vol. Saphira volait très vite, plus vite qu’elle ne l’avait fait jusqu’ici avec ses trois passagers. Un nouveau cri se fit entendre, encore plus proche. Cette fois Eragon se retourna sur la selle et regarda en arrière. Il faisait très noir par cette nuit sans lune : c’était une chance ! Mais il savait que les Ra’zacs préféraient l’obscurité. Ils approchaient… et volant plus rapidement que Saphira, ils diminuaient de minute en minute la distance qui les séparaient de leur proie.


A SUIVRE ...
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:36

Voilà la suite du Chapitre 2 !

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Non loin de là, une jeune fille nommée Darriah, errait dans un champ, à l’extérieur de son village. Elle habitait une petite bourgade d’une centaine d’habitants appelés Arna, situé à l’ouest de Beltonna, de l’autre coté du fleuve Jiet. C’était le jour de ses 18 ans, et cet anniversaire lui laissait encore un mauvais goût à la bouche. En effet elle s’était encore disputée avec sa mère au sujet du fait qu’à son âge, elle ne soit toujours pas fiancée malgré les prétendants qui avaient fait leur demande. Darriah n’avait pas vraiment envie de se lier à un homme dans l’immédiat. Elle désirait conserver son indépendance sans être enchaînée, si jeune, à la vie monotone de femme au foyer. Elle vivait seule avec Eliane, sa mère et ensemble, elles tenaient une épicerie familiale. Ce commerce permettait aux deux femmes de subsister, et laissait à Darriah pas mal de temps libre qu’elle passait à explorer la région. Elle était d’une nature curieuse et s’intéressait beaucoup à l’histoire et aux légendes. Mais les gens trouvaient que cette passion était déplacée pour une fille de son âge, alors elle était perçue comme une rêveuse.
Darriah déambulait à travers le champ de Monsieur Canhagan, un fermier qui avait de nombreux terrain dans le coin. Il faisait très sombre ce soir, la lune étant couchée, seule la faible lueur des étoiles éclairait le chemin. Mais cela ne dérangeait pas la jeune fille qui le connaissait très bien, l’empruntant souvent pour se rendre à son endroit préféré : un grand arbre plusieurs fois centenaire. Elle aurait dû rentrer chez elle par cette heure avancée de la nuit, mais elle voulait attendre le plus longtemps possible, afin d’être sûr que sa mère serait endormi lorsqu’elle rentrerait. Elle voulait éviter au maximum une nouvelle confrontation. Elle savait qu’elle finirait pas un jour ou l’autre par céder aux pressions d’Eliane, mais elle voulait repoussait au maximum l’échéance.
Après une longue marche, elle arriva devant l’arbre qui ressemblait presque à une petite colline, de par son imposante masse feuillue. Elle le contempla, repensant à toute l’histoire qu’il renfermait. Darriah en connaissait une partie, grâce aux anciens du village, qu’elle avait harcelé de questions étant plus jeune. Elle avait un jour apprit du vieux Drac, que l’arbre avait résisté aux batailles qui avaient eu lieu dans la région, du temps des dragonniers. Tout le monde le croyait sénile, surtout lorsqu’il évoquait des dragons et des elfes, mais Darriah elle, raffolait de ces légendes. Aujourd’hui que la plupart des anciens avaient disparu, et leurs connaissances avec eux, Darriah essayait de transmettre ce qu’elle avait appris aux enfants du village, pour que ces histoires ne tombent pas dans l’oubli. Mais leurs parents condamnaient fermement cet « excès de frivolité » comme ils appelaient ça.
Après plusieurs minutes de contemplation, Darriah ne s’installa pas dans les branches basses de l’arbre comme elle le faisait d’habitude, mais elle se détourna. Elle fit quelque pas vers un terrain dégagé non loin et d’allongea dans l’herbe humide. Elle resta là à contempler les étoiles, dans la fraîcheur de cette nuit, inhabituellement froide pour la saison. Une légère brise caressa son visage, et lui procura un frisson incontrôlé. Elle se dit qu’elle ne pourrait pas passer la nuit là et qu’il fallait songer à rentrer, quand elle entendit un léger bruit au loin : une sorte de pulsation régulière. Elle fronça les sourcils, trouvant le bruit trop étrange pour n’être que le bruit du vent dans les arbres. Elle se releva sur un coude et regard autour d’elle, pour essayer d’identifier la provenance du phénomène. Après un instant d’hésitation, elle regarda vers le nord, et elle cru apercevoir une ombre se détacher dans le ciel, qui grandissait au rythme du son, se précisant.
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:37

La panique gagnait à présent Eragon. Cela faisait plus d’une demi heure qu’ils volaient, et Saphira n’arrivait plus à maintenir le rythme. Elle avait une fois de plus montré un courage et une détermination à toute épreuve, pour voler plus vite que son corps d’aurait normalement pu le supporter. Cette vitesse inespérée avait réussi à accroître sensiblement la distance qui les séparaient des Ra’zacs. Mais elle était à présent à bout de force et l’adrénaline ne lui procurait plus l’énergie nécessaire pour poursuivre. De plus, même s’ils avaient décidé de faire face à leurs agresseurs, ni Eragon, ni Saphira n’était en état de combattre maintenant.
« Saphira, on ne peut pas continuer comme ça !! Tu n’en peux plus !! Je le sens ! Il faut s’arrêter ! »
« Si nous nous arrêtons nous seront tués, ou pire : capturés ! »
« Peut-être pas ! Ils sont assez loin…peut-être que si on atterri au milieu des arbres ils ne nous verront pas ! On a peut-être une chance de les semer par cette obscurité. »
« Ca fait beaucoup de peut-être tu ne trouves pas ? »
« Je sais, mais je crains que ce soit la seule chance que nous ayons de nous en sortir… »
L’écume aux lèvres, et à bout de souffle, Saphira finit par se résigner. Eragon scruta au dessous de lui le terrain.
« Regarde ! Là ! » dit-t-il désignant un arbre si vaste qu’il n’aurait pas de mal à cacher le corps de Saphira tout entier.
La dragonne réagit en un quart de second et piqua vers le sol. Elle atterrit sans ménagement, manquant d’éjecter ses passagers, et s’enfonça à pied sous les branches épaisses du gigantesque arbre. Eragon et Roran durent baisser au maximum la tête pour ne pas heurter les branches basses. Lorsque Saphira s’arrêta, ils sautèrent à terre et attendrirent fébrilement de voir si leur feinte allait fonctionner. Le silence se prolongeait. Le groupe osait à peine respirer.
Soudain, tout se passa en un éclair : un buisson sur la gauche remua, Eragon agissant d’instinct, attrapa son arc et encocha une flèche, prêt à tirer. La panique et l’épuisement faisaient trembler ses mains. Une branche céda dans le buisson et il relâcha involontairement la corde.
« Eragon non ! hurla Saphira »
Mais trop tard, la flèche était partie. Il s’élança vers le bosquet pour savoir ce qu’il avait atteint. Il écarta une série de branche et découvrit avec effroi, une jeune fille sur le sol.
- Ho non ! Mademoiselle ? Vous m’entendez ? demanda Eragon paniqué.
Elle s’agita d’un coup, faisant sursauter Eragon.
- Hé mais ça va pas !? dit-elle les dents serrées. Qu’est-ce qui vous a pris de faire ça ? Vous auriez pu me tuer !
- Vous êtes blessé ? demanda-il s’agenouillant.
- Oui, répondit –elle avec une grimace, tenant son bras gauche. Pourquoi m’avez-vous tiré dessus ? Et puis… qui êtes-vous et que faite vous là ?
- Je m’appel Eragon et je … (Il fut interrompu par un nouveau cri retentissant dans le ciel) Venez, il ne faut pas rester là.
Il l’aida rapidement à se relever et l’entraîna vers les autres, à l’abri de l’arbre. Près du tronc, Roran avait installé Katrina et après l’avoir recouverte d’une seconde couverture, il vint se placer aux côtés de son cousin prêt à combattre.
- Qu’est-ce que c’est que cet horrible cri ? chuchota Darriah.
- Chut… ne fais pas de bruit ! murmura Eragon.
Ils attendirent dans un silence complet. Un autre cri, plus proche. Ils se figèrent, osant à peine respirer. Les Ra’zacs survolèrent le terrain découvert d’en face et passèrent au-dessus d’eux sans ralentir. Le son des battements d’ailes s’éloigna, et ce n’est que lorsque le silence revint, qu’ils s’autorisèrent à respirer de nouveau.
- Qu’est-ce que c’était ? demanda Darriah, anxieuse.
Soulagé, Roran retourna auprès de Katrina, pendant qu’Eragon s’affaissa sur le sol, épuisé.
- On les appelle les Ra’zacs, dit-il avec lassitude. Ils sont à nos trousses.
Il s’avisa que cette jeune fille avait failli tout faire rater et il se tourna vers elle.
- Qu’est-ce que tu fais ici en pleine nuit ?
- Pardon ?! C’est plutôt moi qui devrais vous poser la question ! dit-elle incrédule, regardant tour à tour Eragon et Roran en se tenant toujours le bras. Et puis-je te signaler que tu as failli m’embrocher ! Qu’est-ce qui t’as pris ?
Se sentant soudain coupable pour son erreur, Eragon se leva et voulu s’excuser, mais il n’en eut pas le temps. Saphira remua dernière eux et même si l’obscurité était profonde sous cet arbre, Darriah vit tout de même une forme gigantesque s’agiter. Lorsqu’elle perçu les yeux bleus de la dragonne briller dans l’ombre, elle poussa un hurlement. Eragon se précipita pour la faire taire en lui pressant une main sur la bouche.
- Chut ! Ne crie pas comme ça ! Tu n’as pas à avoir peur ! Elle ne te veut aucun mal ! (Elle se calma un peu) Je vais enlever ma main, tu me promets de ne pas crier ?
Apres un instant d’hésitation, elle hocha la tête et Eragon la relâcha.
- Qu’est-ce que c’est ? souffla-t-elle.
- Un dragon… (Saphira renifla bruyamment) enfin une dragonne.
Devant l’expression ébahie de la jeune fille, il ajouta :
- Oui, je sais c’est dur à croire étant donné que ce sont des créatures légendaires sorties de contes pour enfants…
- Wow ! C’est incroyable…
- Oui, je sais ça peut surprendre…
- Non au contraire, je savais qu’ils avaient vraiment existé, dit-elle se retournant vers Saphira, j’en était convaincue…Et être en présence de l’un d’en eux est stupéfiant !
- Comment ? s’exclama Eragon.
Ce fut à son tour d’être ébahi. Lui qui s’attendait à ce que la jeune fille pousse un nouveau hurlement, fut surprit par cette réaction. Il la regarda s’approcher lentement de Saphira et l’observer, autant qu’il pu en juger dans cette obscurité, avec une expression admirative.
- Je te présente Saphira !
- Ho ! Hé ben… je… je suis honorée de te connaître Saphira. Moi c’est Darriah, dit-elle autant pour la dragonne que pour son dragonnier.
« Enchantée de te connaître Darriah » dit Saphira par l’intermédiaire d’Eragon, jugeant qu’il était encore un peu tôt pour qu’elle s’adresse directement à une étrangère : elle aurait probablement paniqué face à une intrusion de ce genre dans son esprit.
Eragon s’avisa après un silence, que la blessure de Darriah saignait abondamment. Il admira le courage dont elle faisait preuve, car non seulement cette plaie devait être douloureuse, mais en plus elle n’avait pas manifesté ouvertement sa souffrance jusque là. Il s’approcha d’elle lentement.
- Je peux regarder ? demanda t-il désignant son bras.
Elle lui jeta un regard méfiant.
- Darriah, je sais que nous ne nous connaissons pas et le fait de t’avoir tiré dessus, n’est pas vraiment le meilleur moyen pour que tu m’accorde ta confiance…
- Effectivement ! approuva – elle méfiante.
- Mais, nous étions poursuivis et quand j’ai entendu du bruit dans ce buisson, ma nervosité m’a fait perdre le contrôle de mon bras. Je suis vraiment désolé. J’ai commis une imprudence qui aurait pu te tuer et je te fais toutes mes excuses. J’ai certains dons de guérison et j’aimerais tenter de me racheter en guérissant ton bras.
- Des dons ? Est-ce que nous sommes entrain de parler de magie ? Es-tu un magicien ?
Eragon hésita un instant. Il ne savait pas trop ce qu’il pouvait révéler à cette fille. Pouvait-il avoir confiance en elle ? Après tout, elle ne pourrait pas raconter tout cela à beaucoup de personnes sans être perçue comme une déséquilibrée. Et puis de toutes façons, ils seraient repartis bien avant.
- Non je ne suis pas un magicien. Ces pouvoirs me viennent de mon statut de dragonnier. (Darriah lui lança un regard rempli de surprise et d’admiration) Puis-je ? demanda t-il, tendant une main vers son bras.
Darriah consentit à le laisser regarder. Il ne voyait que très peu de chose dans cette obscurité.
- Roran ?! Tu peux allumer une lampe s’il te plaît ? lança –il par-dessus son épaule.
- Tu crois que c’est prudent ? Les Ra’zacs risquent de revenir…
- Si tu mets la flamme au minimum, je doute qu’ils puisent la voir sous l’épaisseur des feuilles de cet arbre.
- Je ne sais pas qui sont ces Ra’zacs, mais je peux vous assurer qu’ici rien de filtre ! informa Darriah. Je connais très bien cet arbre, et il est aussi hermétique qu’une maison de pierre.
Roran s’exécuta, allant dénicher une lampe à huile dans les bas de la selle de Saphira. Il en profita pour desseller la dragonne avant de déposer la lampe sur le sol et de l’allumer. Il retourna ensuite auprès de Katrina, toujours inconsciente. Eragon entraîna Darriah près de la lumière la fit s’asseoir. Avec ce nouvel éclairage, Eragon pu observer plus attentivement la jeune fille et il fut surprit de constater qu’elle était ravissante. Les traits délicats de son visage soulignaient parfaitement le vert profond de ses yeux, et ses cheveux bruns mi-longs ondulés lui tombaient agréablement sur les épaules. Il se reprit et lui demanda d’enlever son gilet pour mieux voir la plaie. Elle l'ôta avec une grimace, quand le tissu frotta contre la blessure. Eragon vit que sa flèche avait entaillé la chair assez profondément et maintenant que la jeune fille avait retiré sa main, du sang s’écoulait le long de son avant bras.
« Eragon, je me dois de protester ! intervint Saphira. Tu es à la limite de l’épuisement. Tu n’as pas eu le temps de récupérer et tu tiens à peine debout. »
« Je sais…mais je ne peux pas la laisser ainsi ! L’hémorragie est importante et je dois mettre ma fatigue de côté pour l’instant, insista Eragon. Ce n’est qu’une plaie après tout ! J’ai connu pire. »
« Je m’inquiète plus de te voir utiliser tes pouvoirs régulièrement sans prendre le temps de te reposer convenablement entre ces utilisations intensives. C’est louable de ta part de vouloir aider les autres, mais je t’en prie, ne le fais pas à tes dépends. »
« Hé bien tu n’as qu’à m’aider à la guérir, en liant ta force à la mienne. Tu seras ainsi rassurée que je ne m’affaiblisse pas d’avantage. »
Saphira accepta et Eragon la gratifia d’un sourire plein d’affection, avant de se remettre à la tâche.


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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:38

Darriah ne savait pas pourquoi elle laissait ainsi ce jeune homme la soigner, alors que c’était lui qui l’avait blessé et qu’elle avait toutes les raisons du monde de ne pas lui faire confiance. Pourtant, elle voyait dans ses yeux de la sincérité. Son visage n’était pas celui d’un jeune homme ordinaire. Ses traits étaient proches de la perfection et elle aurait juré que ses oreilles étaient plus pointues que la normal. Mais son apparence ne l’effrayait pas, au contraire. Une petite voix lui disait qu’elle n’avait pas à avoir peur de lui.
- Alors pourquoi ces Raz… je sais pas quoi… vous poursuivaient-ils ? se risqua-elle. Vous avez fait quelque chose de mal ?
- En fait, ce sont eux les méchants dans l’histoire… Ils ont kidnappé Katrina, la fiancée de mon frère Roran, dit–il les désignant. Nous l’avons libéré et ils nous ont poursuivi.
- Mais pourquoi fuir ? Ils ne peuvent rien faire contre un dragon ! Saphira aurait sans aucun doute pu se débarrasser d’eux. N’est-ce pas ?
- Hé bien… disons que ces créatures ne sont pas humaines, et nous ne sommes pas vraiment en mesure de les combattre dans l’état actuel des choses.
- Pas humains ? s’inquiéta-elle.
- C’est une longue histoire… (Darriah grimaça quand Eragon essuya avec l’aide de son gilet le sang qui coulait sur son bras.) Et toi ? Que faisais-tu donc ici en pleine nuit ?
Darriah hésita. Eragon lui avait donné le motif de leur présence ici, alors elle pouvait en faire de même.
- Heu … il m’arrive souvent de venir ici pour me vider l’esprit… Et j’en avais particulièrement besoin ce soir.
- Je sais que ça ne me regard pas mais quelque chose ne va pas ? Pourquoi particulièrement ce soir ?
Darriah savait qu’il était imprudent de s’ouvrir à un inconnu, mais elle en avait besoin et Eragon semblait tout disposé à l’écouter.
- Je me suis disputée avec ma mère ce soir. Nous vivons seules toutes les deux depuis la mort de mon père, lorsque j’étais toute petite. Et ces derniers temps la cohabitation est devenue difficile.
- Pour quelle raison ?
- Elle insiste pour que je me choisisse un prétendant. Mais je ne me sens pas vraiment prête à me marier pour l’instant. Et elle ne veut pas comprendre ça ! Elle ne cesse de me répéter que je suis largement en âge de me marier et que je ne dois plus attendre. (Elle marqua un temps d’arrêt avant de reprendre.) C’est mon anniversaire aujourd’hui et elle a profité de cette occasion pour tenter de me convaincre à nouveau.
- Hé bien… bon anniversaire, plaisanta Eragon avec un sourire en coin.
Elle le regarda et lui rendit son sourire. La plaie était bien propre à présent. Eragon respira profondément et se lança.
- Waìse heill ! articula-il.
Darriah ressentit un picotement qui partit du haut de son épaule et qui parcourut tout son bras jusqu’à la main. A cette sensation, s’ajoutait une douce chaleur, qui se concentrait autour de la blessure. Cela dura un certain temps, durant lequel la jeune fille observait le visage tendu par la concentration d’Eragon. Apres cinq minutes écoulées, le dragonnier ferma les yeux et respira par saccade, comme s’il venait de courir sur une longue distance.
- Est-ce que ça va ? s’inquiéta-elle. Tu m’as l’air épuisé.
- Oui ça va… et ton bras ?
Darriah regarda à nouveau son bras et découvrit qu’il n’y avait plus l’ombre d’une quelconque blessure. Elle toucha sa peau sans desceller de cicatrice. Au passage elle effleura la main d’Eragon et elle s’aperçut qu’elle était glacée.
- Tu es sûr que ça va ? Ta main …
- T’inquiet pas ! J’ai juste besoin de dormir un peu.
Roran qui avait suivi la scène à distance se leva et alla chercher dans leur paquetage, des couvertures.
- Tu as sûrement raison pour les Ra’zacs, ils ne reviendrons pas ce soir, alors nous ferions mieux de nous reposer un peu avant le levé du soleil.
Eragon acquiesça et saisi la couverture que lui tendait Roran. Darriah se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir faire à présent. Il était évident que ce groupe insolite composé notamment d’une dragonne et de son dragonnier n’était pas une menace pour elle et maintenant qu’Eragon lui avait prouvé en la soignant qu’il était digne de confiance, elle voulait faire quelque chose pour les aider le temps qu’ils resteraient là.
- Vos couvertures n’ont pas l’air suffisamment épaisses pour supporter le froid de cette nuit, dit-elle.
- Nous n’avons rien d’autre pour le moment alors nous devrons nous en contenter, répondit Eragon en dépliant la sienne.
- Je … je pourrais rentrer chez moi pour en prendre de plus chaudes. Et puis j’en profiterai pour vous amener de quoi prendre un bon petit déjeuné quand vous serez réveillés…
- Hors de question, intervint Roran sur la défensive. Nous ne pouvons pas courir le risque de te laisser rentrer à ton village. Pas tant que nous seront là.
- Mais je ne dirais rien à personne ! A qui pourrais-je en parler en plus ? Personne n’est réveillé à cette heure-ci ! Et je serais revenue avant le levé du soleil. Vous n’avez rien à craindre de moi !
Roran n’ayant pas l’air convaincu, elle se tourna vers Eragon pour chercher son approbation, mais le pauvre semblait déjà flotter dans un demi sommeil tellement il était épuisé. Elle baissa les yeux en cherchant ce qu’elle aurait pu dire pour convaincre l’aîné des deux frères.
- Votre fiancée m’a l’air mal en point, dit-elle lui jetant un regard compatissant. Pensez vous qu’elle supportera la froideur de cette nuit ?
Roran eut un instant d’hésitation, elle avait visé juste. Il regarda affectueusement sa compagne et de l’amour autant que de l’inquiétude se lisaient sur ses yeux.
- Croyez-moi, je ne vous trahirai pas !
- Pourquoi feriez-vous ça pour nous ? Nous avons manqué de vous tuer !
- Mais c’était un accident, et vous m’avez soigné, dit –elle regard Eragon. Et puis …
Elle marqua une pause. Roran répliqua méfiant.
- Quoi ? Et puis quoi ?
- Et puis, j’ai toujours été fasciné par les histoires de dragon et de leur gloire d’autant, dit –elle avec une touche d’émotion dans la voix. Alors me retrouver aujourd’hui en face d’une dragonne bien vivante… c’est un rêve qui se réalise. Et rien que pour cette raison, vous avez mon entière dévotion. Si je suis en mesure de vous aider, je ferais tout ce que je pourrais, soyez en sûr.
Laissant Roran médité sur cette dernière remarque, elle se retourna pour observer Saphira à la lumière de la lampe. La flamme était faible mais elle permettait de voir les écailles bleu saphir chatoyer et étinceler selon les mouvements de la dragonne. Voyant la jeune fille la fixer ainsi, elle s’activa et se dirigea dans sa direction. Darriah paniqua et dut faire un effort surhumain pour ne pas courir en hurlant. Elle se figea, parfaitement immobile, sans quitter des yeux la créature.
Saphira dépassa Darriah et vint s’étendre aux côtés d’Eragon, qui venait de s’allonger sur le sol. Ressentant cette présence auprès de lui, il se rapprocha de sa monture pour profiter de sa chaleur corporelle. Percevant cette attention comme un signe d’affection, Darriah se radoucie et se retourna vers Roran.
- Alors ? Vas-tu me laisser vous aider ?
Roran fixa à nouveau sa bien-aimée avant de répondre fermement.
- Tu me promets de ne parler à personne de notre présence ici !? Et de revenir directement ?
- Oui ! (Elle réfléchit) Est-ce que vous avez juste besoin de couvertures ou vous faut-il autre chose ?
- Je ne serais pas contre des vivres fraîches pour le petit déjeuné ! dit-il se radoucissant, avec un sourire en coin. Et il faudrait aussi des vêtements pour Katrina.
- Pas de problème, je lui apporterai une de mes tenues. Nous devons faire la même taille alors je pense trouver ce qu’il lui faut.
Roran acquiesça, reconnaissant. Darriah frissonna. Pour guérir sa blessure, Eragon lui avait enlevé son gilet de laine et à présent qu’il était tout imbibé de sang, elle ne pouvait plus le remettre. Pourtant, plus le temps passait, plus le froid était rude. Ou peut-être était-ce le fait qu’elle ait perdu pas mal de sang qui refroidissait son corps. De plus, la tête lui tournait légèrement. Elle se releva tout doucement pour ne pas perdre l’équilibre. Quand le monde s’arrêta de tanguer autour d’elle, elle fit quelques pas, pour se stabiliser.
- Tout va bien ? s’inquiéta Roran.
- Oui, murmura-t-elle. J’ai un peu la tête qui tourne, mais rien de grave.
Elle eut un nouveau frisson. Roran le remarqua.
- Tu as froid ?
- Oui un peu…
Roran alla fouiller dans les affaires d’Eragon et en sorti un manteau de montagne.
- Tiens, enfile ça !
- C’est très gentil de ta part, mais … tu ne crois pas que si je reviens au village avec des vêtements qui ne sont pas les miens, je risque d’attirer l’attention ?
- C’est n’est pas toi qui m’as dit qu’à cette heure-ci tout le monde devait être endormi ? lança –il avec un sourire.
Darriah réfléchit. Apres tout, il devait être plus de deux heures du matin et même les ivrognes les plus fêtards devaient dormir profondément à cette heure-ci.
- Oui, c’est vrai ! J’ai tord de m’inquiéter. Et puis si on me demande, je n’aurai qu’à répondre que je me suis enfin choisie un prétendant, conclu –elle en souriant.
- Très bonne idée ! approuva Roran. Tu retrouveras le chemin dans cette obscurité ?
- Je suis venue ici seule et il faisait déjà nuit ! Je n’aurai pas de mal à en partir.
- Fais bien attention, et regard autant autour de toi que dans les cieux. Les Ra’zacs pourraient revenir dans le coin et te prendre pour cible…
- Là c’est toi qui t’inquiètes pour rien ! dit-elle sur le ton de la plaisanterie. Je connais les environs comme ma poche, et si j’entends un cri à glacer le sang, je me cacherais dans un bosquet ! Il y en a plein sur le chemin !
- Très bien. Si tu le dis… Hé bien… à plus tard alors ! (Darriah se retourna pour s’en aller) Et merci… pour ce que tu fais ! Tu n’étais pas obligée.
- De rien, dit-elle en souriant avant de partir.

Roran regarda Darriah partir avec un pincement au cœur. Il était étrange que quelques minutes plus tôt il l’ait soupçonné de vouloir les trahir et que maintenant, il ait peur pour elle. Après tout, elle avait l’air aussi honnête que l’étaient les habitants de Caravall, avant la venue des Ra’zacs, excepté Sloan peut-être. Après ce qu’il avait vécu ces derniers mois, il était normal qu’il soit suspicieux et prudent outre mesure face à des inconnus. Mais dans le cas de Darriah c’était ridicule. Elle était innocente dans cette histoire et elle avait même été leur victime.
Roran retourna auprès de Katrina en passant devant Saphira, qui dormait à point fermé. La pauvre avait du fournir de gros efforts pour accomplir l’exploit de tout à l’heure. Roran le ressentait sûrement moins qu’Eragon, mais il s’en était quand même aperçut.
Il s’assit en tailleur, résolut à monter la garde pour le reste de la nuit malgré sa fatigue. De tous, il était le moins épuisé et hors de question de réveiller Eragon ou Saphira. Ils avaient besoin de repos.
Roran regarda Katrina, et lui écarta tendrement une mèche de cheveux qu’elle avait sur le visage. Il la contempla ainsi, amoureusement, conscient de la chance qu’il avait d’aimer une telle fille et d’être aimé en retour par elle. Il était convaincu qu’après ce qu’ils avaient traversé pour être ensemble, plus rien ne pourrait les atteindre, mais il ignorait à quel point il se trompait.


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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:40

Lorsqu’il estima qu’une heure s’était écoulée, Roran commença à s’inquiéter pour Darriah, car elle n’était toujours pas revenue. Il avait oublié de lui demander à quelle distance se trouvait son village et combien de temps elle pensait mettre. La seule indication qu’elle lui avait fournie était qu’elle serait de retour avant le levé du soleil. Mais c’était plutôt vague.
Deux heures après le départ de la jeune fille, l’inquiétude de Roran vira à la suspicion. Il était impossible que son village soit si éloigné. Alors deux solutions pouvaient expliquer ce retard : soit Darriah avait été capturée par les Ra’zacs, soit elle avait collaboré avec eux. Ces deux possibilités terrorisaient le jeune homme. Il n’osait imaginer qu’elle ait pu se faire prendre, car la simple idée que ses ennemis puisent lui faire ce qu’ils avaient fait à Katrina, le glaçait d’effroi. Il préféra alors envisager la seconde possibilité. Après tout, il ne savait rien d’elle ? Comment se faisait–il qu’elle se soit trouvée précisément ici, dans cet endroit si reculé de tout, à l’heure précise où ils étaient arrivés. Cette coïncidence était un peu trop grosse pour la crédulité de Roran. Elle devait sûrement être de mèche avec les Ra’zacs et c’est pour cela qu’ils n’avaient pas tenté de les empêcher de fuir, sachant qu’une espionne serait sur leur chemin. Il ignorait encore comment ils avait fait pour la mettre sur leur route mais il était à présent évident qu’ils était tombés dans leur piège.
A présent, Roran s’en voulait d’avoir été aussi stupide. Il était assis depuis trop longtemps à attendre tranquillement qu’on vienne le cueillir. Il se releva d’un bond. Il fallait réveiller les autres et partir en vitesse avant qu’il ne soit trop tard. Il rassembla les affaires et se dirigea vers Eragon pour le réveiller quand il entendit un bruit suspect sur sa droite.
Trop tard ! Les Ra’zacs étaient sur eux ! Il avait trop attendu. Il saisit en un éclair son marteau, prêt à défendre sa famille.
Il vit Darriah arriver sur le sentier. Il n’abaissa pas son arme pour autant, s’attendant à voir les Ra’zacs derrière elle. Mais rien ne vint. La jeune fille, qui avait les bras chargé, déposa son chargement sur le sol et sursauta en voyant Roran.
- Qu’est-ce qui ne va pas ? Ils sont revenus ? demanda-t-elle paniquée.
Roran était perturbé. S’était-il trompé ? Darriah était-elle de leur côté ? Pourtant sa trahison aurait expliqué son retard !
- Où étais-tu ? demanda t-il, plus rudement qu’il n’aurait voulu. Pourquoi tu as mis tant de temps ? Tu es partie il y a plus de deux heures !
- Je suis désolée ! bredouilla t-elle. Ce n’est pas ma faute ! Je … heu …
- Quoi ?? lança Roran brusquement, prenant son hésitation comme un signe de sa trahison.
- Je veux bien t’expliquer si tu acceptes d’abaisser ton marteau, dit-elle avalant sa salive.
Roran s’aperçu alors qu’il brandissait toujours son arme redoutable de manière particulièrement menaçante. Il l’accrocha à sa ceinture, convaincu de ne pas en avoir besoin pour maîtriser Darriah.
- Je t’écoute.
- Hé bien, sur le chemin de l’allé, je n’ai pas eu de problèmes. Je suis arrivée chez moi en moins d’une demi heure. Mais alors que je rassemblais le nécessaire, ma mère s’est réveillée. Je me suis cachée et j’ai dû attendre qu’elle aille se recoucher, ce qui a pris un temps fou car elle s’est aperçue de mon absence et elle semblait résolue à m’attendre, éveillée. Elle a patienté pendant près d’une heure et elle s’est lassée, tombant de fatigue. Quand elle s’est recouchée, j’ai attendu, pour être sûr qu’elle s’était rendormie, puis j’ai filé.
Roran approuva, se demandant pourquoi il n’avait pas pensé à ce cas de figure. Après tout, c’était cohérent.
- Ce n’est pas tout, continua –elle, effrayée. J’ai eu d’autres soucis en route.
- Lesquelles ? demanda Roran, soudain soucieux.
- A mi-chemin, j’ai entendu un bruit sourd venant du ciel et je me suis jetée dans le premier buisson que j’ai trouvé. Il n’y a pas eu de cri, mais j’ai entendu de grands battements d’ailes me survoler. Ça devait sûrement être eux…vos ennemis. Je suis restée cachée un moment, pour être sûr qu’ils étaient partis, puis je suis revenue ici aussi vite que j’ai pu.
A l’évocation de cette expérience, la jeune fille était toute pâle. A l’évidence, elle n’avait pas vraiment l’habitude d’avoir des sensations fortes de ce genre. Et pourtant, elle avait eu son compte ce soir. Roran s’en voulait d’avoir une fois de plus soupçonné injustement la jeune fille.
Il se releva et aida Darriah et ramasser les affaires qu’elle avait apporté. Elle lui tendit les vêtements pour Katrina et deux couvertures. Puis elle déposa les provisions à coté des affaires des garçons, entassées près du tronc. Ensuite elle prit la dernière couverture et contournant Saphira, elle en couvrit Eragon, qui dormait paisiblement. Elle le contempla quelques instants et revint près de Roran, s’asseyant à côté de lui.
Roran hésita à vêtir maintenant Katrina sous peine de la réveiller, ou à remettre cette tâche au levé du soleil. La regarder dormir aussi sereinement, le décida à attendre. Il se contenta donc de la couvrir aussi chaudement que possible.
- Tu devrais dormir un peu ! lui conseilla Darriah. Au moins jusqu’au levé du soleil, ce qui ne sera plus très long.
- Je ne peux pas, il faut que je monte la garde.
- Je pourrais très bien le faire. Si cela ne consiste qu’à rester éveillé et à observer les alentours, je pense être en mesure de le faire.
Roran était indécis. Il avait douté à deux reprises de la fiabilité de la jeune fille ce soir, à tort. Il ne voulait pas laisser sa famille sans surveillance, mais la proposition de Darriah était si tentante. De plus, il avait très peu dormi ces derniers jours, surtout à cause de son inquiétude pour Katrina. Mais à présent qu’elle était auprès de lui, il méritait bien un moment de repos.
- Très bien, accepta –il. Si jamais il y a le moindre bruit suspect dans le coin, n’hésite pas à me réveiller. Compris ?
- Oui !
- Et réveille moi avant le levé du soleil.
- D’accord.
Roran saisit sa couverture et s’étendit. La peur, l’angoisse et l’inquiétude qu’il avait ressenties ses dernières heures s’envolèrent, pour le laisser sombrer dans un sommeil profond.

Darriah écouta le chant des oiseaux dans l’arbre, accueillant l’aube. Elle aurait dû être ivre de fatigue après cette nuit blanche, mais l’adrénaline provoquée par les évènements survenus, la maintenait encore éveillée. Elle remplissait son rôle de garde avec beaucoup de sérieux. Attentive au moindre son bizarre. Elle avait l’étrange sensation en voyant Roran, Katrina, Eragon et Saphira dormir aussi calmement, que leurs vies dépendaient de sa capacité à assurer correctement sa tâche. Ce lien invisible de survie qui s’était établie entre le groupe et elle lui paraissait incroyablement fort. Pourtant, elle ne les avait rencontré que quelques heures plus tôt. Cette expérience était déroutante.
Elle resserra autour de ses épaules son manteau, pour surmonter le froid de l’aube. Le ciel s’éclairait déjà à l’est.
Elle savait que cette nuit passée hors de chez elle lui vaudrait une nouvelle dispute avec sa mère et une sévère réprimande. Mais peu lui importait pour lors. Elle veillait sur un groupe de gens biens, et elle contemplait de ses yeux encore ébahis un dragon. Elle avait passé tellement de temps depuis son enfance à imaginer à quoi ils pouvaient ressembler. Saphira était encore plus magnifique que la plus belle de ses inventions imaginatives. Ses écailles renvoyaient de superbes reflets, d’un bleu pure et profond à la lumière croissante du jour. Elle aurait pu contempler le spectacle encore des longues heures, mais elle avait promis à Roran de le réveiller avant le levé du soleil.
Elle se tourna et lui parla doucement, honteuse de devoir troubler un sommeil si paisible. Il remua et se leva d’un bond, effrayé.
- Tout va bien ! le rassura Darriah. Pas de danger !
- Hein ?
- Le soleil va bientôt se lever, l’informa–elle.
Roran se détendit et se frotta les yeux. Le réveil semblait difficile.
- Tu veux que fasse le petit déjeuné ? proposa-elle.
- Non je vais le faire. Réveille Eragon, tu veux bien ?
Darriah acquiesça et se dirigea vers la silhouette endormit. Lorsqu’elle contourna la dragonne elle sursauta violemment et fit un grand bond en arrière en se retenant d’hurler. Elle qui pensait Saphira endormit, en passant près d’elle avait découvert ses yeux bleus, grands ouverts, qui l’observait.
Essayant de reprendre son calme, elle passa loin de Saphira, et s’agenouilla près d’Eragon sans quitter la dragonne des yeux. Quand elle lui parla doucement à l’oreille, il ne réagit pas, alors elle posa une main sur l’épaule et le secoura légèrement. Emergeant lui aussi avec difficultés, il s’assit sur son séant et fixa sa monture dans les yeux. Sans comprendre pourquoi, Darriah su qu’il la saluait, comme si Eragon et Saphira se parlaient par simple regard. Ce silence la mettait mal à l’aise, alors pour le briser, elle dit la première chose qui lui vint à l’esprit.
- Ta dragonne est vraiment magnifique et impressionnante aussi, dit-elle considérant cette dernière remarque comme une marque de respect.
« Je te remercie Darriah. Ton compliment me touche. »
Darriah regarda Eragon sans comprendre ce qui venait de se passer. Elle avait entendu une voix mais ce n’était pas Eragon qui avait parlé.
- Saphira s’est adressé directement à toi.
- Quoi ? Mais …comment ? demanda-elle, interloquée.
- Par la pensée ! C’est ainsi que nous communiquons moi et elle.
Darriah resta littéralement sans voix face à cette révélation. Elle savait bien sûr que les dragons étaient des créatures très intelligentes, mais de là à communiquer avec les humains par la parole… Elle considéra alors la dragonne avec encore plus de respect qu’elle ne l’avait déjà fait jusqu’ici.

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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:41

Apres le petit déjeuné, Eragon se sentit de meilleur humeur. Cette nuit, bien qu’elle fut courte, avait été reposante et le petit déjeuné lui paraissait moins fade. Etait–ce dû à la présence réconfortante de Darriah, qu’il admirait maintenant dans la lumière dorée du matin. Sa voix sonnait à ses oreilles comme une mélodie et il ne se lassait pas de l’entendre raconter ce qu’elle avait appris au cours de son enfance au sujet des batailles menées par les dragonniers, de leurs victoires, leurs défaites. Elle semblait en savoir long sur le sujet, alors qu’Eragon croyait ses histoires bannies de l’Alagaësia par Galbatorix. Elle réussit même à le surprendre en lui apprenant pas mal de choses qu’il ignorait.
- Il est heureux que nous soyons tombé ici et pas ailleurs, laissa échapper Eragon.
Darriah baissa un instant les yeux, rougissant légèrement.
- Je suis contente aussi que vous vous soyez arrêtes ici plutôt qu’ailleurs.
- Disons plutôt que c’est ce grand arbre qui nous a réuni. Nous cherchions un endroit pour nous cacher quand je l’ai aperçu de loin.
- Ho oui, c’est sûr qu’il est difficile de rater le grand arbre Menoa, même du ciel. C’est le plus grand et le plus ancien arbre de la région.
Eragon approuva distraitement. Puis il eu un déclic dans son cerveau. Non, c’était impossible ! Il avait sûrement mal compris.
- Attends, tu as dit l’arbre Menoa ?
- Oui ! C’est son nom !
- Vraiment ?
- Oui, approuva-elle amusée. Il porte ce nom en hommage à un elfe d’après ce que je sais.
Eragon n’en croyait pas ses oreilles. Il pressa Darriah de question pour en savoir plus et elle réfléchi un moment avant de lui dire ce qu’elle savait sur le sujet.
- Je me rappelle qu’un jour Drac m’a raconté cette histoire. Au commencement de l’alliance entre les elfes et les dragons, les terres de l’Alagaësia étaient envahies de barbares et de truands, qui n’avaient ni lois ni morale. Les urgals étaient aussi très présent dans la région, pillant et tuant sans merci. La caste des dragonniers, nouvellement formée, essaya d’endiguer cette criminalité. Ils parcoururent le territoire, se dispersant dans les endroits les plus sensibles.
Darriah devait s’arrêter de temps à autre, pour se rappeler de déroulement des événements.
- Un dragonnier elfe, dont j’ignore le nom, a été envoyé ici. Il est resté pas mal de temps pour débusquer les malfrats et les mettre hors d’état de nuire. Il en a tué plusieurs aussi, qui refusaient de se rendre. Mais un jour, il est tombé dans une embuscade tendue par des malfrats, qui s’étaient pour l’occasion associés avec des urgals, ayant des intérêts communs. Le dragonnier et sa monture ont lutté pendant plusieurs heures, mais les assaillants étaient trop nombreux. A la mort de l’elfe, le dragon s’est laissé tuer, n’ayant plus la volonté de continuer.
Elle écarta d’une main, une mèche qui lui tombait devant le visage et poursuivit.
- Avec cette victoire, les criminels se sont enorgueillit et ont répandu le mal dans la région. Les dragonniers ayant appris la mort de leur ami, sont venus en nombre pour achever ce que l’elfe avait commencé. Il ne leur a pas fallu beaucoup de temps pour rétablir la justice et l’ordre.
- Qu’est devenu l’elfe ? demanda Roran.
- Les dragonniers l’ont retrouvé gisant là où il était mort et ils l’ont enterré sur place, ne pouvant le ramener chez lui. En sa mémoire et ont planté un arbre sur sa tombe : cet arbre ! dit – elle, levant les yeux vers les branches qui les abritaient. On raconte que sa bien aimée venait régulièrement prendre soin de cet arbre, et elle a fini par lui donner le nom de Menoa, en hommage à un grand arbre, présent au cœur du royaume des elfes. Cette histoire m’a toujours fascinée car c’est la seule que je connaisse faisant allusion aux elfes. C’est peut-être aussi pour ça que j’aime autant cet arbre et que j’y passe tant de temps. J’ai l’impression qu’il est plus vivant que tout autre.
- C’est une bien belle histoire, approuva Roran, finissant son repas. N’est-ce pas Eragon ?
Mais Eragon était plongé dans ses pensées. Les paroles prononcées par Solembum, le chat-garou, lors de leur première rencontre, lui revenaient soudain en mémoire comme s’il les entendait pour la première fois. « Quand le temps sera venu où tu auras besoin d’une arme, cherche entre les racines de l’arbre dit Menoa ».
Eragon s’élança sans réfléchir d’avantage. Devant les yeux étonnés des autres, il se mit à arpenter le pied de l’arbre, tournant en rond.
- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Darriah le rejoignant. Tu as perdu quelque chose ?
- Non je cherche quelque chose…
Roran et Darriah se regardèrent, sans comprendre. Eragon inspecta soigneusement les grosses racines entremêlées. Le tronc devait faire au moins trois mètres diamètres.
« Quelle arme t’attends-tu à trouver ? demanda Saphira, qui était restée silencieuse jusqu'à là. »
« Je ne sais pas, mais je suis convaincu que c’est bien l’arbre dont parlait Solembum. Combien y’avait-il de chance pour qu’il existe dans le monde deux arbres géants portant le même nom ? Très peu ! Alors je ne peux imaginer qu’il puise en exister un troisième. Puisqu’il ne s’agit pas de l’arbre d’Ellseméra, il ne peut s’agir que de celui-ci. »
Ne voyant rien, Eragon s’accroupit et commença à inspecter à main nu, l’intérieur des racines.
- Mais vas-tu enfin nous dire ce que tu cherches ? s’impatienta Roran.
- Cesse de poser des questions et donne moi plutôt de quoi creuser.
- NON ! Ne fais pas ça ! intervint brusquement Darriah. Je t’en prie ! Je ne sais pas ce que tu cherches, mais je t’en supplie, ne fais pas de mal à cet arbre !
Sa voix était pleine d’émotion, comme si Eragon s’apprêtait à torturer son animal de compagnie d’une manière particulièrement cruelle. Il prit un instant pour se relever et regarda Darriah droit dans les yeux.
- Ne t’inquiète pas, je n’ai pas l’intention d’endommager ton arbre, dit-il d’une voix qu’il voulait rassurante. Mais je suis convaincu que quelque chose se cache là-dessous et il faut que je le trouve.
Apres un instant d’hésitation, elle baissa la tête.
- Très bien… Est-ce que tu as besoin d’aide ?
- Heu … pourquoi pas… regardez entre les racines si vous voyez quelque chose.
- Qu’est-ce qu’on cherche ? demanda une nouvelle fois Roran, contournant l’arbre.
- Tout ce qui ne devrait pas y être.
Pour creuser, chacun utilisa ce qu’il avait sous la main. Darriah se servit d’une grosse cuillère pour gratter le sol sans abîmer les racines, Eragon se servit de ses gants et Roran utilisa son couteau de poche, malgré les reproches de Darriah. Ils avaient de la chance car la terre n’était pas trop dure. Pendant plus d’un quart d’heure, ils explorèrent les vastes racines de l’arbre, creusant aussi profondément que possible.
- J’arrête ! Ça ne sert à rien ! abandonna Roran. On s’épuise alors qu’il n’y a rien là dessous.
Eragon s’arrêta un instant et regarda Roran essuyer son couteau puis aller boire des longues gorgées d’eau, pour se désaltérer. Il se tourna ensuite vers Darriah, convaincu qu’elle allait faire de même, mais elle continuait sa tâche, sans faiblir.
- Merci de ne pas laisser tomber.
- Je suis convaincue que tu as raison à présent.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Comme je te l’ai dit, Drac m’a raconté l’histoire de cet arbre alors que j’étais toute petite, et je ne me rappelle pas de tous les détails. Mais je crois me souvenir maintenant que l’histoire faisait mention d’une chose enterrée avec l’elfe.
- De quoi s’agissait-il ?
Darriah s’arrêta de creuser un instant, et regard Eragon dans les yeux, comme si la réponse qu’elle allait donner l’effrayait.
- De son âme.
Ils se regardèrent pendant un long moment, sans mesurer exactement les implications de cette réponse. Dérouté, Eragon se remis au travail. Roran en profita pour s’occuper de Katrina, en lui changeant ses vêtements, pour l’habiller avec ceux que Darriah avait apporté.

Au bout d’une demi heure passée à creuser, Roran les arrêta.
- Eragon, on ne peut plus rester ici ! Les Ra’zacs ne sont pas loin, ils doivent roder dans les parages et nous devons partir ! Nous aurions déjà dû le faire avant le levé du soleil et regards, dit-il, désignant l’astre solaire qui était déjà à bonne hauteur dans le ciel.
« Roran à raison, ajouta Saphira. Nous ne pouvons pas rester ici indéfiniment. »
Eragon était abattu. Il avait eu tellement d’espoirs, qui étaient à présent réduit à néant. Mais arrêter les recherches signifiait partir… S’en aller loin pour ne plus en revenir. Cela signifiait surtout devoir dire au revoir et peut-être même adieu à Darriah. Il avait développé pour elle un réel lien d’amitié et la laisser lui brisait le cœur. Mais rester ici les mettaient tous en danger.
Il jeta un regard à Darriah qui creusait toujours, puis regarda à nouveau son frère.
- Très bien… On y va.
Roran s’activa pour seller Saphira. Profondément déçu, Eragon enleva ses gents et les jeta au sol, rageur.
« Allons ne soit pas si déçu, le réconforta Saphira, ce n’est pas le bon arbre, voilà tout ! Et pour Darriah, il est possible que notre route nous mène à nouveau à nous revoir ! »
Eragon la regarda chagriné.
« Tu crois ? »
« J’en suis convaincue ! »
Lui souriant légèrement, il se releva. Il aida Roran à hisser leurs affaires dans les bas de la selle de Saphira.
- Eragon ! Eragon ! appela la voix étouffée de Darriah.
Eragon lâcha le sac qu’il avait dans les mains et chercha d’où venait la voix de la jeune fille. En contournant l’arbre, il la trouva enfoncée entre les racines, à demi enterrée. « La pauvre, pensa Eragon, elle a dû creuser trop profondément et elle est restée coincée. »
- Attends ! Je vais t’aider ! Essaye de te dégager un peu vers la droite pour que je suis te sortir de là !
- NON ! Je n’ai pas besoin d’aide ! J’ai trouvé quelque chose !
- Quoi ? demanda Eragon, le cœur battant. Qu’est-ce que tu as trouvé ?
- Je ne sais pas exactement, il fait trop sombre. Mais c’est dur. Je n’arrive pas à le dégager, il est encore trop enterré.
- Ecarte-toi ! Je vais essayer.
- Non ! Tu es plus large que moi et tu n’arriveras pas jusque là où je suis !
- Laisse moi faire, répéta-il, j’ai d’autres moyens pour y accéder !
Darriah essaya encore quelques instants de dégager elle-même l’objet. Roran rejoint Eragon et attendit que la jeune fille se résigne et se dégage seule du trou. Elle se releva et respira de grandes bouffés d’air, pour évacuer la poussière qu’elle avait aspiré. Eragon lui donna quelques tapes dans le dos et sur les épaules, pour l’épousseter.
- Reculez-vous ! ordonna-il
Il abaissa les barrières de son esprit et laissa les vies qui subissaient autour de l’arbre l’imprégner. Grâce à cela, il repéra un objet étranger sous les racines et reconnaissant sa forme il choisit la formule pour l’extraire.
- Knìfr reisa * ! articula-il, la paume levée en direction de l’arbre.
Il sentit sous ses pieds le sol trembler légèrement et au bout de quelques secondes, un objet sortit d’entre les racines. Il plana quelques instants à un mètre du sol, puis Eragon relâcha la pression et l’objet tomba au sol. Tout trois se penchèrent au-dessus pour l’observer.
Il s’agissait, comme Eragon l’avait repéré, d’une une grande épée. Malgré la poussière et la terre qui la recouvrait, on distinguait sur la garde, des symboles harmonieux qui s’entrecroisaient et qui étaient recouvert d’une fine dorure.
Il s’agissait sans aucun doute d’une épée de dragonnier. Et l’élément qui fit le plus sourire Eragon fut que la lame était d’une étincelante couleur bleu nuit.
- Elle est magnifique, s’écria Darriah, admirative. Mais il est vrai que je m’attendais à autre chose… son âme ? Son arme plutôt, oui ! Drac a dû se tromper en me racontant cette histoire.
- Non il a dit vrai, rectifia Eragon. Pour un dragonnier, son épée fait partie de son être ! Elle est le prolongement de son corps et donc de son âme.
- Ho…je vois, dit-t-elle admirative. Mais pourquoi la lame est-elle bleue ?
- Parce que son dragon devait avoir la même teinte.
- Hé bien, alors il est clair que cet épée devait te revenir ! Elle est de la même couleur que Saphira ! affirma Darriah, se tournant vers la dragonne. Enfin elle est peut-être un peu plus foncée, mais de loin on ne verra guerre la différence.
Eragon lui sourit, ravi.
« Montre-moi la ! Je veux la voir, s’impatienta Saphira, soudainement existée. »
Eragon la souleva et remarqua qu’elle avait le poids idéal, et un équilibre parfait. Il l’approcha de la dragonne, qui la renifla et l’effleura.
« Cette épée appartenait à un grand guerrier ! Je sens de fortes vibrations en émaner, expliqua Saphira, impressionnée. »
« Et tu arrive à me dire ça juste en la voyant !? le taquina Eragon »
- Tu savais qu’elle était là-dessous, n’est-ce pas ? intervint Roran.
- Non. Je savais simplement que sous l’arbre Menoa, se trouvait une arme. Mais j’ignorais s’il s’agissait du bon arbre et quel genre d’arme pouvait s’y trouver.
- Désolé d’avoir douté…
- Ce n’est rien… moi aussi j’ai douté, coupa Eragon en donnant une tape dans l’épaule de Roran. (Il se tourna vers Darriah) Merci à toi de ne pas avoir renoncé. Cette arme va m’être très utile pour combattre mes ennemis et préserver ceux que j’aime.
Il fixa sur la scelle de Saphira, dans l’attente d’être nettoyer.

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* Knìfr reisa = Lame, lève-toi !
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:42

Les garçons finirent de charger leurs affaires. Puis Eragon hésita un instant, nerveux. Il se décida, s’avança vers Darriah, lui prit la main et la baisa tendrement.
- J’ai été heureux de faire ta connaissance Darriah. Je n’oublierais pas ce que tu as fais pour nous. Je suis convaincu qu’un jour, nos chemins seront à nouveau amenés à se rencontrer.
Les larmes aux yeux, Darriah se jeta dans les bras d’Eragon et l’enlaça très fort, comme si elle disait adieu à un vieil ami d’enfance. Il accueillit cette étreinte avec grand plaisir et en profita pour humer le parfum dans son coup. Se libérant à regret, Darriah embrassa également Roran, de manière moins démonstrative.
Eragon aida Roran à hisser Katrina et ils montèrent en selle.
- Ho ! Eragon ! Ton manteau ! se rappela Darriah, désignant celui qu’elle portait toujours sur elle.
- Tu peux le garder ! Je t’en fais cadeau…en souvenir, dit-il avec un clin d’œil.
- Merci !
Saphira sortit de sous l’arbre et déplia ses ailes.
- Prends bien soin de toi ! ajouta Eragon par-dessus son épaule. Et si jamais des gens viennent poser des questions sur nous, tu ne nous as pas vu !
- Faites moi confiance ! Je n’en parlerai à personne. Et je m’occuperai d’effacer vos traces.
- Merci, lança Roran avec un signe de la main.
- Au revoir !
Ils se firent de grands signes de la main lorsque Saphira s’envola, montant de plus en plus haut dans les cieux.


A SUIVRE...
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:44

Chapitre 3


Saphira parcourut une longue distance dans les airs. Elle ménageait ses efforts, volant parfois plus bas pour éviter les courants ascendants. Mais elle restait constamment vigilante, à l’affût du moindre signe de la présence des Ra’zacs. Durant la journée, elle s’autorisa quelques pauses en atterrissant à l’heure du déjeuné, et à deux reprises dans l’après-midi, mais peu de temps à chaque fois. A la tombée de la nuit, Eragon réussit à la convaincre de se reposer pour la nuit, ayant volé toute la journée sans la moindre alerte de leurs poursuivants.
Autant qu’Eragon pu en juger, ils devaient se trouver tout près de la frontière du Surda. Ils avaient dépassé la ville de Melian en milieu d’après-midi et ils survolaient de vastes plaines, parsemées d’arbres et de bosquets, en nombre suffisant pour les cacher aux yeux indiscrets qui passeraient par là. D’après les souvenirs qu’Eragon avait gardé de la carte qu’il avait visualisé à Aberon, ils ne devaient plus être très loin de la ville Surdanaise de Cithrì.
Lorsqu’ils atterrirent, Eragon s’occupa de desseller Saphira pendant que Roran parcourait les alentours pour s’assurer qu’ils étaient seuls. Il revint les bras chargés de branches mortes et de petits bois.
- Que comptes-tu faire avec ça ? demanda Eragon surpris.
- Un feu pardi !
Eragon reposa la selle qu’il avait dans les bras et se tourna vers son aîné.
- Roran, je sais que nous sommes très loin du repère des Ra’zacs et que ici, tout danger semble écarté… mais il n’est pas exclu qu’ils continuent à nous chercher. Un feu serait trop facilement repérable et… (Il marqua un temps d’arrêt, regardant par-dessus l’épaule de Roran) Katrina…
- Oui, justement ! C’est pour elle qu’il est nécessaire d’allumer un feu ! Et je…
- Non, Katrina ! coupa Eragon, la désignant.
Roran se retourna brusquement et découvrit, avec une joie non dissimulée, que la jeune fille venait d’ouvrir les yeux. Il se précipita vers elle et l’enlaça, fou d’amour.
- Roran, laisse la un peu respirer, lui conseilla Eragon un sourire aux lèvres, ravi de voir ces deux-là réunis.
- Oui… tu as raison… désolé, balbutia-il, ému.
Il desserra un peu son étreinte, mais continua tout de même à bercer sa bien-aimée. Plus libre de ses mouvements, cette dernière, hébétée, regarda Eragon et Roran comme si elle ne les reconnaissait pas.
- Comment te sens-tu ? se risqua Eragon, devant le silence de Roran, qui était trop heureux pour parler.
Elle battit des paupières plusieurs fois, sans ouvrir la bouche. Elle semblait réfléchir, le regard dans le vide. Plusieurs secondes s’écoulèrent ainsi, sans qu’elle ne bouge. Elle ferma les yeux et lorsqu’elle les ouvrit, elle regarda tout autour d’elle essayant de comprendre où elle se trouvait. Ses yeux finirent par rencontrer ceux de Roran. Elle le fixa longuement et soudain, elle s’agita.
- Mon dieu ! Roran ! s’exclama-t-elle.
Elle s’agrippa à lui aussi fort qu’elle le put, tel un naufragé s’accrochant à une bouée de sauvetage. Elle enfouit son visage dans le cou du jeune homme et se mit à pleurer.
- Tu es venu ! Tu m’as libéré ! ajouta Katrina, au milieu de ses sanglots. Suis-je entrain de rêver ? J’ai si souvent imaginé cette scène sans jamais la voir se réaliser.
- Tout va bien, murmura Roran à son oreille. Je suis là maintenant et ils ne te feront plus jamais le moindre mal. Je te le promets. (Il serra d’avantage la jeune fille) Ho… Katrina, je t’aime tellement. Je suis désolé de les avoir laissé t’emmener. (Une larme coula sur sa joue et disparut dans sa barbe). Comme je m’en veux…
Eragon se releva et décida de les laisser seuls, pour qu’ils profitent de leurs retrouvailles. Il termina de ranger leurs affaires, laissées en vrac près que la dragonne.
« Voilà au moins une histoire qui finit bien » dit Saphira, un sourire flottant sur ses lèvres.
« Oui, je vois ce que tu veux dire ! Ca fait du bien de voir un peu de bonheur au milieu de tous ces malheurs. »
Eragon flatta les flancs de sa monture et reprit sa tâche. Une fois les sacs rangés, il se retourna vers elle.
« Tu devrais profiter de cette accalmie pour aller chasser. Nous ne savons pas ce que la suite de notre voyage nous réserve… »
« Non, je refuse de vous laisser seuls ! »
« Allons… ne t’inquiète pas. Je suis sûr qu’il ne se passera rien cette nuit… et tu dois être affamée, depuis le temps que tu n’as pas eu de repas convenable ! »
Saphira réfléchit, comme si elle écoutait d’avantage son estomac, que sa raison. Elle le regarda avec des yeux coupables, honteuse de ses pensées.
« Tu as raison… mais… il y a toujours un risque et… je peux encore me passer de nourriture pour l’instant… »
« Peut-être oui, mais pourquoi le faire ? Nous n’atteindrons pas Aberon avant demain soir et je sens bien que tu t’épuises. Tu as besoin de reprendre des forces ! »
Elle le regarda l’air boudeur.
« Je ne suis pas rassurer du tout… »
Eragon s’approcha d’elle et la fixa droit dans les yeux, avec un regard plein d’affection.
« Cesse de te tourmenter. Je suis convaincu que tu n’en auras pas pour longtemps car cette plaine doit regorger de proies faciles. Et puis de toutes façons j’ai retrouvé mes forces et je serais en mesure d’agir maintenant, si besoin est. »
Elle le fixa encore pendant un instant si long, qu’Eragon crut devoir recourir à d’autres arguments pour la convaincre. Mais ce ne fut pas nécessaire car l’appétit dévorant de la dragonne restait son meilleur allié.
« Très bien. Je ne serais pas longue. Restes sur tes gardes, au moins jusqu'à mon retour ! »
« Aller, va ! »
Elle lui jeta un dernier regard, puis s’envola dans la nuit noire.
Eragon décida de s’éloigner un peu pour mieux scruter les alentours et surtout pour laisser les amoureux en tête à tête. Il prit l’épée terreuse par la garde et de quoi la nettoyer, puis s’éloigna d’une vingtaine de mètres. Il s’assit le dos contre un rocher, qu’il avait repéré sur sa gauche et commença à débarbouiller l’arme. Au fur et à mesure qu’il enlevait la crasse, il découvrait sur la lame, des gravures d’une élégance sans pareil. D’un coté, les lignes partaient de la garde et remontaient finement vers la pointe, en s’entrecroisant de façon parfaitement symétriques. De l’autre, des symboles harmonieux formaient des mots de l’ancien langage qu’Eragon ne parvenait pas à traduire.
Son ancienne épée, Zar’roc, était une belle arme, mais elle n’égalaient en rien la sophistication de celle-ci. Eragon éprouvait beaucoup de chagrin à l’idée de sa cruelle séparation avec l’arme qui lui avait maintes fois sauvé la vie, mais il ne pouvait qu’être comblé par cette nouvelle épée de dragonnier.
Néanmoins, l’idée d’arborer cette épée le rendait mal à l’aise, car s’il avait reçu Zar’roc des mains de Brom et avec sa bénédiction, il n’en n’était pas de même avec celle-ci. Il n’avait pas eu l’autorisation de son légitime propriétaire et savoir que de toutes façons il ne pourrait jamais l’avoir, ne le réconfortait pas, au contraire… Il avait même la sensation d’avoir pillé une tombe et de s’être enfuit avec son butin, au mépris de la mémoire du défunt.
Il médita cette idée déplaisante, puis repensa à ce qu’avait dit Darriah. Elle avait raison après tout : la couleur du métal allait très bien avec la robe de sa dragonne. Il était sans doute dans l’ordre des choses, que l’épée Zar’roc à la lame rouge appartienne au dragonnier de Thorn, le dragon rouge, et que l’épée à la lame bleu, lui appartienne…
A cet instant, il eut un drôle de sentiment, qui s’insinua dans son esprit comme le venin d’un serpent. Il avait la désagréable sensation d’être un pion, manipulé sur l’échiquier du destin. Comme si chacun de ses actes étaient déjà écris à l’avance et qu’il ne puise rien faire pour changer les choses. Il y avait eu les prophéties de Angela, qui lui avaient annoncé la mort de Brom, puis sa relation avec Arya et enfin la trahison de Murtagh, son propre frère. Et maintenant c’était l’une des prédictions de Solembum qui se réalisait : il avait trouvé l’arme, au moment où il en avait le plus besoin, sous les racines de l’arbre Menoa.
Cette horrible impression d’impuissance face à son sort, l’effraya autant qu’elle l’énerva. Si toutes ses actions étaient déjà écrites, quels choix lui restaient-il ?
Il jeta rageusement son chiffon au sol et fulmina. Des pensées sombres commencèrent à tourbillonner dans son esprit. Il ressassa la mort de ses proches : Garrow, Brom, Ajihad et maintenant Hrothgar, le roi des nains et chef de son clan. Mais au milieu de toutes ces pertes cruelles, une personne monopolisait une grande partie de son affliction : Murtagh. Au-delà de la stupéfaction de le revoir en vie et du côté ennemi, il avait appris que son meilleur ami était en fait son frère. Si ce n’était sa trahison, Eragon aurait accueilli cette nouvelle avec une joie intense, lui qui avait si souvent eu le sentiment d’avoir été abandonné par sa famille. Maintenant qu’il connaissait les circonstances exactes de son abandon, il avait l’impression d’être soulagé d’un poids sur le cœur, malgré que ses origines n’aient rien d’enthousiasmantes.
Murtagh : son frère !
Bien qu’il soit supposé le détester dans l’état actuel des choses, Eragon n’y parvenait pas. Il connaissait sa triste histoire et il lui était impossible de le blâmer aux vues des évènements récents. Après tout, qui savait ce que ce pauvre Murtagh avait subi entre les mains tortionnaires de Galbatorix ? Eragon n’oserai l’imaginer dans ses pires cauchemars.
« Cesse de te tourmenter ! » dit une voie dans sa tête.
Saphira qui approchait, avait surpris la mélancolie du jeune homme.
« Te voilà déjà de retour ? Tu as été rapide ! »
« Je t’avais dit que je ne serait pas longue. »
Elle atterrit et déposa à terre les dépouilles d’une biche et un renard. Elle fixa ensuite Eragon.
« Pourquoi es-tu si triste ? » demanda-elle.
« Je repensais à Murtagh. J’ai du mal à m’en faire un ennemi. »
« Pourtant il faudra bien t’y faire, pour ne pas hésiter quand le moment viendra de l’affronter à nouveau. »
« Je sais, mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a encore de l’espoir pour lui. Après tout, il ne nous a pas capturé comme le lui avait ordonné Galbatorix ! »
Un silence suivi ces paroles. Saphira voulut répliquer, mais elle semblait chercher ses mots.
« Je crois que c’était difficile pour lui aussi de te considérer comme un ennemi, après ce que vous avez traversé ensemble. Néanmoins, je pense que nous avons eu de la chance qu’il hésite cette fois-ci, mais je doute que cela se reproduise. C’est pourquoi tu dois mettre tes sentiments de côté à son égard, et ne penser qu’aux innocents qui souffrirons, s’il parvient à nous capturer : les Vardens tout d’abord, puis les populations d’Alagaësia, soumises au machiavélisme de Galbatorix… »
« Je sais… tu as sûrement raison… mais… »
La logique ne pouvait aider Eragon à trouver des arguments solides car les seuls qu’il avait lui venaient du cœur. Saphira compatit à sa souffrance et lui effleura l’épaule du bout du museau. Il la caressa, en signe de gratitude et contempla tristement les étoiles qui scintillaient dans le ciel.


A SUIVRE...
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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:53

Le reste de la nuit se déroula sans incident et ils repartirent à l’aube, alors que le soleil n’était pas encore levé. Ils virent les premiers rayons de l’astre sacré surgir à l’horizon du lac Tiidosten, qui se dressait sur leur gauche. Le ciel, teinté de rose pale, de bleu pure et d’orange flamboyant, offrait un spectacle fabuleux à cette hauteur. Katrina, pour qui c’était le premier vol éveillé, ne cessa pas de s’émerveiller de la vue. La sensation qu’elle avait de rêver depuis qu’elle s’était réveillée, s’était aggravée à l’instant où elle avait aperçu Saphira. Mais après force de persuasion, les deux cousins étaient parvenus à lui faire accepter l’idée que tout ceci était bien réel.
Assise derrière Roran, qu’elle serrait très fort par la taille, elle poussait régulièrement des exclamations en pointant le doigt le paysage en dessous d’eux. Mais elle ne conserva pas sa bonne humeur très longtemps. Au milieu des rugissements du vent qui sifflait à leurs oreilles, elle d’adressa autant à Roran qu’à Eragon :
- Où est mon père ? Qu’est-il devenu ? demanda-elle, hésitante.
Un long silence suivi cette question. Le malaise était palpable. Eragon sentait que l’incertitude était probablement pire pour la jeune fille que la vérité, alors il voulu parler, mais Roran prit les devants.
- Il est mort, dit-il froidement.
Eragon se retourna sur sa selle et le regarda. Ses yeux reflétaient la colère qui commençait à monter en lui. Derrière lui, Katrina avait les yeux grands ouverts de stupéfaction et des larmes ne tarderaient pas à suivre.
- Ce n’est pas la vérité…
- SI !
- Roran… tenta de le convaincre Eragon.
- NON ! Pour moi il est mort et je ne veux plus rien savoir de lui ! trancha Roran.
Eragon avait rarement vu son aîné aussi furieux.
- Que s’est-il passé ? demanda-elle.
Il hésita avant de poursuivre, de peur que le courroux de Roran s’abatte sur lui. Mais les yeux implorant de Katrina ne lui laissaient pas le choix. Avec un dernier regard à Roran, qui regardait droit devant lui, Eragon répondit lentement.
- Lorsque nous sommes venus te délivrer, nous n’avions pas prévu que Sloan serait là… Et Saphira aurait était incapable de transporter quatre personnes. Alors nous avons dû faire un choix…
- C’était nous ou lui ! Le choix a été rapide, intervint Roran.
- Lorsque nous sommes partis, repris Eragon, j’ai libéré les entraves de Sloan, mais il était inconscient, et j’ignore s’il a réussi à fuir après notre départ. Voilà où nous en sommes…
Katrina baissa la tête, les larmes aux yeux. Roran abandonna son air buté et la regarda.
- Mon amour, il ne méritait pas qu’on se sacrifie pour lui ! dit-il, d’une voix radoucie. Je ne sais pas si tu es au courant, car tout s’est passé si vite la nuit où tu as été enlevée, mais… il a tué Byrd et c’est lui qui nous a livré au Ra’zacs !
- Alors c’était ça… dit-elle après un long silence, sans révéler la tête. Il n’arrêtait pas de s’excuser dans les rares moments où nous étions seuls et en mesure de parler. Mais il refusait de dire pourquoi et je sentais que c’était grave.
Plus personne ne prononça un mot jusqu'à ce qu’ils atterrissent, pour déjeuner. Ils avaient alors presque atteint la ville Surdanaise de Lithgow. Après un repas hâtif, ils repartirent, empressés d’arriver le plus vite possible.
Saphira volait à bonne allure. Son corps commençait à s’habituer à la charge que représentaient les trois individus, et cela ne lui réclamait plus autant d’efforts.
Ils arrivèrent en vue de la grande cité d’Aberon au crépuscule. Aux yeux de Katrina, elle était monumentalement grande comparée au petit village de Caravall. Les habitations au centre de la cité était d’un style architectural recherché et les battisses étaient bien entretenues. Mais plus on s’éloignait du centre, plus les bâtiments avaient un aspect plus pauvre et étaient délabrés. Les constructions aux limites de la ville étaient quasiment des bidons villes, où des tentes et des logements faits de matériaux temporaires, étaient répartis de façon désordonnée. Des torches commençaient à s’allumer dans la ville et la faisait scintiller dans l’obscurité croissante.
Saphira repéra le palais à l’ouest de la capitale, et piqua vers le sol. Elle atterrit sur le grand terrain dégagé qui s’étendait devant l’entrée principal de la forteresse, où deux gardes armés étaient postés devant une gigantesque voûte, matérialisant l’entrée. Lorsque le petit groupe mit pied à terre et se dirigea vers eux, Saphira s’inquiéta de ne pas pouvoir les suivre, étant trop large pour pénétrer à l’intérieur.
« Prends garde à toi petit homme. Au moindre problème, appel moi et j’accourrai en quelques secondes. »
Eragon fit demi tour et revint vers sa monture.
« Quelles problèmes pourrais-je bien rencontrer ici, au siège de la rébellion des Vardens ? »
« La traîtrise à de nombreux visages… »
Eragon regarda Saphira, agacé par son goût pour les répliques énigmatiques. Il lui sourie, décidé à la taquiner en retour.
« Hé bien… tu n’as qu’à m’accompagner pour te rassurer, ironisa-t-il. »
Saphira poussa un grognement et de la fumée noire sortie de ses narines.
« Je serais plus rassurée si tu restes sur tes gardes et… »
« Oui, ne t’inquiète pas, coupa Eragon. »
« ET, insista Saphira, si tu prends l’épée de dragonnier avec toi ! »
Eragon hésita. Il avait déjà retourné dans sa tête l’idée de porter l’épée et il conservait un léger malaise, mais le regard insistant de Saphira ne lui laissait pas vraiment le choix. A contre cœur il détacha l’épée de la selle, où elle était fixée. Il s’aperçut soudain d’un élément auquel il n’avait pas encore songé. Il regarda Saphira, ennuyé.
« Heu… je te signal que je n’ai plus de fourreau, depuis que Murtagh m’a pris Zar’roc. Et celle-ci n’en avait pas... »
« Et alors ? Qu’est-ce que ça change ? »
« Hé bien, je me vois mal débarquer au palais, l’arme au point. C’est plutôt menaçant non ? »
« Au moins, personne ne songera à venir t’importuner, plaisanta Saphira. »
Eragon soupira et se résigna. Il n’aurait qu’à réclamer un fourreau dès qu’il aurait accès à une armurerie.
A quelques pas de là, Roran commençait à perdre patience face au dialogue silencieux d’Eragon et Saphira.
- Alors ? Tu viens ? Qu’est-ce que tu fabriques ?
Eragon se tourna vers eux, ayant oublié l’espace d’un instant leur présence.
- Oui ! J’arrive !
Il rejoint les autres, et ils avancèrent vers les deux gardes. Ces derniers étaient deux gaillards de forte carrure et ils portaient des uniformes sombres, sertis des emblèmes royaux de la couronne. Malgré leur apparence imposant le respect, ils paraissaient crispés, probablement à cause de la présence de Saphira, mais même s’ils tenaient leurs armes au repos, leurs mains tremblantes semblaient prêtes à dégainer au moindre incident.
Lorsqu’Eragon arriva à leur hauteur, il les salua.
- Je suis ici pour rencontrer Dame Nasuada, chef des Vardens. Pouvez-vous me conduire à elle ?
Les deux gardes se regardèrent, indécis.
- Heu… enfin… nous ne sommes pas autorisés à quitter nos postes, Tueur d’Ombre, répondit le plus robuste. Mais je suis convaincu que quelqu’un à l’intérieur du palais se fera une joie de vous conduire là où vous le souhaitez.
- D’accord, dit Eragon, surprit par la terreur qu’il inspirait à deux gardes, qui avaient deux têtes de plus que lui.
Il fit signe aux autres de le suivre et ensemble ils passèrent sous l’énorme arche, qui s’élevait plusieurs mètres au dessus d’eux. Ils empruntèrent une suite de couloirs, certains plus large que d’autres, mais tous richement décorés de statues et de tableaux magnifiques représentant des batailles et des chefs de guerre victorieux. Plus ils avançaient et plus ils s’étonnaient de ne rencontrer personne. A l’angle de l’un des couloirs, ils trouvèrent une petite cour, au centre de laquelle trônait une magnifique fontaine. Des bosquets de rosiers de toutes teintes, étaient plantés aux quatre coins de la cour pavée, rendant le lieu ravisant et apaisant. Des arcades entouraient la cour, et Eragon, Roran et Katrina se trouvaient sous l’arcade sud. Ne sachant trop où aller, ils s’engagèrent dans la cour, pour se rendre jusqu’aux arcades opposées.
- Eragon ! Que fais-tu ici ? dit une voix derrière eux.
Surpris, Eragon se retourna et reconnu Jörmundur, l’un des capitaines de Nasuada. Il vint à leur rencontre et salua amicalement le jeune homme.
- Quand est-tu arrivé ? demanda-il, un grand sourire aux lèvres.
- Il y a quelques minutes ! Je crois que je me suis perdu… je cherchais les appartements de Nasuada pour lui indiquer ma présence.
- Ho, oui bien sûr, effectivement il semble que tu te sois perdu, plaisanta Jörmundur.
Puis il se tourna vers Katrina et Roran, restés en retrait. Eragon s’aperçu qu’il n’avait pas fait les présentations.
- Heu, Jörmundur, je te présente Roran mon cousin (Le capitaine lui offrit une poignée de main solide) et sa fiancée, Katrina (Il baissa avec respect, la main de la jeune fille). Voici le capitaine Jörmundur de l’armée des Vardens.
- Enchanté, firent Katrina et Roran ensemble.
- Je vais vous conduire auprès de Nasuada.
Sans rien ajouter, il les mena à travers le palais, dans une direction opposé à celle qu’ils avaient suivi jusqu’ici.
- Pourquoi le palais est-il aussi vide ? l’interrogea Eragon. Nous n’avons croisé personne en venant et je me demandais si c’était normal…
- Non ça n’est pas comme ça d’habitude. Il y a des gardes un peu partout en temps normal, mais ils ont été réquisitionnés pour d’autres missions…
- Quel genre de mission ?
- Ramener l’ordre en ville. (Il se tourna vers Eragon, dont le regard était déconfis.) Ho rien de très grave je te rassure ! Juste quelques incidents qui commencent à devenir trop fréquents. Le prince a voulu y couper court en envoyant la garde du palais pour prêter mains forte aux gardiens de la cité. En réalité, la cohabitation entre les habitants de cette ville et les Vardens ne s’est pas déroulée aussi bien que nous l’avions espéré. Les Surdanais sont bien sûr favorable à la rébellion et jusqu’ici, ils nous ont fourni en vivre et apporté d’autres choses dont nous avions besoin. Mais nous accueillir parmi eux semble être… enfin c’est compliqué… conclu Jörmundur, ne voulant pas s’embarquer dans une explication longue et complexe.
Il garda le silence puis choisit de s’intéresser à Eragon pour changer de sujet.
- Belle épée ! s’exclama-il.
- Merci. Tu me fais d’ailleurs penser que j’aurais besoin d’un fourreau pour la transporter.
- Hé bien, dès que tu auras vu Nasuada, je te conduirai à l’armurerie. Tu y trouveras sûrement ton bonheur. (Il s’arrêta devant une porte gardée par deux soldats) Nous sommes arrivés.


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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:55

Jörmundur fit signe aux gardes de s’écarter et il frappa deux coups à la porte. Une voix à l’intérieur les pria d’entrer.
- Eragon ! s’exclama Nasuada, comme je suis heureuse de te voir enfin de retour et saint et sauf.
Eragon remarqua immédiatement que Nasuada était encore plus épuisée que la dernière fois qu’il lui avait parlé. Et pourtant ils s’étaient quittés juste après une bataille épuisante. Elle avait des valises sous les yeux et un teins grisâtre. Cela devaient faire des jours qu’elle n’avait pas dormit. Eragon remarqua également que la jeune fille n’était pas seule. Un homme d’une vingtaine d’années, au regard fuyant et à l’air mal à l’aise, trônait dans la partie sombre de la pièce. Eragon eu l’impression d’avoir interrompu une conversation particulièrement sérieuse et désagréable.
- Tout s’est bien passé ? demanda Nasuada, vous n’avez pas eu de problèmes ? (Elle aperçu Katrina, qui se serrait fort contre Roran.) Je vois que tu as réussi ton sauvetage ! J’en suis heureuse !
Eragon hocha la tête. Curieux, il se tourna vers l’inconnu, désireux d’être présenté. Nasuada regarda tour à tour Eragon et l’inconnu, puis les autres occupant de la pièce. Elle hésita.
- Heu, Jörmundur, (Elle désigna Roran et Katrina) nos invités doivent être fatigués après un si long voyage. Soyez aimable de leur trouver des chambres pour qu’ils puissent se restaurer.
Eragon comprit que Nasuada désirait tenir l’identité de cet homme secrète et il s’indignait de voir qu’elle avait si peu confiance en Roran et Katrina.
Roran ne sembla pas s’en offusquer. A le voir, Eragon compris que pour l’heure, ce dont il avait le plus envie, c’était d’être seul avec sa fiancée.
Jörmundur approuva, pria les jeunes gens de le suivre et ferma la porte dernière lui. Nasuada invita Eragon à prendre un siège, qu’il accepta.
- Eragon, je te présente Hélios Zirken… Il réunit et analyse les informations que nous recevons de nos espions, disséminés en Alagaësia.
Eragon s’inclina légèrement pour le saluer, comprennent maintenant pourquoi Nasuada faisait tant de mystère à son sujet.
- Lorsque tu es arrivé, il me faisait son rapport sur les informations qui lui sont parvenus de Urû’baen. Hélios, je t’en pris continue, Eragon est quelqu’un de confiance.
Il hésita un instant, un regard soupçonneux tourné vers Eragon, puis il parla d’une voix tendu.
- Comme je vous le disais, je doute que pour l’instant nous ayons à nous soucier de ce qui reste de l’armée de Galbatorix. Ils ont pris position tout près de la ville de Feinster, au-delà du Jiet et ils semblent s’être installés, sans réelle intention de repartir pour un moment. Pour lors, avant de poursuivre sa guerre contre le Surda, Galbatorix doit s’occuper des troubles qui surviennent dans son propre pays.
- Quelles troubles ? demanda Nasuada, perplexe.
- Hé bien, le bruit s’est répandu dans les contrées alentours, que le Surda avait repoussé Galbatorix, grâce au nouveau Dragonnier. (Il jeta un bref coup d’œil à Eragon) Et cela donne des idées à certains. Ainsi, dans plusieurs villes et villages, des groupes d’habitants ont commencé à refuser de se plier aux exigences de l’Empire.
- Quelles sont ces exigences ? demanda Eragon.
Hélios se tourna vers Eragon et marqua une pause, détaillant attentivement le visage du jeune homme.
- Tu as vécu en Alagaësia, non ? Tu devrais donc savoir ce que réclame Galbatorix à son peuple, dit Hélios, d’une voix pleine de sous entendus.
- Oui j’y ai vécu, se défendit Eragon, mais mon village était trop éloigné au nord pour que Galbatorix y ait une grande emprise. Du moins jusqu'à ce que les Ra’zacs arrivent… Ils ont déduit notre maison et ont torturé et tué mon oncle. Aujourd’hui, Galbatorix a complément déduit le village où j’ai grandit et il ne reste plus rien !
Hélios observa encore Eragon, puis baissa les yeux et repris avec une voix plus douce.
- Je comprends… je m’excuse d’avoir insinué quoi que ce soit… Si tu veux tout savoir, reprit–il, l’Empire réclame aux paysans, une bonne partie de leurs récoltes, leur laissant à peine de quoi subsister et cela pour nourrir ses soldats. A ses autres sujets, il réclame des impôts écrasant et tous doivent fournir des hommes bien sûr. Depuis qu’il a entrepris d’écraser le Surda, et par la même occasion les Vardens, il recrute de gré ou de forces des hommes parmi la population. Ces hommes sont envoyés quelques semaines dans des camps d’entraînement, car la plupart sont des fermiers ou des commerçants et ne savent donc pas se battre. Ils apprennent le strict minimum pour tenir une arme et s’en servir et ils sont envoyés au front.
De la haine et de la rancœur se lisait dans les yeux d’Hélios. Ses mains se refermèrent sur les accoudoirs de son siège et ses phalanges blanchirent.
- Galbatorix ne compte pas vraiment sur l’habileté de ses soldats, mais plutôt sur leur nombre. Il sait que de toutes façons, ce ne sont pas les soldats qui gagnent une guerre, mais les magiciens qui les protègent. Ils ne sont que de la chair à canon et n’ont aucune valeur pour lui. Pourtant, chacun d’eux à une famille : une mère, une femme ou des enfants qui attendent quelque part son retour.
Hélios garda la tête baissée, luttant pour contenir l’émotion qui le submergeait. Nasuada et Eragon lui laissèrent un instant pour se reprendre.
Au bout d’une longue minute, il releva la tête et poursuivi son rapport, impassible.
- Le phénomène de mutinerie, même s’il s’étend de plus en plus, reste encore mineur et il n’est question que de petits incidents… sauf à Belatona.
- Que s’est –il produit ? demanda Nasuada pour l’encouragé à poursuivre.
- Les habitants se sont presque ouvertement dressés contre l’Empire.
- Pourquoi faire cela ? Ils savent que cela peut leur attirer énormément d’ennuis !
- D’après ce que j’ai entendu, les habitants commençaient déjà à se plaindre des exigences de l’Empire et lorsque les soldats sont venus chercher des hommes pour la guerre, ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ils ont chassé les soldats hors de la ville refusant de leur donner ce qu’ils étaient venus chercher. A présent, ils commencent à inciter les villages alentours à faire de même et à se révolter contre Galbatorix.
Après un silence marquant son inquiétude, Nasuada chercha ses mots.
- Ce qu’il fond là, bien que légitime est dangereux.
- Et plus encore que vous ne l’imaginez, repris Hélios. Galbatorix a eu vent de tout cela. Et il envisage maintenant des représailles !
- Contre Belatona ?? s’insurgea Nasuada. Mais il ne peut pas déduire une ville de cette taille ! Elle compte dans centaines, que dis-je, des milliers d’habitants. Ce serait un véritable carnage ! Sans compter le fait que Galbatorix ne pourra jamais dissimuler au peuple une telle boucherie sous des faux semblant et des prétendus attaques Urgals !
Hélios l’arrêta, une main levée et poursuivit.
- Il y a effectivement pensé et il semble avoir trouvé une alternative au problème.
- Qu’a-il en tête ?
- Ce que je m’apprête à vous dire est précisément la raison de ma présence ici. Des informations viennent de me parvenir il y a quelques heures, d’un de nos plus précieux espion, infiltré au sein même du palais de Galbatorix. D’après lui, Galbatorix est sur le point d’abattre un ou deux villages dans les alentours de Belatona, pour faire comprendre aux Belatoniens ce qui les attends s’ils n’abdiquent pas.
Nasuada s’affaissa sur son siège. Ses yeux reflétaient l’effroi qui l’habitait.
- La peur ! C’est tout ce que Galbatorix sait dispenser à son peuple, murmura-t-elle.
Eragon, qui avait gardé le silence jusqu’ici s’interrogea.
- Qu’entendez vous par « abattre un ou deux villages » ? Comment Galbatorix compte-il faire ça ? Avec son armée ?
Hélios se regarda Eragon, la mine sombre.
- A l’aide de son dragonnier… Grâce au souffle enflammé de son dragon, il ne lui faudra pas très longtemps pour raser un village… ou deux…
- Murtagh… murmura Eragon, sous le choque.
Un nouveau silence tomba. Chacun trop perturbé pour parler. Eragon releva la tête le premier.
- Je ne peux pas le laisser faire ça ! Je refuse de le laisser tuer tant d’innocents. Il ne ferait jamais ça s’il n’était pas sous l’emprise de Galbatorix. Je dois l’en empêcher !
Nasuada releva brusquement la tête.
- Je ne peux pas te laisser faire ça !
- Pourquoi ? dit Eragon se levant subitement sans s’en apercevoir.
- C’est trop dangereux ! répondit Nasuada, se levant également. Lors de ta dernière rencontre avec ton… frère… il t’a vaincu ! Et je refuse de prendre le risque de vous voir tomber, toi et Saphira entre ses mains. Vous êtes trop important !
- La dernière fois, il m’a battu parce que j’étais déjà épuisé par la bataille, dit Eragon agacé. Il a attendu que je m’épuise pour m’affronter ! Mais ça ne sera pas le cas cette fois-ci ! Je suis convaincu qu’en pleine possession de mes moyens je pourrai avoir le dessus.
En disant cela, il essayait lui-même de se convaincre de ses propres capacités. Mais il gardait toujours à l’esprit l’échec cuisant qu’il avait essuyé et surtout la sensation d’impuissance qu’il avait éprouvé face à son aîné.
Nasuada réfléchit un instant, pesant les arguments du jeune homme.
- Même si tu es convaincu de pouvoir y arriver, je ne peux pas prendre ce risque. Il t’a promis de ne plus faire preuve de clémence à ton égard et de te livrer à Galbatorix la prochaine fois qu’il te verrait. Je prends cette menace très au sérieux.
- Pourtant je ne vais pas pouvoir fuir devant lui toute ma vie ! Et puis nous parlons de la vie de centaine d’innocents ! Vous n’allez quand même pas rester là, les bras croisés, à les regarder se faire tuer, s’insurgea-t-il, allant de l’un à l’autre.
Le regard fuyant, ses deux interlocuteurs gardèrent le silence. Nasuada se dirigea vers la fenêtre et regarda la lune, qui commentait à s’élever dans le ciel. Elle revient vers son bureau et d’adressa à Hélios.
- Nous pourrions envoyer des hommes pour avertir les villageois de se mettre à l’abri, proposa-t-elle.
- Impossible ! répondit Hélios. L’information de cette attaque à mit du temps à me parvenir et le dragonnier devait quitter Urû’baen sous peu. Nous sommes bien plus loin que lui de Belatona et nos hommes, même monté sur les coursiers les plus rapides que nous ayons, ne parviendraient pas à temps là-bas.
Nasuada s’affaissa dans son siège, abattue et exténuée.
- Si je pars demain à l’aube, j’arriverai avant lui ! Nous venons de parcourir cette distance en deux jours, mais nous étions trois sur le dos de Saphira, alors que seul je serais bien plus rapide.
- Eragon… commença Nasuada, sur un ton fatigué.
- Je peux sauver ses gens, coupa Eragon, plein de détermination, et je suis sûrement le seul qui puise agir à l’heure qu’il est. Si vous ne me laissez pas agir, alors la seule chose qu’il vous restera à faire, c’est enterrer les morts dont vous serez responsable.
La ruse d’Eragon était de les faire culpabiliser pour qu’ils réagissent et cela semblait fonctionner, car leurs yeux à tous les deux étaient baissés vers le sol.
Un lourd silence suivi sa remarque. Nasuada se leva à nouveau et leur tourna le dos. Elle semblait en conflit intérieur avec elle-même et Eragon préféra ne pas intervenir, dans l’attente de sa décision.
Si ça ne tenait qu’à lui, il serait déjà en chemin pour Belatona, mais il n’était plus libre aujourd’hui d’aller ou bon lui semblait car il avait noué des alliances et promis des allégeances. Il ressentait à présent le poids de devoir s’en remettre à d’autres pour décider. Mais bonne ou mauvaise idée, il savait qu’au moment de nouer ses liens, il n’avait pas eu d’autres choix.
Nasuada se retourna vers eux et regard Eragon droit dans les yeux, comme pour le sonder.
- Si je te laisse y aller, tu te contenteras de prévenir les villageois ?
- Oui !
- Et tu ne chercheras pas à affronter ton frère ?
Eragon hésita. Comment pouvait-il promettre une telle chose ?
- Si il ne s’en prend à personne, je ne chercherai pas à le provoquer.
Elle continua de l’observer pendant un instant qui paru si long à Eragon, qui en devint mal à l’aise. Elle ferma les yeux et soupira longuement.
- Très bien ! Tu as ma permission pour aller prévenir les villages proches de Belatona du danger qui les menace.
A cet instant, une idée germa dans l’esprit d’Eragon et il se demanda si c’était réalisable. Il tenta d’envisager la manière de s’y prendre. Cela paraissait si compliqué et tellement fou, mais il devait quand même essayer de savoir si c’était possible avant de renoncer. Il préférera ne pas en parler à Nasuada avant de s’assurer de certaines choses.
Soudain quelqu’un frappa à la porte, les faisant sursauter.
- Entrez ! dit Nasuada.
Un jeune soldat passa la tête par l’entrebâillement de la porte, essoufflé.
- Dame Nasuada, le Roi Orrin vous prie de le rejoindre dans son bureau. Il souhaite vous parler de toute urgence.
- Très bien, j’arrive.
Le soldat acquiesça et referma la porte. Eragon jeta un regard inquiet à Nasuada, qui soupirait d’exaspération. Qu’y avait-il de si urgent pour que le Roi envoi quérir la Chef des Vardens. Cette dernière surprit le regard d’Eragon.
- Ne t’inquiet pas, je doute que ce soit si important ! Le Roi à un peut trop tendance à me faire appeler pour des broutilles sans intérêt. Mais je me dois de ne pas décevoir notre ôte. Alors si vous voulez bien m’excuser. (Elle se leva et se dirigea vers la porte. Elle se retourna avant de sortir) Hélios, merci pour votre rapport et tenez moi informée si de nouvelles informations vous parviennent. Eragon, je te verrai demain avant ton départ, pour l’instant, profite de ta soirée pour prendre un peu de repos. Veux-tu passer la nuit au palais ou désire tu être près de Saphira ?
- Je resterais près de Saphira, si cela de nous ne dérange pas.
- Très bien, alors je vais envoyer des hommes monter une tente à l’extérieur du château.
Elle ouvrit la porte et sortie, mais Eragon la rappellera.
- Au fait, je voulais savoir… Comment va Elva ? s’inquiéta-t-il.
- Hé bien, je n’ai pas eu de ses nouvelles, il faudra que tu aille voir Angela pour cela. Elle saura plus te renseigner que moi !
- Elle est toujours ici ?
- Oui, tu la trouvera dans l’aille ouest du palais.
« C’est parfait ! » s’enthousiasma Eragon, il avait justement besoin de la voir pour lui demander certaines choses.
- Je suis désolé je dois te laisser. Bonne soirée.
Elle s’éloigna dans le couloir éclairé par des torches, ses deux gardes du corps la suivant comme son ombre.


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MessageSujet: Re: TOME 3 (Texte intégral sans commentaire)   Lun 4 Déc - 23:57

Hélios aussi sortit du bureau et le salua avant de s’engager dans le couloir. Eragon le rattrapa, conscient qu’il était sûr de se perdre sans personne pour lui indiquer la direction à suivre.
- Hé attend moi ! Je suis un peu perdu dans ce palais immense…
- Je comprend, sourit Hélios, il est difficile de se repérer ici quand on ne connaît pas. Tous les couloirs se ressemblent.
- Oui exactement ! approuva Eragon. Pourrais-tu m’indiquer où se trouve l’armurerie ? Je dois me procurer un fourreau.
Il brandi l’épée qu’il tenait toujours à la main.
- C’est une belle arme que tu as là ! s’exclama Hélios, impressionné. Je peux ?
Eragon tendit l’épée à Hélios, qui l’observa avec attention. Ses doigts passèrent sur les symboles de la lame, puis sur la garde.
- C’est un vrai travail d’orfèvre ! J’en ai rarement vu d’aussi finement travaillée, dit-il, rendant l’épée.
Ils continuèrent à emprunter de longs corridors, tournant parfois à droite, parfois à gauche, mais descendant souvent une volée de marche pour atteindre les étages inférieurs. Une question brûlait les lèvres d’Eragon, mais il se demandait s’il était poli d’interroger son guide, se connaissant à peine. Il se décida, désireux de briser le silence.
- Je voulais savoir… heu, tout à l’heure… quand tu as parlé des exigences de l’Empire… tu avais l’air… enfin, tu semblait affecté par tout cela.
Hélios s’arrêta net et observa Eragon avec un regard indéchiffrable. Il reprit la marche sans rien dire. Eragon crut qu’il n’allait pas lui répondre et il se senti soudain idiot d’avoir posé la question. Mais Hélios se mit à parler d’une voix aussi faible qu’un murmure.
- J’ai grandi dans un village au sud de Gil’ead avec ma mère et mon petit frère. Nous n’étions pas du genre aisé et nous avons beaucoup souffert des exigences de l’Empire, qui nous prenait les maigres récoltes que nous semions. Un jour des soldats sont venus dans notre village pour recruter des hommes. Galbatorix avait lancé une campagne contre les vardens, qui commençaient à prendre une ampleur déplaisante à ses yeux. Il a donc réuni une petite armée pour les traquer et les débusquer. Je devais avoir dans les dix-huit ans et mon jeune frère venait à peine de fêter ses seize ans. Comme il avait atteint l’âge adulte, les soldats nous ont emmené tous les deux, sous les cris et les pleures désespérés de notre mère.
Hélios marqua une pause, pour retenir l’émotion qui le submergeait. Eragon était surprit de la franchise de son interlocuteur, mais il comprit que cela semblait être une libération pour lui de parler. A cause de son travail d’espion, il devait probablement avoir peu de conversation avec des personnes qui ne serait pas des ennemis. Il ralentit le pas et reprit, en regardant toujours le sol devant lui, comme s’il voyait les images de son passé resurgir devant ses yeux.
- Notre formation n’a duré que deux petites semaines, après lesquelles nous étions déjà envoyés en mission. Nous devions nous rendre dans le sud pour intercepter un groupe de personne soupçonné d’aider les Vardens, mais en chemin nous avons été attaqués par un groupe d’Urgals errant. Ils nous ont pris par surprise, en plein milieu de la nuit et beaucoup sont morts avant d’avoir pu se réveiller. Ce fut un véritable carnage… il y avait du sang partout et des corps déchiquetés jonchait le sol. Mon frère et moi avons combattu autant que nous le pouvions mais nous manquions cruellement d’expérience et nous n’avons rien pu faire.
Il s’arrêta soudain, comme incapable de continuer autant de marcher que de parler. Il vint lentement s’accouder à la rambarde de pierre, qui donnait sur le jardin à la fontaine. Il semblait avoir besoin de se retenir à quelque chose pour ne pas s’effondrer. Eragon le rejoint et resta silencieux, écoutant le léger crépitement de l’eau en dessous d’eux.
- Il est mort devant mes yeux sans que je puise agir, ayant moi-même été gravement blessé. A l’aube, il n’y avait plus personne. Les Urgals m’avaient laissé pour mort et j’ai bien cru l’être aussi. J’ai sombré dans un état de semi inconscience, pensant être déjà très loin de mon corps. Je me suis réveillé une semaine plus tard dans un camp de fortune. Les Vardens m’ont trouvé et m’ont soigné, sans même savoir qui j’étais. Ils ignoraient que nous étions venu pour les arrêter. Et même après que je leur eu révélé, ils ne m’ont pas abandonné. (Il se tourna vers Eragon, les yeux pleins de détermination). Ils ont pris soin de moi comme une seconde famille et depuis je combats à leur côté.
- Tu n’es jamais retourné chez toi ? demanda Eragon, hésitant.
- Si une fois, il y a très longtemps.
- Et qu’est devenue ta famille ?
- Je l’ignore. Quand je suis rentré dans mon village, plus d’un an après ma disparition ma mère n’y était plus. Des villageois m’ont dit qu’elle n’avait pas supporté la mort de… ses fils… et qu’elle avait quitté le village, peu de temps après.
- Tu ne sais pas ce qu’elle est devenue ?
- Non… Je l’ai cherché pendant des mois sans jamais retrouver sa trace.
- Eragon ! appela une voix dans leur dos.
Jörmundur arrivait dans le couloir sur leur gauche.
- J’ai croisé Nasuada en chemin et elle m’a dit que tu voulais dormir hors du palais. J’ai envoyer mes hommes monté une tente mais elle ne sera pas prête avant un moment. Tu veux aller manger un morceau en attendant ?
Avant qu’Eragon puisse répondre, Hélios prit le couloir opposé.
- Tu es entre de bonnes mains maintenant, alors je te laisse. Je suis content d’avoir fait ta connaissance Eragon et j’espère que nous serons amenés à nous revoir bientôt, dit-il, avec un signe de la main, disparaissant à l’angle du corridor.
Eragon le regarda partir, une boule dans la gorge. Il était encore ému par l’histoire d’Hélios et il se sentait impuissant de ne rien pouvoir faire, malgré ses pouvoirs, pour apaiser la souffrance des gens.
- Alors ? s’impatienta le capitaine.
- Heu… quoi ? Ha oui ! Heu… non, je voulais me rendre à l’armurerie, dit Eragon regardant son épée.
- Ho oui, c’est vrai ! Et bien nous n’en sommes pas très loin. Nous irons dîner après.
- Daccord… mais il faudra que tu m’indiques où se trouve l’aille ouest après ! J’ai quelqu’un à voir et c’est urgent !
Jörmundur approuva sans poser de question, et ils s’engagèrent dans la volée de marche qui descendait dans les profondeurs du château.

La chambre dans laquelle on les avaient installé était ravissante. Une lampe à huile éclairait les murs d’une couleur jaune pales, avec des tapisseries en guise de frise. Le lit à baldaquin abordait des rideaux de lin blanc brodé, assortis à ceux des fenêtres, qui ondulaient sous le léger courant d’air rafraîchissant qui entrait. Les meubles étaient taillés dans un bois précieux, du chêne probablement. Cette pièce, aussi luxueuse soit-elle, donnait l’agréable sensation de chaleur et de bien-être que l’on peut éprouver lorsqu’on est chez soi, bien au chaud, alors que l’orage gronde dehors.
Katrina s’y sentait bien, mais cette sensation n’était rien face au bonheur qu’elle éprouvait en en présence de Roran. Auprès de lui, elle se serait sentie chez elle n’importe où.
Roran entreprit de se débarrasser de ses vêtements de voyage crasseux. La personne qui avait préparé la chambre avait pris le soin de leur apporter des vêtements propres.
Lorsque Roran enleva sa chemise, Katrina aperçut sur le corps musclé du jeune homme, des blessures, qui n’étaient pas toutes cicatrisées. Elle grimaça à l’idée des souffrances que ses blessures avaient pu lui causer.
Elle, qui était restée près de la porte, s’approcha par derrière et lui caressa doucement l’épaule, à l’endroit où une énorme cicatrice allait de l’omoplate jusqu'à la clavicule. Il sursauta et se retourna.
- Ca te fait mal ? demanda-elle avec inquiétude.
- Plus maintenant, répondit-il avec un sourire.
Il saisit sa main et y déposa un baisé du bout des lèvres. Ce contact fit frissonner la jeune fille. N’y tenant plus, elle se serra très fort contre lui, comme si elle manquait d’air et qu’il représentait l’oxygène dont elle avait besoin. Il lui rendit son étreinte avec un grognement de satisfaction. Elle se sentait si bien au creux de ses bras. Il s’écarta un peu et l’obligea à le regarder.
- Je t’aime Katrina et je t’aimerai jusqu'à la fin de mes jours.
Elle éclata en sanglots et embrassa langoureusement le jeune homme. Elle le regarda à nouveau, lui prit la main et l’entraîna sur le lit. Elle l’allongea et lui donna un nouveau baisé.
- Tu es sûr que tu veux le faire ? murmura-il d’une voix douce. Je veux dire… après tout ce qui t’es arrivé…
Elle lui plaqua un index sur les lèvres et le regarda droit dans les yeux pendant un si long moment, que des larmes perlèrent à ses paupières.
- J’ai traversé l’enfer avec les Ra’zacs et quand ils me torturaient… la seule chose qui me permettait de tenir et de ne pas sombrer dans la folie, c’était le souvenir de notre étreinte cette nuit là à Caravall… et l’espoir qu’un jour, je pourrai être à nouveau au creux de tes bras.
Elle ferma les yeux, laissant ses larmes couler le long de ses joues. Il essuya l’une d’elle avec son pouce. Elle rouvrit les yeux et vit que les siens débordaient d’amour. Il déposa un doux baisé sur son front et caressa ses cheveux ondulés. Il la fit lentement basculer sur le dos et se plaça au dessus d’elle pour l’embrasser dans le cou. Avec son autre main, il défit le chemisier de la jeune fille et glissa sa main sur son ventre. Ce contact procura à la jeune fille, un frisson incontrôlé qui remonta le long de son échine. Elle soupira de contentement. Elle releva légèrement la tête, plaça ses lèvres tout près de l’oreille de Roran et murmura.
- Je t’aime Roran.


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