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 Daile Akairosa [Terminée]

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AuteurMessage
avatarDaile Akairosa



Féminin
Nombre de messages : 17
Age : 28
Armes : Toute une panoplie
Ville : Humelfe
Date d'inscription : 07/11/2011

Feuille de personnage
Song thème: Requiem pour Cordes - Mime de Benetnasch, Guerrier Divin de l'Etoile d'Eta -
Relation(s): Maiwenn, que je considère comme une soeur

MessageSujet: Daile Akairosa [Terminée]   Lun 7 Nov - 12:09

Akairosa
Daile



(c) Obsession27
    NOM : 
    J'ai pour nom Akairosa. Le nom de ma mère.

    PRENOM(S) :
    Mes parents m'ont donné le nom de Daile à ma naissance. J'ai dit mes parents ? Pardon, je devrais plutôt dire ma mère, car je n'ai jamais connu mon père, ce dernier ayant quitté ma mère bien avant ma naissance. Sait-il seulement qu'il a une fille ?

    SURNOM(S) :
    Le Caméléon, comme l'animal, car à l'instar de ce dernier, je suis capable de me fondre dans mon environnement, jusqu'à en devenir complètement invisible à ceux qui m'entourent, car trop intégrée dans le décor. La magie – quand elle daigne répondre à mes appels – est également très utile dans ces moments-là, bien sûr, mais les déguisements y sont aussi pour quelque choses.

    GROUPE :
    Hum, très bonne question. Je ne pense pas avoir de préférence particulière à ce sujet, donc je resterais neutre pour le moment. Désolée pour tout le monde, je ne vous rejoindrais pas ! Na !

    LIEU DE NAISSANCE :
    Où exactement, je ne sais pas trop. Ma mère à souvent voyagé pour retrouver mon père, sans succès. Je ne me souviens d'ailleurs pas lui avoir demandé où est-ce que j'étais née.

    ÂGE :
    A ce jour, j'ai atteint l'âge de trente-trois ans. (huit-cent-six)

    SITUATION FAMILIALE :
    Je n'ai plus de famille connue. Ma mère est morte depuis plusieurs année d'une mauvaise fièvre, et je n'ai jamais eu de frère ou de soeur. Quant à mon père, je ne l'ai jamais connu et me considère donc comme sans père.

    ARMÉE :
    Comme dit plus haut, je ne rejoins aucune armée. Je suis neutre ! Na nananère !


    Me and Myslef


    Caractère :
    Patiente – Tenace – Imaginative – Réfléchie – Organisée – Minutieuse – Discrète – Silencieuse – Indomptable – Perfectionniste
    Cette petite liste de qualités n'est qu'un petit échantillon de ce qu'est mon caractère, mais non les moindres. En effet, de part la profession que j'exerce à mes heures perdues, je suis capable d'adopter pratiquement n'importe quel trait de caractère, avec bien sûr, un bonne dose de préparation pour ne pas commettre d'impair. Je suis minutieuse, organisée et perfectionniste, car pour les quelques missions que j'effectue, il ne faut pas qu'il y ait la moindre faille dans le rôle que j'endosserais, tant au niveau de l'apparence que du caractère du personnage. Et pour créer ces personnages d'un moment, il me faut de l'imagination également, ce que j'ai à revendre. Je ne tiens pas à exagérer mes capacités, mais il est vrai que dans ce qui concerne l'invention de personnage, je suis assez douée dans mon genre. J'ai également la patience qu'il faut pour parvenir à créer un personnage qui prendra vie à un moment, que ce soit lors d'une simple soirée ou pour une durée plus longue comme plusieurs mois, voire plusieurs années. Voilà ce qui clos la partie de ces qualités de préparation.
    Pour le reste, ce sera plutôt lorsque j'effectuerais des contrats, car je n'ai pas de supérieur comme dans une armée. Je vends simplement mes services d'assassins à ceux qui peuvent se les payer. Une fois que j'ai endossée le rôle d'une personne, je fais tout ce que je peux pour aller au bout de mon contrat. Je suis tenace à un tel point que j'échoue rarement. Évidemment, ça m'est déjà arrivé d'échouer à remplir un contrat, je ne suis pas sans défaut. Je peux commettre des erreurs, comme tout le monde. Je suis d'une discrétion hors du commun et est capable de me déplacer en silence quand les circonstances l'exigent, comme lorsque je dois m'introduire par effraction pour dérober un objet ou tuer quelqu'un.
    La façon dont j'ai décrit ces traits de caractères, cela ressemble plus à des qualités qu'à des défauts. Mais mettez-vous à ma place et vous comprendrez que ce n'est pas toujours le cas. Par exemple, la ténacité dont je fais preuve peut se retourner contre moi, car voulant à toute force exécuter mon contrat, je me retrouve dans des situations impossibles. Je peux me faire capturer ou pire, mais pour l'instant, je m'en suis toujours sortie (sinon, je ne serais plus là pour vous en parler ^^). Je reviens au cas précédent de la capture pour vous parlez d'un trait de caractère qui peut être autant une qualité qu'un défaut. Je suis quelqu'un qui ne se laisse pas faire, indomptable comme un animal sauvage. Donc, dans le cas où je me ferais capturer, mon contractant pourra être confiant, car jamais je ne révèle de secrets à leur sujet. Pas si je désire être payée quand je les reverrais. De même, je ne resterais jamais sagement assise dans ces cas-là et chercherait toujours à m'échapper d'une manière ou d'un autre.
    Voilà, j'espère que vous arrivez à cerner mon caractère, car moi je n'ai plus rien à vous dire à ce sujet.


    Physique :
    Vous voulez savoir à quoi je ressemble ? Quand ? J'ai pas mal de déguisements et d'apparences dans mon répertoire. Ce n'est pas pour rien qu'on me surnomme Le Caméléon… Hein ? Ah, vous voulez savoir ma véritable apparence, quand je suis moi-même… Bon, si vous y tenez…Je suis quelqu'un d'apparence quelconque, du genre qu'on oublie aussitôt qu'on l'a vu. Du moins, pour ceux qui n'ont pas besoin de mes services, nocturnes ou non. Je ne suis pas spécialement grande, mais pas petite non plus et j'ai une corpulence normale. En fait, je n'y fait pas vraiment attention. Je suis comme je suis et je ne peux rien faire de plus. C'est d'ailleurs l'un des seuls aspects que je ne modifie jamais lorsque je me déguise, magiquement ou pas. J'ai des cheveux bruns qui cascadent dans mon dos en ondulant, s'arrêtant tout de même un peu au-dessous de mes épaules. Je les laisse libres la plupart du temps, mais lorsque je travaille, ils sont d'office retenus par un lacet dans mon dos, afin qu'ils ne me dérange pas trop. J'ai des yeux gris, clair quand je suis de bonne humeur, foncé et presque noir dans le cas contraire et sont surmontés de sourcils fins de la même couleur que mes cheveux, c'est à dire bruns. Le teint de ma peau est blanc et légèrement halé.
    Du côté vestimentaire, eh bien, je m'habille comme tout le monde quand je ne suis pas occupée avec l'un de mes contrats. Une robe simple et résistante, très utile pour cultiver les plantes et concocter des potions curatives. Cependant, lors que je deviens Le Caméléon (car c'est presque devenue comme une seconde identité pour moi), je m'habille plutôt de vêtements pratique pour ces activités. Un pantalon et une tunique noirs, histoire de ne pas être vue par tout le monde dans la nuit. Pas la peine d'alerter tout le voisinage que le Caméléon est de sortie non plus.
    Ah au fait, vous-ai-je déjà dit d'où venait mon père avant qu'il n'abandonne ma mère ? Non ? Ah ben alors je vais le faire dès à présent, attention, ça risquerait d'être un choc : mon père était – est – un elfe. Ce qui fait que l'apparence que je montre à quiconque le veut, n'est pas ma véritable apparence non plus.


    Principales qualités & défauts :
    Eh bien comme je vous l'ai dit plus tôt dans mon caractère, j'ai plusieurs qualités, dont certaine peuvent s'avérer de regrettables défauts. Je ne vais pas répéter ce que j'ai déjà dit, mais je pourrais rajouter que je suis très douée dans la fabrication de potions pour soigner (j'occupe le métier d'herboriste quand je n'ai pas de contrat) et dans la confection de poisons en tout genre. En bref, je connais la plus grande partie des secrets des plantes, bénéfique ou non. De plus, je suis capable de me battre, bien que ce ne soit pas mon domaine préféré. Je suis capable d'utiliser n'importe quelle arme blanche, de la simple dague à la longue épée en passant par les armes de jets aussi. Mais je préfère de loin l'autre méthode, qui ne m'oblige pas à révéler qui je suis. Cela rajoute encore au mystère du Caméléon.

    Autre : 
    Oui, il y a autre chose. Je vous ai dis que je suis très douée pour plusieurs choses, dont tuer, mais je vous le dis tout de même, je ne suis pas la meilleure dans ce domaine. Je n'ai pas eu toutes ces connaissance en tétant le lait de ma mère. On me les a enseignée il y a plusieurs années et j'ai du travailler dur pour les mémoriser toutes. Tuer fait partie de la nature humaine, mais tuer proprement n'est pas un don inné. Souvenez-vous en.
    De plus, à cause d'un détestable souvenir, la magie qui coule dans mes veines est devenue comme erratique et ne répond pas toujours à mes appels. Cela dépend des situations, bien que je n'ai jamais pu déterminer les fois où elle agirait. Il se peut que ce soit dans une situation des plus critiques pour moi, ou dans des situations banales de la vie de tous les jours. Alors qu'en d'autres occasions, critiques ou non, elle ne répondrait pas à mes appels.





    Behind the computer



    (c) crédit
      PRENOM &/ou SURNOM : 

      CELEBRITE SUR L'AVATAR :
      Je suis incarnée par Eliza Dushku

      COMMENT AVEZ-VOUS DECOUVERT LE FORUM ?
      Hum, je ne sais plus trop. Trouver sur via un moteur de recherche... hum, non. Trouver sur un annuaire de forum... toujours pas. Rah je me souviens plus ! … … … Ah si, je me souviens, c'est une amie qui m'en a parlé. Daiya, merci encore une fois ^^

      PRÉSENCE SUR LE FORUM ?
      A vous d'en juger.

      CE DERNIER VOUS PLAIT-IL ?
      S'il ne me plaisait pas, je ne crois pas que je me serais inscrite, vous ne pensez pas ?

      CODE :
      Spoiler:
       


My life


Histoire :
La Vie peut être Cruelle, mais également Réserver quelques Surprises
    Tous deux se promenaient sur la grève. La nuit avait étendu ses ailes depuis longtemps et la lune brillait faiblement, créant des ombres un peu partout. Pour Solana, ç'avait été une magnifique soirée, romantique à souhait avec l'homme qu'elle aimait. Son compagnon, en revanche, était passablement nerveux et mal à l'aise. Oui, il avait apprécié à sa juste valeur la soirée qu'il avait organisé pour Solana, mais son but était surtout d'adoucir le choc qu'elle aurait quand elle entendrait ce qu'il avait à lui dire. Le silence s'éternisait entre eux. N'y tenant plus, Solana s'arrêta et tourna son compagnon vers elle avant de lui demander :

    • Que t'arrive-t-il ? Tu n'es pas comme d'habitude.
    • C'est si visible que ça ? demanda-t-il avec un petit rire. Excuse-moi, ce n'était pas drôle, ajouta-t-il en voyant l'air réprobateur de sa compagne.
    • Dis-moi ce que tu as, lui demanda-t-elle une nouvelle fois.

    Gêné d'avoir été si transparent, Lamyann passa sa main dans ses longs cheveux noirs. Comment dire qu'il avait l'intention de partir rejoindre son peuple en la laissant là ? Prenant son courage à deux mains, il dit :

    • Je pars !
    • Comment ça tu pars ? Où vas-tu? demanda-t-elle quand elle se fut remise de sa stupéfaction.
    • Mon peuple a besoin de moi... argua-t-il.
    • Ton peuple ? répéta-t-elle, incrédule. Tu as pourtant dis toi-même que tu faisais moins partie de ce peuple que moi ! Alors explique-moi pourquoi tu te soucies d'eux ? continua-t-elle d'une voix accusatrice.

    Solana n'arrivait pas à croire qu'il osait lui faire cela. Après tout ce temps passé ensemble. Après avoir vu fleurir et s'épanouir leur amour. Il l'a laissait comme ça, avec pour seule excuse que son peuple avait besoin de lui. C'était trop ! D'autant plus qu'elle aussi avait eu l'intention de lui annoncer une nouvelle. Mais avec toute cette histoire, elle l'avait complètement oublié.
    Lamyann, quant à lui, ne savait pas quoi répondre. Après tout, sa compagne n'avait pas tort. Il avait quitté les elfes depuis longtemps maintenant et ne se considérait plus vraiment comme l'un des leurs. Mais pourtant, malgré ce qu'il avait dit à ce sujet, il ne pouvait pas les laisser tomber. Les elfes, bien que combattant assez passivement contre l'Empire, avaient besoin de tous les combattants possibles. Voilà la véritable raison à son départ. Il en fit part à Solana, pensant la calmer, mais ne fit qu'attiser sa colère. Il tenta d'adoucir les émotions de sa compagne, mais ce n'était pas facile, Solana ne tenant pas vraiment à être calmée. Finalement, il lui dit que sa décision était prise et qu'il ne changerait pas d'avis. Il ajouta cependant qu'il l'aimait toujours et qu'il reviendrait dès que possible.

    • Si tu pars maintenant, ce ne sera pas la peine de revenir, cracha la jeune femme, rouge de colère, en lui tournant le dos.

    Blessé par les dernières paroles de Solana, Lamyann ne sut que répondre. Lentement, il se détourna et partit sans un mot.
    Solana resta immobile pendant un long moment, puis, n'entendant pas la réaction de l'elfe, se retourna pour découvrir qu'il était partit. Après les dures paroles qu'elle avait prononcé, Solana ne devrait pas s'en étonner, mais elle ne put s'en empêcher. Comprenant enfin qu'il était sortit de sa vie pour de bon, la jeune femme rentra chez elle en courant avant d'éclater en sanglots.


Mal et Remède
    Daile retourna aux côtés de sa mère. Cette dernière était très malade et la jeune femme n'arrivait pas à faire baisser la fièvre. Elle avait essayé tout ce que sa mère lui avait appris des plantes, mais aucun des remèdes qu'elle connaissait ne semblait avoir d'effets notables. Daile trempa un mouchoir dans l'eau de la cuvette et l'essora avant de le placer sur le front brûlant de sa mère. Désespérée, la jeune fille ne savait plus quoi faire pour tenter de guérir sa mère. Elle ne voulait pas qu'elle meure, elle avait encore besoin d'elle, même si avec les connaissances qu'elle avait déjà, elle pourrait reprendre l'herboristerie sans problème. Non, il devait y avoir encore quelque chose à tenter pour la sauver. Mais quoi ? Daile n'en avait pas la moindre idée.
    Elle entendit la porte de la boutique s'ouvrir, indiquant qu'un client venait d'entrer. Avec un léger soupir, Daile se leva pour aller accueillir la personne qui venait d'entrer. Passant dans la partie boutique de la bâtisse, elle afficha un sourire :

    • Bonjour, que puis-je pour vous ?

    L'homme se tourna vers elle alors qu'il était en train d'admirer les différentes plantes et les bocaux placés ça et là sur des étagères. Quand ce dernier vit Daile, il parut quelque peu surpris par sa jeunesse. Avant de pouvoir retenir ses paroles, il demanda :
    • Êtes-vous la propriétaire de cette boutique ?
    • Non, elle appartient à ma mère, répondit l'adolescente avec un petit sourire. Malheureusement, elle est malade pour l'instant et je m'occupe de la boutique en attendant son rétablissement. Ne vous inquiétez pas, j'en connais autant qu'elle sur les plantes.
    • Je vois.
    • Avez-vous besoin de quelque chose ? Demanda à nouveau Daile.

    Revenant un peu à l'instant présent, l'homme dressa une petite liste à la jeune femme, tandis que Daile récupérait chacun des articles sur les étagères. Quand elle eut tout réuni, Daile fit un rapide calcul et annonça le prix à l'homme, qui tendit ensuite les pièces à l'adolescente.

    • Merci de votre visite, dit Daile quand la transaction fut terminée. Passez une bonne journée.

    L'homme la salua et se dirigea vers la porte. Daile elle-même était sur le point de retourner auprès de sa mère quand l'homme lui demanda :

    • De quelle maladie est atteinte votre mère ?

    Surprise par la question, Daile envisagea de répondre que c'était quelque chose sans conséquence, mais, en repensant aux achats de l'inconnu, qui était peut-être comme elle, un herboriste, voir un vrai guérisseur. Finalement, elle opta pour la vérité.

    • J'avoue que je ne sais pas. Tout ce que je lui ai donné n'a eu aucun effet.

    L'homme resta silencieux un moment, avant de déclarer qu'il était lui-même versé dans la médecine. Peut-être pourrait-il l'aider ? Enfin, si la jeune femme était prête à accepter l'aide d'un inconnu. Daile ne pouvait croire à sa chance. Si cet homme était capable de guérir sa mère, que demanderait-il en échange ? L'offre était tentante, mais, sans savoir pourquoi, Daile hésitait. Pourtant, elle ne devrait pas, car elle voulait que sa mère se rétablisse. Finalement, la jeune adolescente prit sa décision. Quand la chance frappait à sa porte, il fallait toujours la saisir. Et c'était exactement dans ce genre de situation que se trouvait la jeune fille.
    Elle fit signe à l'homme, qui la suivit docilement jusqu'au chevet de la malade. Alors que Daile allait lui énumérer les différents symptômes et les remèdes qu'elle avait administré, l'homme lui intima le silence. Il entreprit d'examiner la mère de Daile, lui prenant le pouls, observant les yeux, vérifiant la respiration... Daile attendit qu'il se soit redressé avant de demander ses conclusions à l'homme.

    • Je crois que c'est votre jour de chance – à toutes les deux. Je pense être en mesure de soigner votre mère.

    Étonnée par la réponse positive, car Daile ne s'attendait pas à une tel coup de veine.

    • Vraiment ? Demanda l'adolescente.
    • Oui, cependant, je dois vous prévenir qu'il est peut-être déjà trop tard et que mon intervention a des chances de ne pas suffire.
    • Faites ce que vous pouvez, souffla Daile. Je ferais ce que vous voulez pour voir ma mère enfin guérie.

    Daile ne savait pas, en cet instant, que ses paroles seraient prise au pied de la lettre. Elle regarda l'homme s'approcher de la table, tirer des herbes et d'autres fournitures de son sac avant de commencer à préparer le remède qui guérirait sa mère. Il travaillait vite, avec l'aisance d'une longue expérience aux yeux de Daile. Cela, au moins, corroborait les dires de l'homme quand il disait être versé dans la médecine. La jeune fille reprit sa place aux côtés de sa mère et lui prit sa main dans les siennes.
    L'adolescente, perdue dans ses pensées, sursauta quand l'homme lui tendit un bol contenant le remède qui pourrait permettre à sa mère de guérir.

    • Faites-lui avaler ça et d'ici quelques jours, elle ira mieux, déclara-t-il.

    S'emparant du bol, Daile le remercia d'un signe de tête. Voyant qu'il allait s'en aller, la jeune femme le rappela :

    • Attendez ! Qu'attendez-vous en échange de ce service ?
    • Rien du tout, petite, ça m'a fait plaisir de vous aider.
    • Ma mère m'a dit de ne jamais accepter quelque chose sans donner de contrepartie.
    • Une sage philosophie, commenta l'homme. Eh bien, si tu tiens tellement à donner quelque chose en contrepartie, je suis à la recherche de quelqu'un à qui transmettre mes connaissances. Si ça peut t'intéresser... surtout avec ton savoir sur les plantes, ça pourrait t'être utile. Qu'en penses-tu ?

    Daile hésita. Elle ne pensait pas à ce genre de contrepartie. Voyant son hésitation, l'inconnu ajouta qu'il resterait ici quelques temps encore et qu'elle pourrait y réfléchir autant qu'elle voulait. La jeune adolescente parut soulager, car une tel décision n'était pas à prendre à la légère.

    • Je reviendrais dans un mois pour entendre ton choix. D'ici-là, réfléchis et parles-en avec ta mère quand elle ira mieux.

    Daile hocha la tête pour marquer son assentiment et laissa ensuite partir cet étrange homme. Puis elle retourna s'occuper de sa mère.
    Il fallu attendre plusieurs jours avant que la mère de Daile ne sorte enfin du coma dans lequel elle était plongée. Quand elle se réveilla, Daile était endormie à ses côtés et sa mère parut surprise de sa présence.

    • Daile ? Que fais-tu ici ?

    Réveillée par la voix de sa mère, la jeune fille ouvrit les yeux. Il lui fallu un moment avant de se rendre compte qu'enfin, sa mère était consciente.

    • Mère ! Tu te réveilles enfin ! S'exclama-t-elle, puis voyant l'air perplexe que lui jetait sa mère, elle ajouta : Tu étais malade depuis plusieurs jours.
    • Vraiment?

    La mère de Daile sembla étonnée par cette affirmation, mais il est vrai qu'elle se sentait très faible sans savoir pourquoi. Elle demanda donc à sa fille de lui raconter ce qu'elle avait manqué. Daile s'exécuta, racontant la maladie de sa mère, et les différents remèdes qu'elle avait essayé, sans succès.

    • Quel remède as-tu utilisé pour me guérir dans ce cas. Il semble que tu as essayé tout ce que tu connaissais, questionna sa mère.

    La jeune fille hésita. Elle ne voulait pas révéler tout de suite que ce n'était pas elle qui avait trouver le remède, qu'elle s'en était remis à un parfait inconnu pour lui sauver la vie. Mais sa mère insistait, malgré les réticences de Daile. Alors celle-ci se résolu à tout révéler. Elle lui parla de l'homme venu pour acheter des herbes, et de tout ce qui s'était déroulé ensuite, omettant volontairement la proposition qu'il lui avait fait en contrepartie de ses services. Sa mère, en revanche, pensa tout de suite à ce détail et demanda ce qu'elle avait offert en compensation du travail et du savoir de l'inconnu. Pour l'instant, elle voulait connaître tous les détails, après seulement viendrait le sermon.

    • Il m'a proposé de devenir son élève, avoua Daile d'une toute petite voix. Il est à la recherche d'un ou d'une apprenti(e). Il dit qu'il reviendra dans un mois – trois semaines maintenant – pour connaître ma décision.
    • Donc, tu n'as pas accepté si j'ai bien compris ? demanda sa mère.

    Daile acquiesça d'un signe de tête. Epuisée, la malade se laissa retomber dans ses oreillers. Que pouvait-elle faire pour l'instant pour améliorer la situation ? Non, elle ne devait pas y penser maintenant. Regardant à nouveau sa fille, elle se demanda ce qu'elle pourrait dire pour la rassurer. Après tout, elle avait fait ce qu'elle avait pu pour sauver sa seule famille.

    • Nous en reparlerons plus tard si tu veux bien Daile, je suis un peu fatiguée.

    Encore une fois, la jeune fille acquiesça, puis se leva et laissa sa mère seule afin qu'elle puisse se reposer. Elle s'en voulait de la situation dans laquelle elle les avait mis toutes les deux. Comment faire pour qu'elle puisse rester ensemble, sans que rien ne change ? Alors qu'elle s'approchait de la porte, elle entendit sa mère qui lui disait :

    • Je ne t'en veux pas, ma fille.


Départ
    Un mois était passé depuis l'intervention de l'homme pour sauver la mère de Daile. Celui-ci était revenu, comme il l'avait prédit. Il a dit être venu ici dans le but d'entendre la décision de la jeune fille, laissant entendre qu'elle pouvait refuser, mais il avait contre elle un atout qu'elle ne connaissait pas. Il savait qu'elle viendrait avec lui, et ce, qu'elle le veuille ou non. IL avait d'ailleurs déjà tout prévu pour le voyage du retour. Il avait déjà fait l'acquisition d'une vieille jument pour la jeune fille.
    De leur côté, la mère et la fille en avait discuté longuement ensemble. Elles avaient décidé de décliner la proposition de l'homme, arguant que la mère avait besoin de l'aide de sa fille. C'est avec cette idée en tête qu'elles accueillirent leur visiteur.

    • Bonjour, dit l'homme en entrant. Je suis heureux de constater que vous allez mieux, Dame...
    • Solana, répondit la mère de Daile. Je vous remercie de votre aide si précieuse, messire....
    • Marev.

    Marev s'inclina devant les deux femmes. Quand il se redressa, il entra directement dans le vif du sujet.

    • Alors gente demoiselle, avez-vous pris votre décision concernant ma proposition?
    • Oui, messire Marev. Je regrette de ne pouvoir accepter. Ma mère n'est pas encore entièrement remise et a toujours besoin de mon aide. Je regrette vraiment, car ce je ne doute pas que ce serait une très bonne opportunité pour moi d'enrichir mes connaissances.

    Marev soupira. Il avait espéré ne pas être obligé d'avoir recours à cela, mais il se trouvait qu'il n'avait plus le choix.

    • J'en suis vraiment navré, croyez-moi. Surtout quand on pense que vous aviez déclaré faire n'importe quoi pour voir votre mère guérie.

    Le visage de Daile se décomposa en un clin d’œil. Elle se souvenait parfaitement avoir prononcer des mots semblables un mois auparavant. Elle vit sa mère se tourner vers elle et ne sut comment réagir face à tout cela. Solana n'eut pas besoin de poser la question qui lui brûlait les lèvres, car la réponse était visible sur le visage de sa fille.

    • Oh Daile ! soupira sa mère.

    Se reprenant, la jeune fille prit un air déterminé. Elle n'avait pas la moindre intention de quitter sa mère pour partir elle ne savait où. Elle resterait avec elle et l'aiderait dans la vie de tous les jours, comme elle l'a toujours fait depuis qu'elle en est capable. Et elle avait bien l'intention de le faire comprendre à cet individu !

    • Veuillez me pardonnez, mais je ne désire pas vous accompagner. Lorsque j'ai prononcé ces mots, j'étais désespérée de ne pouvoir guérir ma mère et je ne m'attendais pas à ce que vous réussissiez!
    • Daile! s'exclama Solana. Se tournant vers leur invité, elle s'excusa : Veuillez la pardonner. Pouvez-vous nous accorder un moment s'il vous plaît ?

    Marev s'inclina, acceptant de ce fait la requête de la mère. Cette dernière prit sa fille par les épaules et l'emmena derrière, où elle et sa fille aurait une petite discussion. Elle ne vit pas le petit sourire qu'affichait Marev quand elle eut tourné le dos.

    • Daile, quelle est cette façon de parler. Je ne me souviens pas te l'avoir enseigner, je me trompe?
    • Mais Mère...
    • Il n'y a pas de 'mais' ! coupa Solana, puis se radoucissant, elle ajouta : Daile, tu as prononcé ces paroles, n'est-ce pas?
    • Oui, mais...
    • Sais-tu ce qu'elles signifient?
    • Oui, mais...
    • Alors, il n'y a pas à discuter ! Ces paroles que tu as prononcé sont comme une promesse faite à quelqu'un d'autre. Est-ce que tu trahirais une promesse faites à quelqu'un? demanda la mère de Daile.
    • Non Mère, répondit la jeune fille en baissant les yeux.

    Sa mère venait de lui faire savoir qu'elle n'avait plus le choix. Ces paroles irréfléchies venait de sceller son avenir, et peut-être même son destin. Solana serra Daile dans ses bras pour la réconforter quelque peu, même si c'était impossible. La jeune fille n'était plus libre et allait être obligée de quitter sa mère pour un nombre indéfini d'années. Car il était impensable que cela dure moins d'une année. Un apprentissage durait souvent de très nombreuses années.

    • Va préparer tes affaires. Je vais faire patienter Messire Marev.

    Daile acquiesça et se leva comme une automate, coupée de la réalité. Elle repensait à la scène qui venait de se dérouler entre sa mère et elle. La jeune femme avait l'impression d'avoir été trahie, que sa mère avait profité de l'occasion pour qu'elle s'en aille. Mais Daile refusait de penser à sa mère de cette manière. Celle-ci l'aimait plus que tout et ne pouvait pas songer à cela. Ce qu'elle avait du faire, elle l'avait sûrement fait à contrecœur, sachant que sa fille ne reviendrait pas avant très longtemps, voire qu'elle ne la reverrait peut-être plus jamais.
    Après avoir récupérer quelques vêtements de rechange, et d'autre menus objets qui serraient probablement utiles, la jeune femme rejoignit sa mère et son futur maître, puisque tel serait son statut envers elle dorénavant. Quand elle apparut, le silence se fit plus lourd entre les deux adultes, sa mère s'en étant visiblement tenu au strict minimum de la conversation. Après tout, comment pourrait-elle converser normalement avec l'homme qui lui arrachait sa fille ? Solana s'approcha de sa fille et la serra dans ses bras, lui souhaitant un prompt retour. Daile lui promit de revenir le plus vite possible.
    Les adieux terminés, la jeune femme se tourna vers l'homme qui était désormais son maître. Ce dernier ne prononça pas un mot et se contenta d'un hochement de tête pour saluer la mère de Daile, puis sortit de la boutique. Daile regarda une dernière fois sa mère, puis, suivit l'homme à contrecœur. A l'extérieur, la jeune femme suivit Marev le long de la rue principale, dans laquelle donnait la boutique de sa mère, jusqu'à une écurie. Restant en retrait, Daile observa son maître parlementer avec le palefrenier, puis ce dernier partir quelques instants pour revenir avec deux chevaux sellés. L'un d'eux était un magnifique étalon à la robe blanche, tandis que l'autre était une vieille jument à la robe baie. Daile n'eut aucun doute au sujet de qui monterait quel animal. Maître Marev s'empara des rênes de l'étalon et fit signe à Daile de prendre ceux de la jument. Celle-ci semblait réticente au fait que la jeune femme s'approche d'elle, sans parler de monter sur son dos. Pour la rassurer, Daile lui flatta l'encolure, ce qui n'eut pas grand effet. La jument avait un caractère assez rétif et Daile devrait batailler ferme pour se faire obéir.
    Quand elle parvint enfin à se mettre en selle, car elle n'avait certes pas l'habitude de monter à cheval, elle vit que son maître l'attendait impatiemment. D'un mouvement, il mit sa monture en marche et Daile se résigna à le suivre. La jument suivit l'étalon sans rechigner, se lançant même dans un petit trot pour le rattraper plus vite, avant d'avancer au même rythme. Daile la laissa faire, de toute façon elle n'avait pas le choix.


Apprentissage Forcé
    Le voyage vers la résidence de Maître Marev – et accessoirement le lieu d'apprentissage de Daile – dura un peu plus d'une semaine. Durant ce laps de temps, le maître entreprit de découvrir les connaissances de son élève, posant des questions et Daile y répondant de manière laconique. Pendant tout le trajet, Daile desserra à peine les lèvres en dehors des questions de son maître.
    Approchant de son terme, le trajet les mena jusqu'à une grande ville animée, où il faisait probablement bon vivre tant qu'on s'occupait de ses affaires. Et pour contrebalancer cela, il y avait le château. Il était bâti avec du marbre de toutes les couleurs imaginable pour ce matériau. Mais l'impression qui s'en dégageait n'était pas des plus accueillante. Malgré l'apparente richesse du seigneur des lieux, l'endroit paraissait terne et donnait des frissons à quiconque possédant une certaine sensibilité.
    Entrant dans la ville, les deux voyageurs remontèrent la rue principale qui s'ouvrait devant eux. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, les demeures bordant la rue devenait de plus en plus belles et grandes, pour ne pas dire imposantes. Pour Daile, c'était une première. Jamais elle n'avait approché ce genre d'habitation, ni même rêvé. Où donc l'emmenait Marev ? Vivait-il dans l'une des ces magnifiques demeures ou l'emmenait-il au palais carrément ? La réponse vint d'elle même quand Marev fit obliquer sa monture dans une rue latérale. Sans pouvoir en expliquer la raison la jeune femme parut soulager que son maître ne l'emmène pas dans le château. Elle n'y aurait pas été à sa place, selon elle et le simple fait de savoir où elle se trouvait aurait entravé ses capacités d'apprentissage.
    La destination été une très belle construction aux yeux de Daile, mais comparée aux autres alentour, elle lui trouvait un air bien plus modeste. Marev l’entraîna jusqu'à des écuries où ils pourraient confier leurs montures aux bons soins d'un palefrenier. Ce dernier accourut quand il vit que son maître était de retour. Laissant la jument aux bons soins du lad, Daile prit ses affaires et suivit en silence Marev. Ce dernier prit la direction de l'entrée et fut chaleureusement accueilli par une petite fille d'environ onze ans. Celle-ci était très belle avec ces longs cheveux blonds et ses yeux bleus. Daile les regarda s'étreindre en restant en retrait. Elle se sentait déplacée dans ce genre lieu, si loin de ce qu'elle connaissait et avait l'habitude.
    Elle fit tirée de ses pensées quand la petite fille lui tapota l'épaule.

    • Tiens, Grand-père dit que tu dois mettre ça, dit la petite fille en lui tendant un anneau de métal.
    • Qu'est-ce que c'est? demanda Daile.
    • Ca se voit pas ? C'est un collier. Tu dois le mettre, ordre de Grand-père.

    Daile prit le collier de métal entre ses mains et le regarda un moment. Allait-elle vraiment porter ce collier ? Ou oserait-elle refuser d'arborer une marque aussi évidente d'esclavage ? Non, elle ne se rebellerait probablement pas. A coup sur, ce serait le meilleur moyen pour ne pas revoir rapidement sa mère qui attendait son prompt retour. Ouvrant le collier, la jeune femme le plaça autour de son cou. Le contact froid du métal contre son cou la fit frisonner. Quand il fut refermé, Daile entendit la fillette murmurer avant de partir rejoindre son grand-père. Elle entendit l'exclamation qu'elle dit :

    • Dis, tu l'as trouvé où, celle-là?
    • Qu'est-ce que tu veux dire, Neelia?
    • Viens voir.

    Marev revint dans le hall, précédée de Neelia et regarda Daile. Il parut surpris un court moment, puis parvint à masquer son étonnement. Un petit sourire apparut sur son visage et Daile se demanda ce qu'il pouvait bien signifier.

    • Rappelles-moi qui était ton père? demanda-t-il.

    Surprise par la question, Daile mit un peu de temps à répondre. Finalement, elle répondit qu'elle ne le connaissait pas. Il avait quitter sa mère bien avant sa naissance. Elle ne put s'empêcher de demander ensuite pourquoi il désirait savoir cela, mais n'eut évidemment aucune réponse. Marev se tourna vers sa petite-fille et lui demanda d'emmener leur invitée dans sa chambre. L’entraînement débutant le lendemain, Daile devait être reposée et prête à travailler.
    Parvenue dans la chambre où elle logerait désormais, Neelia laissait Daile seule. Celle-ci resta un long moment sans bouger, debout derrière la porte. Finalement, elle se décida à s'installer. Quand elle passa devant une glace, elle s'arrêta net en voyant son reflet. Son image n'était si différente que d'ordinaire, mais on voyait de très nettes différences quand même. En particulier au niveau de ses yeux. Leur couleur grise n'avait pas changé, mais leur forme était maintenant très légèrement en amande. Son visage paraissait plus gracieux qu'avant et si elle dégageait ses oreilles, elle savait qu'elle les verrait un peu plus effilées que d'habitude. Ainsi, voilà la raison qui avait poussé son maître à lui demander qui était son père. Mais elle n'avait pas menti. Elle ne connaissait pas son père. Tout ce qu'elle savait, c'était sa mère qui le lui avait dit. Son père était un elfe et Solana, quand elle eut remarqué l'apparence nettement différente de sa fille, lui avait appris les quelques mots d'ancien langage dont elle se souvenait depuis sa vie avec Lamyann, et dont ce dernier se servait pour passer inaperçu au milieu des humains. Heureusement, dans les veines de la jeune femme coulait un filet de magie, ce qui lui avait permis, après s'être longtemps exercée, à masquer son apparence magiquement.

    ***

    Les jours et mois qui suivirent furent très durs pour Daile. Elle devait se lever très tôt et souvent, elle n'avait la permission de se coucher que très tard. Elle s'était très vite rendue compte que ce que lui enseignerait Marev n'était pas ce à quoi elle s'attendait, soit d'autre technique pour fabriquer des remèdes et pour soigner les gens. C'était bien tout le contraire. Il lui apprenait, non pas à préserver la vie, mais à la prendre, de toutes les manières possible. Elle dut apprendre à fabriquer des poisons à partir de plantes ou de venins d'animaux, à maîtriser n'importe quelle arme et à se déguiser afin de se fondre dans l'environnement. Ayant déduit de son apparence son lien avec le peuple des elfes, Marev l'initia également à l'ancien langage, lui permettant par là d'utiliser son don magique.


Mission d'Entrainement
    Sans qu'elle s'en rende vraiment compte, deux ans s'étaient écoulés depuis que Daile avait été séparée de sa mère et elle n'avait malheureusement pas souvent le temps de penser à elle. Le soir, elle était bien trop fatiguée pour penser à quoi que ce soit. L’entraînement était rigoureux et ça ne s'arrangea pas quand Daile fut enfin parvenue à retenir tous les petits détails. A la théorie se rajouta la pratique. Maintenant, elle devait effectuer également diverses missions que lui imposait son maître.
    Un jour, son maître lui indiqua une nouvelle mission d’entraînement qu'elle devait effectuer. Il s'agissait d'aller récupérer un document important chez un noble de la ville. Comme à l'accoutumé, il ne lui indiqua que les détails importants de l'exercice qu'il lui confiait. Depuis longtemps, Daile ne rechignait plus face aux actes que son maître la forçait à accomplir, même si elle évitait de donner la mort dès qu'elle le pouvait. Pour l'instant, elle s'en était toujours sortie indemne, mais elle se doutait qu'un jour, la chance pourrait tourner.
    Le soir venu, la jeune femme partit pour accomplir sa mission. Vêtue d'habits discrets et qui se fondaient à merveilles dans les ombres de la nuit, Daile rejoignit la maison où elle devait récupérer le fameux document. Elle resta un moment à observer la demeure, mémorisant les tours de gardes des soldats qui protégeaient le domaine. Quand elle fut sûre de pouvoir entrer et sortir sans se faire remarquer, la jeune voleuse se mit en mouvement. Entrer, comme elle l'avait deviné, ne fut pas un problème. Elle se rendit dans la pièce où elle pensait trouver ce qu'elle cherchait. Quand elle y arriva, elle comprit que trouver ce document ne serait pas aussi facile qu'elle l'avait d'abord pensé, mais ça ne l'arrêta pas. En silence, elle se mit à fouiller les lieux. Combien de temps elle passa ainsi, elle ne saurait le dire elle-même. Quand elle parvint enfin à trouver ce fameux document, elle sourit. Mais elle n'eut pas le temps de savourer son succès qu'un homme entra dans la pièce. Ce dernier se figea quand il surprit la voleuse, puis, sans prévenir, se mit à appeler les gardes. Ces derniers ne tardèrent pas à investir la pièce et Daile n'avait malheureusement pas réagi assez vite pour pouvoir s'enfuir.
    Très calme, la jeune femme regarda autour d'elle pour trouver une issue, tandis que les soldats l'encerclaient. Elle observa tout cela d'un air absent. Elle se rendit à l'évidence, elle devrait forcer le passage si elle voulait s'en sortir.

    • Eh bien, qu'avons-nous là ? Une jeune voleuse ? ricana le soldat qui semblait être le chef. Bien, maintenant, tu vas poser ce document sur la table et nous suivre gentiment.

    Daile le regarda sans prononcer un mot. Elle posa le document sur la table, comme on le lui demandait, avant de se tourner de nouveau face au capitaine. Elle porta la main vers l'une des armes qu'elle portait, une dague, et passa les doigts sur son pommeau. La dédaignant, elle refit le même manège avec une autre dague, parut satisfaite et la dégaina. Laissant pendre son bras le long de son corps, elle attendit patiemment la suite des événements. Pour une mission si insignifiante, Daile n'avait pas jugé utile de se munir de toutes ses armes, ce qui faisait qu'elle ne portait que ces deux dagues spéciales. Celle qu'elle tenait en revanche était spéciale. C'était une petite idée à elle, car jamais son maître ne lui avait parlé d'une telle arme.
    De loin, elle ressemblait à une dague quelconque, mais si on regardait bien, on pouvait voir que la lame était différente. Elle était creusée en son cœur d'un très fin capillaire permettant d'administrer un poison – stocké dans la garde – en effectuant une simple entaille sans gravité. Elle avait amélioré un peu le système, qui sinon, ne fonctionnait qu'en piquant la victime. Rajoutant d'autres canaux dans la lame qui se déversaient sur les côtés, ils permettaient ainsi, quelle que soit la blessure infligée, d'empoisonner la victime sans que celle-ci s'en rende compte. L'unique différence, c'est que cette dague-ci ne contenait pas de poison, juste une substance somnifère. Malgré ce que pouvait penser son maître, Daile refusait de tuer dès que c'était possible.
    Voyant ce qu'elle faisait, le capitaine ordonna à ses hommes de se saisir d'elle. Très calme, la jeune femme attendit que ses adversaires s'approche suffisamment pour qu'elle les mette hors d'état de nuire – provisoirement. Le combat dura un moment, la jeune femme tenant facilement position contre toute attente. Mais les soldats étaient nombreux – sans doute que des hommes du palais avaient du se joindre à ceux défendant la propriété – et elle n'avait qu'une quantité limitée de somnifère dans son arme. Au final, Daile se fit submerger et maîtriser. On la força à s'agenouiller devant les soldats, deux d'entre maintenant ses bras dans son dos. Elle tenta de se libérer de leur étreinte, mais ils la tenaient fermement, tandis qu'un de leur collègues la privait de ses dagues. Quand elle fut complètement désarmée, la jeune femme se calma. Elle avait compris qu'il ne servait à rien de résister, du moins pour l'instant, mais elle aurait peut-être une autre chance plus tard.
    La relevant sans ménagement, on lui lia les mains dans le dos, puis la tira hors de la propriété. La nuit était bien avancée à présent et le jour ne tarderait plus à venir. Sans relâcher leur vigilance, les soldats conduisirent la voleuse par les rues de la ville en direction du palais. Malheureusement pour eux, elle n'avait pas l'intention de rester en aussi pauvre compagnie. Cependant, elle ne repéra aucune occasion de s'enfuir et dut prendre son mal en patience. Ils arrivèrent finalement dans les cachots du palais où on l'a poussa sans ménagement à l'intérieur de l'un d'eux, sans même lui délier les mains, avant de refermer soigneusement le battant.
    Elle s'installa aussi confortablement que possible, compte tenu de ses mains liées. Combien de temps passa avant qu'elle n'entende de nouveau du bruit dans le couloir ? Elle ne saurait le dire, mais ce ne devait pas être très long selon elle. Un homme finit par venir la voir, probablement dans l'intention de l'interroger. Il la trouva assise tranquillement contre le mur à regarder dans le vide. Son arrivée n'avait pas l'air de gêner outre mesure la prisonnière. Il se racla la gorge, mais n'obtint pas davantage de résultats. Il attendit un moment, espérant qu'elle réagirait, et remarqua qu'elle avait toujours les mains attachées dans le dos. Sortant un couteau, il s'approcha de la prisonnière. Cette dernière le regarda, ou plutôt regarda la lame s'approcher d'elle. Elle ne craignait pas ce qui allait arriver et ne tenta pas de se soustraire à la poigne du soldat, quand il l'attrapa par l'épaule. Mais au contraire de ce qu'elle pensait, il ne fit que couper les liens qui la contraignaient. Surprise, elle ramena ses mains devant elle en frottant ses poignets pour y rétablir une circulation sanguine normale. Elle ne prononça pas un mot et se contenta juste de fixer son regard sur lui. Constatant qu'elle lui témoignait enfin un peu d'attention, il commença son interrogatoire en lui demandant pourquoi elle s'était introduite dans une demeure pour y dérober quelque chose. Mais la jeune femme ne daigna pas répondre. Pourquoi lui donnerait-elle la satisfaction de répondre tout de suite à ses questions ? Daile, elle, savait qu'elle ne resterait pas longtemps ici. Son maître avait consacré bien trop de temps à la former pour la laisser moisir ici. Pourtant, la jeune tueuse ne comptait pas trop sur le secours de son maître. Elle préférait ne compter que sur elle-même et sur ses capacités – les capacités qu'on lui avait enseigné contre son gré. Daile s'était à nouveau perdue dans ses pensées. Elle n'entendit pas le soldat répéter ses questions, presque inlassablement. Mais la jeune femme ne faisait plus du tout attention à lui. Elle réfléchissait à une manière de sortir de cet endroit.
    Le soldat s'impatientait. Finalement, il la secoua un peu, histoire de la tirer de sa rêverie. Ne se rendait-elle pas compte de sa situation ? Ne comprenait-elle pas qu'elle resterait peut-être enfermée dans ce cachot pour très longtemps ? Comment pouvait-elle être aussi détendue ? Aussi peu inquiète quant à son sort ? Cela dépassait l'entendement du garde. Tirée de sa rêverie, Daile regarda à nouveau le soldat et dit d'une voix innocente :

    • Pardon, vous avez dit quelque chose?

    Ne pouvant juger si elle se moquait de lui ou non, le soldat sortit l'une des des dagues de la jeune femme et demanda :

    • Que signifie le S et le P qui ornent sur vos armes ?
    • Sel et Poivre, supposa la voleuse avec un petit rire.
    • Est-ce que tu me prendrais pour un imbécile? demanda le soldat.
    • Oui.

    Renonçant, le soldat s'en alla, la laissant seule avec ses pensées. Daile savait qu'il reviendrait avec toujours les même questions. Il n'abandonnerait pas avant d'avoir eu les réponses qu'il voulait. Elle devrait trouver quelque chose pour qu'il laisse tomber jusqu'à ce qu'elle parvienne à s'échapper. Ce serait beaucoup plus facile maintenant qu'elle n'était plus entravée.
    Plusieurs jours passèrent, chacun ponctué par au moins une visite du soldat venu pour l'interroger. Jusqu'à présent, il était toujours repartit bredouille, voir avec encore plus de questions qu'en arrivant. Daile, à force de réfléchir toujours à la même chose, finit par imaginer un moyen de sortir de ce cachot. Et si ça se trouve, personne ne le remarquerait avant qu'on vienne à nouveau la déranger le lendemain. Néanmoins, hormis les visites des gardes, Daile se sentait presque mieux là où elle était actuellement que chez son maître, car au moins elle pouvait se reposer et n'était pas obligée de travailler ou elle ne savait quoi d'autre. Pour la première fois depuis deux ans, elle pouvait se reposer et penser à sa mère. Durant ces quelques jours, elle s'était souvent demandée comment elle allait et si elle s'en sortait toute seule avec la boutique. Qu'est-ce qu'elle aimerait la rejoindre. Hélas, elle ne pouvait pas tant qu'elle porterait ce fichu collier. Et tant que Maître Marev ne le déciderait pas, elle ne pourrait pas s'en débarrasser. Elle devrait songer à un moyen de se libérer, mais comment ?
    Du bruit dans le couloir annonçait la venue du l'homme pour l'interrogatoire. Elle ne s'était pas trompée, il était de nouveau là. Avec encore la même question aux lèvres. Question à laquelle Daile n'avait aucune envie de répondre. Soupirant, le soldat décida de changer de tactique.

    • Quel est cet étrange collier que tu portes? demanda-t-il.

    Daile tressaillit. Elle ne s'attendait certainement pas à une telle question. Elle regarda le soldat, mais comme à son habitude, ne répondit pas. Mais le soldat avait remarqué la réaction de la prisonnière. S'il parvenait à la déstabiliser suffisamment, peut-être obtiendrait-il enfin des réponses. Il continua sur sa lancée.

    • A-t-il une signification particulière pour toi?
    • Oui, souffla pour la première fois Daile.
    • Laquelle? demanda le soldat, sincèrement surpris d'avoir eu une vraie réponse.

    La jeune femme mit tellement longtemps avant de répondre que le soldat crut qu'il avait poussé sa chance trop loin.

    • L'esclavage... dit-elle enfin.

    Ce n'était certes pas le genre de réponse à laquelle il s'attendait. Du coup, c'est lui qui fut déstabilisé et non la prisonnière. Pendant un moment il resta silencieux. De son côté, Daile estima qu'elle en avait déjà trop dit et ne prononça plus un mot jusqu'à ce que l'homme décide de s'en aller. Au final, sa visite ne lui avait toujours pas apporté de réponses, seulement des questions supplémentaires.
    Pour Daile, les vacances avaient assez durées. Le soir venu, elle partirait. Elle avait assez profité de l'hospitalité de ces soldats. De plus, son maître risquait de venir la chercher d'un jour à l'autre. Donc il valait mieux pour elle de partir avant, car elle n'avait surtout pas envie de l'entendre parler de son échec.
    La nuit tombée, Daile se mit en action. Sans user de magie, car le collier ne le lui permettait pas, hormis pour cacher son apparence, la jeune femme parvint sans trop de problème à sortir. Avant de partir, elle voulait récupérer ses armes. Elle arpenta quelques couloirs à la recherche de ses affaires et malheur à ceux qui croisaient son chemin. Pour que l'alerte ne soit pas donné, elle n'avait pas le choix et devait neutraliser quiconque l'apercevait. Elle parvint, au bout de quelques instants, à récupérer ses armes. Enfin, elle prit la direction de la sortie. Là encore, aucun problème sérieux ne vint l'empêcher de partir. Toutes personnes croisées étaient assommées sans coup férir. Elle parvint assez vite dans les rues de la ville, mais avant de prendre la direction de la demeure de son maître, elle avait quelque chose à faire.
    La jeune femme prit la direction de la maison où se trouvait encore le fameux document, objet de sa mission. Comme la première fois, elle y entra sans problème, trouva ce qu'elle cherchait et allait partir quand elle entendit des voix murmurer de l'autre côté du mur. S'approchant silencieusement, elle entreprit d'écouter la conversation. Dès le début, elle reconnut la voix de son maître et l'autre devait être le propriétaire des lieux. Il semblait parler de chose sans importance et Daile allait s'en aller quand elle entendit que la discussion parlait d'elle.

    • Au fait, comment s'en sors ton apprentie?
    • Daile ? Oh ça va. En ce moment, elle doit encore être au palais. Je te remercie d'ailleurs de m'avoir aider pour ce coup, répondit son maître.Il va d'ailleurs falloir que j'aille la sortir de là.

    Daile n'entendit pas la suite. Son maître avait fait en sorte qu'elle soit arrêtée et emmenée au palais ! Pour quelle raison ? Une froide colère naquit en elle, mais elle se maîtrisa. Elle ne devait pas se faire remarquer, pas maintenant. Et puis, au final, elle n'avait pas entièrement détesté ce séjour. Une idée germa dans son esprit. Pendant que les deux hommes discutaient, la jeune voleuse retourna près du bureau, s'empara d'une plume, d'un encrier et d'un petit morceau de parchemin. Dessus, elle écrivit :

    Merci pour le séjour au palais !
    Récupérant ensuite le document qu'elle était venue chercher, elle le roula, glissant son petit mot à l'intérieur. Puis elle sortit de la demeure, revint quelque peu sur ses pas et attendit dans l'ombre. Elle avait compris que ce soir, son maître allait tenter de la faire sortir de la prison du palais, comme il l'avait sûrement prévu depuis le début. Elle n'avait qu'à attendre calmement son arrivée. Quand elle l'aperçut, un peu plus loin, Daile sortit de l'ombre et s'avança à la rencontre de son maître. En l'apercevant, ce dernier parut surpris de la voir. Elle s'arrêta un moment devant lui et lui remit le document, avant de continuer son chemin, laissant son maître planté là où il s'était arrêté.

    ***
    Pendant un moment, Marev ne bougea pas, trop surpris d'avoir croisé son apprentie alors qu'il la pensait encore enfermée au palais. Comment avait-elle réussi à sortir toute seule ? Se souvenant de ce qu'elle lui avait remis, il regarda le parchemin roulé. Il l'ouvrit, découvrant avec stupeur que c'était l'objet qu'elle était censée récupérer. Puis il s'avisa du petit morceau tomber lorsqu'il avait ouvert le rouleau. Il lut les six mots écrit dessus et eut un petit sourire. Il avait bien choisie son apprentie.


Dernière édition par Daile Akairosa le Lun 7 Nov - 12:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Daile Akairosa [Terminée]   Lun 7 Nov - 12:10

Retrouvailles
    Quatre nouvelles années passèrent depuis cette mission qui l'avait conduite en prison pour la première fois. Depuis, elle y avait fait d'autres séjours, toujours avec l'aide de son maître, mais sous divers déguisements. Certains n'avaient pas été agréables, car Daile avait eu droit aux délicates attentions des bourreaux, mais à chaque fois, elle était parvenue à s'échapper seule, comme la première fois et pareillement, elle finissait toujours la mission confiée par son maître. Elle ajoutait souvent un petit morceau de parchemin dans ces cas-là, ce qui ne manquait pas de plaire à Maître Marev. Pour lui, plus le temps passait, plus les événements lui confirmaient qu'il avait bien choisie son apprentie. Daile était quelqu'un de remarquable selon lui. Même dans les pires situations, elle était capable de s'en sortir. Jamais il n'avait eu besoin de l'aider quand elle était en difficultés. D'ailleurs, depuis son premier séjour au palais, elle aurait refusé toute aide de sa part, avant peut-être, mais plus maintenant.
    Pour l'heure, Daile se trouvait dans sa chambre, s'occupant comme elle le pouvait quand Neelia vint frapper à sa porte. Elle entra sans attendre la réponse de l'apprentie et lui transmit le message qui lui était destiné :

    • Grand-père veut te voir immédiatement.

    Daile hocha la tête pour signifier qu'elle avait bien entendu, puis se leva et suivit la jeune fille. Très vite, elles arrivèrent devant la porte menant au bureau du maître de Daile. Neelia frappa un coup, attendit la réponse, puis ouvrit :

    • Daile est là, dit-elle.

    Ayant obtenu une réponse, elle s'effaça pour laisser l'apprentie entrer et referma derrière elle. Maître Marev était occupé à écrire quelque chose. Daile ne prononça pas un mot jusqu'à ce que l'attention de son maître se reporte sur elle. Qu'aurait-elle dit de toute manière ? Le temps passait, mais son maître ne semblait pas encore décidé à lui expliquer la raison de sa convocation. Finalement, il releva la tête et riva son regard dans celui de son apprentie. Celle-ci ne réagit pas. Depuis longtemps, ce regard ne lui faisait plus rien. Elle se contenta d'attendre qu'il prenne la parole.

    • J'ai une nouvelle mission pour toi. Elle est sensiblement différente des précédentes, dit-il. Daile hocha la tête et son maître continua : J'ai entendu parler d'une personne cherchant quelqu'un comme nous pour apprendre notre métier à l'un de ses esclaves.
    • Vous voulez que je m'en charge ? demanda-t-elle, sincèrement surprise, car elle n'avait jamais imaginé que son maître voudrait qu'une autre personne qu'elle apprenne son art, et encore moins un esclave.
    • C'est exact !
    • Que voulez-vous que j'enseigne à cet esclave ?
    • Tout !
    • La magie aussi, maître ? Si cette personne en manifeste la capacité ?

    Son maître réfléchit un moment avant de répondre :

    • Non, pas la magie. Il ne faut pas qu'on retourne cet esclave contre nous, c'est clair?
    • Oui, maître, répondit Daile, déçue de ne pas avoir le droit à sa magie. Mais il y aura quand même un risque qu'on le retourne contre nous, non?

    Daile avait parlé avant de se rendre compte de ce qu'elle disait. Elle s'attendait à se faire réprimander – car ça ne méritait même pas une punition –, mais rien ne vint. Contre toute attente, son maître lui répondit, ce qu'il ne faisait jamais à la suite de telles questions de la part de son élève.

    • C'est vrai, il y a un risque. Mais je compte sur toi pour qu'il ne devienne pas réalité. Son maître se leva, vint se placer juste devant son apprentie et la regarda droit dans les yeux jusqu'à ce qu'elle acquiesce d'un signe de la tête. Pour cela, je te permettrais d'utiliser ta magie. Mais attention, n'en abuse pas, sinon, le collier que tu portes la neutralisera entièrement et tu ne pourra plus l'utiliser avant ton retour ici. C'est bien compris?
    • Oui, maître. Merci, maître, dit-elle avec une révérence.
    • Bien, va préparer tes affaires ! Tu partiras dès que tu seras prête!
    • Bien, maître Marev, répondit-elle, puis, après un instant d'hésitation, posa la question qui lui brûlait les lèvres : Maître, puis-je vous demander à quoi va servir cette mission ? Il ne me semble pas judicieux d'initier une tierce personne à notre art.

    Marev la regarda un moment. Il finit par lui dire que ce n'était pas ses affaires et qu'elle n'avait qu'à obéir à ses ordres. Il ne lui révéla que :

    • Applique-toi bien lors de cette mission. Et je veux que tu reviennes me faire un compte rendu sur l'évolution tous les six mois. Ne t'avise pas de manquer un seul de ces rendez-vous, pour quelque raison que ce soit. Suis-je bien clair?

    La jeune femme acquiesça et sortit de la pièce pour faire ce que lui avait ordonné son maître. Elle ne connaissait pas encore sa destination, mais elle savait très bien que son maître viendrait lui communiquer l'information avant son départ. De retour dans sa chambre, elle fourra dans un sac quelques vêtements de rechange, des ingrédients de poisons et des poisons tout prêts, des armes qu'elle maîtrisait à la perfection et bien d'autres choses. Puis elle changea de vêtements, avant de se figer d'un coup. Elle venait de penser à un détail qui pourrait peut-être l'aider. Pourrait-elle profiter de cet élève pour se libérer ? Une phrase de son maître lui revint en mémoire : "C'est vrai, il y a un risque. Mais je compte sur toi pour qu'il ne devienne pas réalité." Oserait-elle braver les ordres de son maître ? Peut-être, mais dans ce cas, il fallait que ça réussisse et que l'esclave en question parvienne à tuer Maître Marev au lieu d'elle. Serait-il capable d'accomplir une telle tâche ? Car il ne fallait pas oublier qu'en cas d'échec, Daile en pâtirait aussi, car Maître Marev saurait qu'elle avait fait son possible pour qu'il soit ciblé.
    Daile laissa ce détail de côté. Durant le voyage, elle aurait le temps d'y réfléchir sérieusement. Là, son maître l'attendait probablement et il faudrait mieux qu'elle ne traîne pas. De plus elle devait encore aller chercher des vivres. Quand elle eut réuni tout ce qu'il lui fallait, elle alla rejoindre son maître. Comme elle l'avait deviné, ce dernier l'attendait et il semblait assez mécontent de la longue attente.

    • Te voilà enfin, dit-il quand elle fut devant lui. La jeune femme baissa la tête sous la réprimande muette et attendit la suite. Bien, ta mission se déroulera à Dras-Leona. Cherche la demeure du Seigneur Servan. Tu lui donneras ceci et il t'indiquera qui sera ton élève. Il lui tendit une missive cachetée que l'apprentie s'empressa de ranger soigneusement.
    • Bien, maître
    • Si tout est clair pour toi, mets-toi en route immédiatement!

    Il n'ajouta rien de plus et s'en alla. Daile sortit et se dirigea vers les écuries. En arrivant, un palefrenier lui amena une monture sellée. Ce n'était pas celle qui l'avait amené ici six ans plus tôt. Peut-être que son maître pensait qu'il lui fallait une meilleure monture. Ce cheval-ci avait une robe grise et était plutôt docile. Elle remercia le lad et se mit en selle avant de se lancer dans un petit trot.

    ***
    Daile était partie depuis moins d'une heure quand son maître eut une visite imprévue. La mère de la jeune femme avait fait le déplacement jusqu'ici pour voir sa fille, avec laquelle elle n'avait plus eut de contacts depuis six ans. Délaissant son travail, il partit à la rencontre de son invitée, car visiblement, il ne pourrait pas faire autrement. Arrivée auprès d'elle, il la salua courtoisement. Solana lui rendit la pareille, puis demanda tout de suite à voir sa fille.

    • J'ai bien peur que vous arriviez un peu tard, elle vient de partir, répondit Marev.
    • Partir? répéta la femme, désemparée. Où pourrait-elle bien partir?

    Marev haussa les épaules, l'air de dire qu'il n'en savait rien, se retourna et appela :

    • Neelia ! Pourrais-tu venir s'il te plaît?
    • Oui Grand-père? demanda la jeune fille aux cheveux blonds lorsqu'elle arriva quelques instants plus tard.
    • Daile t'a-t-elle dit où elle allait? demanda Marev avec un regard lourd de sens sur la réponse que devait donner sa petite-fille.
    • Oui, elle me l'a dit. Pourquoi?
    • Dans ce cas, pourrais-tu la rattraper et lui dire de revenir?
    • Bien sûr.

    Marev parut satisfait et lui conseilla de prendre son cheval, car il était assez rapide pour parvenir à rattraper son apprentie. Pendant que Neelia courait vers les écuries, Marev se tourna à nouveau vers la mère de Daile et l'invita à la suivre à l'intérieur afin d'attendre que sa fille revienne, ce qui ne devrait pas être très long.
    De son côté, Neelia courut vers le box d'Avalanche, le magnifique étalon blanc de son Grand-père et le fit sortir de sa stalle. Sans prendre le temps de le seller, elle monta sur son dos et le fit sortir de la propriété aussi vite qu'elle l'osait sans risquer de blesser le bel animal. Une fois à l'extérieur de la ville, elle le lança au galop sur les traces de l'apprentie de Marev. Il lui fallut un bon moment avant de voir la jeune femme devant elle. Heureusement, elle avait suivit la piste qui menait directement à Dras-Leona, de sorte que la retrouver ne fut pas très difficile. Quand elle parvient à la rattraper, Daile parut surprise de la voir. Neelia ne s'embarrassa pas de préambule, comme à chaque fois et dit :

    • Grand-père veut que tu rentres tout de suite.
    • Pour quelle raison?
    • Je ne sais pas. Une femme est arrivée et veut te voir, c'est tout ce que je sais. Dépêches-toi maintenant si tu ne veux pas avoir d'ennuis!

    De plus en plus perplexe, Daile ne répliqua pas et fit simplement tourner sa monture. Neelia, elle, avait déjà fait repartir sa monture à un rythme plus modéré le temps que l'apprentie la rejoigne. Toutes lancèrent ensuite leur montures au galop, afin de rentrer le plus vite possible. Il ne leur fallu pas longtemps pour rallier la ville, puis la propriété de Marev. Laissant leurs montures aux bons soins d'un lad, Daile et Neelia entrèrent dans la maison. Maître Marev apparut bientôt devant elles et toisa d'un regard sévère son apprentie.

    • Vous vouliez me voir, maître? demanda Daile.
    • En effet. Devine qui vient te rendre visite ? Ta mère est venue. Elle a fait ce long voyage juste pour toi, répliqua son maître d'une voix doucereuse, qui ne laissait rien présager de bon.
    • Ma mère? croassa Daile, dont la gorge venait de se serrer d'un coup.
    • Oui. Je l'ai fait patienter dans ta chambre. Il se tut un moment et alors que Daile pensait qu'il n'ajouterait rien de plus, il dit : Je t'autorise à aller lui parler. Tu partiras pour ta mission demain. Daile hocha la tête. Je vais m'absenter pour le reste de la journée, et probablement pour la nuit entière. Demain, quand je rentrerais, elle devrait être sur le chemin du retour. Suis-je bien clair?
    • Oui, maître.
    • Si ce n'est pas le cas, je m'occuperais personnellement de ta mère. Au fait, pas un mot de ton apprentissage, bien entendu !

    Le visage de Daile perdit toutes couleur en entendant ces paroles. Elles sonnaient comme un glas, mais Daile ferait tout son possible pour qu'il ne la voit pas à son retour. Elle hocha la tête pour signifier qu'elle avait parfaitement compris, puis fut autorisée à rejoindre sa mère.
    La jeune femme prit la direction de sa chambre et hésita au moment d'entrer. Cela faisait six longues années qu'elle ne l'avait pas vu. Inspirant longuement, Daile se décida enfin et ouvrit la porte. Sa mère se leva de la chaise quand elle la vit. Elle n'avait pas changée. Un moment, Daile avait espéré qu'elle aurait changé autant qu'elle-même. Refermant la porte derrière elle, elle s'y adossa et attendit.

    • Daile? demanda sa mère, comme si elle ne parvenait pas à la reconnaître.
    • Oui, Mère, c'est bien moi.

    Solana se précipita alors dans les bras de sa fille. Cela brisa la glace et Daile serra sa mère dans ses bras. Chacune murmurait des paroles que l'autre ne comprenait probablement pas, mais qui étaient sensiblement identique. Quand elle se séparèrent enfin, les deux femmes souriaient. Même si elles ne pouvaient toujours pas être ensembles comme avant, elles s'étaient enfin retrouvées et cela allégeait beaucoup le poids qu'elles avaient chacun sur le cœur. La tenant par la main, Daile conduisit sa mère sur le lit où elles purent s'asseoir toutes les deux.

    • Comment vas-tu? demanda la mère de la jeune femme.
    • Ca va plutôt bien, mais ça irait encore mieux si nous pouvions rentrer ensemble. Et toi, tu t'en sors avec la boutique?
    • Ca va oui, quelqu'un m'aide, comme tu le faisais avant.

    Cette nouvelle blessa Daile plus qu'elle ne le montra. Bien sûr, elle voulait que sa mère s'en sorte avec la boutique, mais s'en occuper seule était une lourde responsabilité et il n'était pas étonnant qu'elle ait demandé de l'aide à quelqu'un pour remplacer sa fille. Elle finit par déclarer que cela lui faisait plaisir, mais ses paroles sonnèrent faux et sa mère s'en rendit compte. Heureusement, elle ne s’appesantit pas dessus et demanda plutôt :

    • Et comment se passe ton apprentissage ? Raconte-moi ce que tu as appris.

    La question que redoutait Daile. Comment lui répondre sans révéler la véritable nature de ses leçons ? Lâchant les mains de sa mère, elle se détourna. Elle souffla :

    • Je suis désolée, je ne peux pas.
    • Pourquoi?
    • Maître Marev ma interdit de t'en parler.
    • Il n'en saura rien! assura Solana.
    • Tu ne le connais pas aussi bien que moi. Crois-moi, il saura que j'ai parlé.

    Solana ne put rien dire pour nier cette affirmation et se contenta de regarder le dos de sa fille. Elle avait changée, beaucoup. C'est alors qu'elle remarqua l'anneau de fer qui enserrait le cou de Daile. Elle demanda ce qu'était cet affreux collier qu'elle portait, mais l'apprentie secoua la tête, des larmes perlant aux coins de ses yeux. Elle ne pouvait pas... elle ne pouvait pas révéler quelle vie elle menait désormais, ni même ce que signifiait le collier et à quoi il servait. Elle ne pouvait rien dire, rien faire pour combler le vide de ces six années qui s'était creusé entre sa mère et elle. Le silence s'installa entre les deux femmes. Rien ne semblait pouvoir le briser. Solana posa une main sur l'épaule de sa fille.

    • Regarde-moi, dit-elle d'une voix douce. Voyant que Daile n'obéissait pas, elle répéta d'un ton plus ferme : Regarde-moi Daile!

    La jeune femme fit ce qu'on lui demandait. Son visage était baigné de larmes. Atterrée à l'idée de ne pas connaître les tourments que vivait sa fille, Solana la prit dans ses bras et la jeune fille se laissa aller à ses larmes. Quand elle se lâchèrent enfin, les larmes de Daile s'étaient taries. Ce moment difficile passé, l'atmosphère s'allégea considérablement. Au lieu de parler de ce qu'elles avaient fait au cours de ces dernières années, elles évoquèrent plutôt le temps qu'elle avait passé ensemble. Le reste de la journée se passa ainsi. Daile se serait cru revenue chez elle, mais elle savait bien que ce n'était qu'un sentiment éphémère, qu'il ne durerait pas. Elle savait qu'elle devrait quitter sa mère le lendemain, au risque de la perdre pour toujours. Pour cette raison, elle savourait chaque minute passée en compagnie de cette femme qui l'avait élevé.
    Le lendemain matin, Daile était déjà debout quand sa mère émergea du sommeil. Il était encore tôt remarqua Solana et pourtant sa fille était déjà bien réveillée. Elle ne posa pas de question et se contenta d'observer sa fille, espérant glaner quelques indices sur son apprentissage. Mais rien de ce que faisait Daile ne permettait de lever le voile qui pesait sur ce mystère. Quand elle s'avisa que sa mère était éveillée, Daile la salua avant de ranger ses affaires. Les dernières heures filèrent et Daile se rendit compte que l'heure était venue pour sa mère de rentrer. Quand elle le lui dit, sa mère s'étonna.

    • Pourquoi devrais-je partir maintenant que je t'ai retrouvé?
    • S'il te plaît, ne cherche pas à comprendre, gémit la jeune femme. Tu dois partir maintenant ! Fais-moi confiance.
    • Soit, si c'est ce que tu veux...
    • Pas ce que je veux, ce qu'Il veut, murmura Daile.

    Si sa mère entendit ces mots, elle n'en montra rien. Elle se contenta de rassembler ses quelques possessions, puis Daile la raccompagna jusqu'à l'entrée du domaine de Maître Marev. Là elle lui souhaita bonne route et lui dit combien elle l'aimait avant de l'étreindre une dernière fois. Elle se figea en voyant son maître revenir. Il n'avait pas l'air de bonne humeur. Et pour cause, il avait prévenu Daile et il remarquait qu'elle ne lui avait pas obéi. Sa mère s'inquiéta de l'attitude de sa fille et lui demanda ce qu'il lui arrivait, mais la jeune fille gardait les yeux fixés sur son maître.
    Quand Marev arriva à leur hauteur, Daile put constater que son regard était aussi dur et froid que de la glace. Et le fait qu'il était braqué sur elle n'arrangeait rien pour l'apprentie. Mais au point où elle en était, elle n'avait pas l'intention de le laisser mettre sa menace à exécution. Mais son maître n'esquissa pas un mouvement et se contentait de la foudroyer du regard. D'un signe, il ordonna à deux hommes d'approcher et quand ils arrivèrent, il déclara :

    • Conduisez mon apprentie dans sa chambre et enfermez-la!

    Alors, c'est ainsi qu'il avait décidé de faire ? Elle entendit vaguement sa mère protester, mais Marev ne tint absolument pas compte de son intervention. Quand les deux hommes se saisirent d'elle, Daile revint à la réalité. Elle commença à se débattre, mais ses gardes raffermirent leur emprise et l'emmenèrent malgré ses efforts pour rester. Elle hurla :

    • Maître, pitié, ne faites pas ça ! Je vous en supplie ! Elle n'a rien fait ! Elle allait partir !

    Daile n'eut pas l'impression que ces paroles avaient un quelconque impact sur la décision de son maître, mais elle n'abandonnait pas et continuait à supplier tandis qu'on l'entraînait inexorablement au loin. Elle ne cessa pas de se débattre tout au long du chemin qui menait à sa chambre, dans laquelle elle fut violemment poussée. S'étalant sur le sol, la jeune femme se releva rapidement et tenta de sortir, mais se heurta à une porte fermée. Elle tenta en vain de l'ouvrir, elle était verrouillée. Elle essaya même d'utiliser sa magie, mais son pouvoir lui échappait, sans doute que son maître l'en avait privée grâce au collier. Désespérée, elle donna des coups sur le battant qui résistait obstinément. Des larmes coulaient sans discontinuer sur ses joues.
    A bout de force, Daile finit par s'effondrer sur le sol et fut parcourue de sanglots incontrôlables. Combien de temps s'écoula avant que son maître ne vienne la voir ? Pas très longtemps visiblement, mais Daile ne bougea pas. Ne pouvant ouvrir la porte, car Daile la bloquait, il la fit voler dans les airs avec sa magie. Sa colère n'était pas retombée, au contraire. La jeune femme s'envola et percuta durement le mur opposé avant de retomber sur le sol. Sonnée par le choc, Daile mit un moment avant de relever la tête. Elle vit son maître qui' l'observait de ce même regard glacial. En le voyant, une rage sans nom consuma toute sa raison en elle et sans réfléchir, elle se releva, bien décidée à faire payer son audace à cet homme. Son attaque ne porta jamais. Un mur d'air la stoppa à un pouce de sa cible, puis la propulsa de nouveau contre le mur. La pression ne disparu pas et elle resta ainsi collée au mur par la seule volonté de son maître. Elle voulu bouger, mais la magie l'en empêchait. Elle ne pouvait même pas tourner la tête pour regarder en face l'homme qui la torturait.

    • Vous n'êtes qu'un monstre ! cracha la jeune femme. Pourquoi avez-vous fait ça ? Elle ne vous avait rien fait et était sur le départ!
    • Silence ! tonna son maître. Je t'avais prévenu hier que je ne voulais pas la revoir à mon retour ! Je te l'avais dit clairement, oui ou non?

    Daile refusa de répondre, car elle savait qu'il avait raison. Il interpréta son silence comme un assentiment à sa question.

    • Qu'est-ce que je vais faire de toi, maintenant? demanda en soupirant Maître Marev.
    • Je vous suggère de me tuer, car moi je n'aurais pas de repos avant que vous soyez six pieds sous terre, dusse-je porter ce collier pour le restant de mes jours!
    • Oh ! Que voilà un beau discours, ricana Marev. Cela dit, je me suis donné trop de mal et ai passé trop de temps à te former pour te tuer maintenant. Il se tut un moment, réfléchissant à ce qu'il allait faire de son apprentie. Finalement, il dit : Non, je ne te tuerais pas maintenant ! Un jour peut-être, qui sait ? Pour l'heure, tu vas rester sagement dans cette chambre comme une fille obéissante, et ce, jusqu'à ce que je décide que tu peux sortir. Est-ce clair?

    Encore une fois, Daile refusa de répondre, mais cette fois-ci, son maître entendait avoir une réponse clair. Il augmenta la pression qui immobilisait la jeune femme jusqu'à ce qu'elle ait du mal à respirer. Elle s'obstina à ne pas répondre, espérant que son maître finirait par dépasser le seuil fatidique, mais il était bien top intelligent pour cela. A contrecœur, Daile souffla un petit « Oui ». Immédiatement après, la pression se relâcha, sans pour autant la libérer.

    • Je préfère ça, gronda-t-il. Je vais maintenant te libérer. Si tu essaies encore une fois de t'en prendre à moi, je te promets que je ne serais pas aussi accommodant que tout à l'heure.

    Daile hocha la tête et son maître la libéra lentement. La jeune femme s'effondra dès que la magie ne la retint plus et éclata en sanglots. Elle n'entendit pas son maître s'en aller, ni même la clé tournant dans la serrure. Qu'avait-elle fait ? Elle s'était à nouveau soumise à ce tyran, voilà ce qu'elle avait fait.


Après l'Apprentissage, l'Enseignement
    Daile observa la ville de loin. Dras-Leona s'étalait au-dessous d'elle, blottie sur les rive du lac Leona. Non loin se trouvait Helgrind, les Portes de la Mort, montagne aux flancs dénudés évoquait la coque d'un vaisseau de cauchemar. Délaissant cette vue, la jeune femme mit sa monture au trot afin de rejoindre sa destination avant la nuit. Bien que cela lui laissait peu de temps pour trouver sa la propriété de son client, cela ne dérangeait pas Daile. Elle aimait avoir le temps d'observer le lieu du contrat avant toute chose.
    Alors que son cheval avançait sur la route menant aux portes de la ville, Daile se plongea dans ses pensées. Elle avait eu du mal à convaincre son maître qu'elle regrettait son geste ou ses paroles. Il avait fini par la croire. Mais pour Daile, l'histoire n'était pas terminée. Ces paroles qu'elle avait prononcé, elle en pensait chaque mot. Elle avait d'ailleurs eu une idée pour se venger de cet homme et elle était sur le point de passer à la première partie de celui-ci.
    Parvenue devant les énormes portes de la ville, elle se retrouva au milieu d'une foule se pressant d'entrer ou de sortir avant la fermeture des portes. Passant sans encombre, Daile entra enfin à Dras-Leona. Elle laissa son cheval dans une écurie, payant généreusement le propriétaire pour qu'il soit bien traité. Puis en demandant son chemin, elle parvint très vite devant la demeure du seigneur Servan. Elle se posta dans un endroit sombre afin que peu de personne ne la remarque et observa. Elle nota tout d'abord les gardes qui patrouillaient tout autour du domaine. Elle eut un sourire. Ce serait un jeu d'enfant de les éviter pour entrer. Elle mémorisa aussi la disposition des lieux, ainsi que les différentes issues qui permettaient de sortir sans crainte de la propriété. La nuit était bien avancée quand elle fut certaine d'avoir bien mémorisé tous les détails intéressants. Discrètement, elle se faufila sur le domaine. Comme elle l'avait prévu, elle se jouait de leur vigilance et parvint sans efforts à entrer dans la demeure du seigneur Servan. Elle profita du temps qu'elle avait devant elle pour visiter un peu les lieux, avant de se rendre dans une des salles où elle était certaine de rencontrer le maître des lieux. Rasant les murs, elle esquiva chaque patrouilles des gardes et parvint à découvrir une assez bonne partie de la demeure, puis elle prit tranquillement le chemin du salon, où le seigneur Servan passerait. Elle espérait qu'elle n'aurait pas à attendre trop longtemps sa venue. Elle s'installa confortablement dans un des fauteuils placé devant la cheminée et attendit.
    Le regard plongé dans les flammes, elle patienta, réfléchissant à ce qu'elle dirait quand on la découvrira ici. Finalement, elle choisit de ne pas préparer de discours, mais de laisser venir les réponses au fur et à mesures. En attendant que le soleil se lève, Daile en profita pour somnoler légèrement, n'ayant pas eu le temps de se reposer avant, mais en demeurant toujours à l'affût du moindre bruit suspect. Quand elle entendit enfin quelqu'un s'approcher de la porte, Daile se réveilla tout à fait. Le fauteuil étant placé de dis par rapport à la porte, elle ne serait pas immédiatement repérée par le nouvel arrivant.
    La porte s'ouvrit, puis se referma. Elle entendit le bruit d'une chaise qu'on déplaçait. Quelqu'un venait de s'asseoir au bureau placé devant la fenêtre. Un sourire étira les lèvres de la jeune tueuse. Remuant légèrement, Daile fit bruisser ses vêtements, ce qui alerta l'autre personne présente. Il tourna la tête, surpris et demanda qui était là.

    • Vous devriez revoir la sécurité, on entre comme dans un moulin ici, déclara Daile en adoptant la voix de son maître et en se levant du fauteuil.
    • Qui êtes-vous ? Et comment êtes-vous entré ici? s'exclama l'autre en se levant également et en reculant d'un pas.
    • Seigneur Servan, je présume, répondit Daile, ignorant délibérément les questions de son hôte.
    • C'est bien moi. Et à qui ai-je l'honneur?
    • Maître Marev. Il me semble que vous aviez demandé mes services, ajouta Daile.

    Le seigneur Servan parut soulagé en apprenant l'identité de son visiteur imprévu et pourtant attendu. Il répliqua :

    • Cela fait plusieurs semaines déjà que j'ai requis vos services. De plus, il me semblait que vous deviez envoyer votre apprentie, n'est-ce pas ce que vous m'avez dit?
    • Les raisons de ma présence ici ne vous concerne en rien. Quand au retard, disons que j'ai eu d'autres affaires à régler avant. Mais dois-je comprendre que vous avez trouver quelqu'un d'autre pour ce travail?
    • Non, non, s'empressa de dire son hôte.

    Daile fut soulagée d'entendre cela, même si elle ne le montra pas. Elle n'aurait pas voulu être obligée de retourner tout de suite chez son maître. De plus, elle aurait rater une occasion d'exercer sa vengeance sur ce dernier. Elle dit qu'elle en était ravie et que si son hôte n'y voyait pas d'inconvénient, elle aimerait se mettre tout de suite au travail, et donc, rencontrer son élève.
    Le seigneur Servan acquiesça aux propos de Daile et finit par la conduire auprès de son élève. En chemin, elle demanda si cette dernière était au courant de ce qu'elle allait devoir apprendre, mais son vis-à-vis secoua négativement la tête. Il avait préféré ne rien dire.

    • Et de toute manière, c'est qu'une simple esclave qui doit faire ce qu'on lui ordonne, rien d'autre. Elle n'a pas à penser, juste à agir suivant ma volonté, répliqua-t-il.

    Daile se retint de lancer une remarque. C'était également ainsi qu'elle était traitée par son maître. Cela signifiait-il qu'elle aussi était une esclave ? Possible, même s'il disait qu'elle était son apprentie, elle ne valait pas mieux qu'une esclave. Ne lui avait-il pas passé un collier autour du cou pour la contrôler ? Un collier qu'elle ne pourrait pas retirer elle-même.
    L'esclave en question n'était qu'une toute jeune fille, qui ne devait pas avoir dépassé les sept ou huit ans. Et on voulait qu'elle lui apprenne à tuer ? Comment pouvait-on être aussi odieux et insensible. Mais Daile n'avait malheureusement pas le choix et elle ferait ce qu'on lui demandait et ordonnait. La fillette fixait le mur en face d'elle quand ils arrivèrent. Servan allait immédiatement lui parler, tandis que Daile attendait près de la porte. En très peu de temps, il expliqua ce qu'il attendait d'elle, puis la laissa seule avec Daile. En sortant, il murmura un petit : Elle est à vous, à Daile, ajoutant qu'il serait dans le salon quand elle aurait terminé. Daile hocha la tête et laissa partir son hôte. Elle regarda un moment sa future élève, puis s'approcha d'elle.
    L'étudiant un peu, elle la salua ensuite, lui demandant son nom et d'autres petites informations. Elle se nommait Maiwenn. Elle avait sept ans. Et elle allait devenir une tueuse. Daile se détestait de devoir prendre part à cet enseignement, mais elle n'avait malheureusement pas le choix. Elle remarqua que la petite était attachée au montant du lit par un fer qui enserrait son poignet. Cela ne l'aiderait sûrement pas pour les leçons qu'elle allait devoir suivre, aussi, se baissant, elle plaça sa main juste au-dessus du cercle de métal, et l'ouvrit avec l'aide de sa magie. Une chance que Maître Marev lui ait permit de l'utiliser. La petite la regarda sans comprendre. Pourquoi lui ôtait-elle ce fer ? Allait-elle l'aider à sortir d'ici ? Daile voyait toutes ces questions et bien d'autres dans les yeux sombres de la fillette. Mais elle ne pouvait pas l'aider, pas maintenant. Peut-être, si elle aussi parvenait à faire ce qu'espérait l'apprentie. Invitant Maiwenn à venir avec elle, elle alla s'installer à une table où elle pourrait commencer à enseigner l'art de tuer à cette pauvre enfant innocente.

    ***
    La mission de Daile dura cinq. Cinq ans où elle façonna la petite fille pour en faire une vraie tueuse. Celle-ci était devenue une belle jeune fille, mais son regard dur refroidissait les gens. Daile n'avait pas réussi à préserver un peu de chaleur dans ce regard. Pourtant, elle n'avait pas été dure avec son élève. Celle-ci était d'ailleurs très intelligente et Daile trouvait dommage qu'on ne permette pas à cette intelligence de s'exprimer. Au contraire, on la réprimait pour que Maiwenn soit plus docile et plus facile à manipuler. Durant ces cinq années, Daile s'était absentée plusieurs fois pour retourner chez son maître afin de lui faire un rapport, mais avait dit au Seigneur Servan que c'était pour surveiller son apprentie. Logique, puisque qu'elle se faisait passer pour Maître Marev. Ni l'un, ni l'autre ne s'était jamais douté de ce que faisait Daile et cela arrangeait d'autant plus les affaires de la jeune assassin, car ainsi, elle pouvait aider sa jeune élève à réussir à s'occuper de son maître, car elle-même ne pouvait rien faire.
    Quand elle eut enfin achevé la formation de la jeune fille, cette dernière avait atteint l'âge de douze ans. Elle lui avait appris à fabriquer des poison, à manier des armes différentes et à sa battre avec pour attaquer ou pour se défendre. Comme l'avait ordonner Marev, elle n'avait pas enseigné la magie, et de toute manière, la petite n'en avait pas la capacité. Lors de l'une des dernières séances, Daile avait sortit un petit flacon empli d'un liquide clair comme de l'eau. Si on ne savait pas ce que c'était, on pouvait facilement commettre une erreur irréparable. Car ce liquide était un des poisons que la jeune femme avait concocté. Il avait un effet assez intéressant, car, au moment de l'administration de la substance, aucun effet n'était décelable. Rien ne permettait de dire que la victime venait d'être empoisonnée, mais plusieurs heures plus tard, les effets commençaient à apparaître et là, l'issue fatale était très rapide, pas plus de quelques minutes. Ce poison était un des préférés de Daile.
    Daile expliqua, à la suite d'une question de Maiwenn, ce que c'était. Elle lui affirma qu'elle lui faisait un cadeau en lui en parlant et lui permit même de garder cet échantillon. Il pourrait lui être utile. Surtout, elle ne devait pas hésiter à l'utiliser. La raison qui la poussa à faire ce geste était qu'elle avait parfaitement compris les futures intentions du maître de la jeune esclave. Ce dernier avait l'intention d'envoyer sa nouvelle arme tuer son mentor dans ce domaine, soit Daile, ou plutôt Marev, vu qu'elle lui avait emprunté son apparence. Peu de temps après, elle annonça à son client que la formation de Maiwenn était achevée et qu'ils pourraient passer aux petits détails du contrat – le paiement entre autres. Et quand tout fut réglé, Daile repartit. Une fois assez loin de la ville de Dras-Leona, elle se débarrassa de son déguisement et reprit sa véritable identité.


Liberté
    Daile venait de terminer une petite séance d'entraînement, afin de garder aussi aiguisés que possible ses réflexes. C'est à ce moment-là que Maître Marev revint. Daile le vit arriver de loin. Il revenait d'un contrat. En général, il restait égal à lui-même, mais ce jour-là, Daile vit que quelque chose ne s'était pas passé comme il le pensait. Quoi, elle ne pouvait pas le deviner, mais elle sentait qu'elle ne tarderait pas à le savoir. En effet, son maître, après avoir confié Avalanche à un serviteur, se dirigea d'un pas rageur vers son apprentie. Alors qu'il approchait, la jeune femme put voir que son bras droit était en sang. Un petit début d'idée naquit en elle sur les événements qui venaient de se dérouler pour son maître. La jeune esclave qu'elle avait du former à tuer venait de le retrouver et avait tenté d'accomplir la mission que son propre seigneur lui avait confié. D'un coup, Daile espéra que la jeune esclave avait utilisé le poison qu'elle avait délibérément laissé et que ce dernier progressait dans les veines de Marev. Cependant, elle ne s'appesantit pas sur ce détail. Elle aurait assez vite la réponse.
    Quand Marev l'eut rejointe, il lui ordonna de le suivre, ce qu'elle fit. Elle se retenait tant bien que mal de sourire en pensant à ce qui allait probablement se produire. Enfin, elle allait être libérée de cet homme, du collier et de tout le reste. Et sa mère serait vengée. Elle s'attendait à ce que la scène qui suivrait serait dure et peut-être même douloureuse, mais rien ne la priverait du plaisir de raconter la vérité à son maître. L'entière et cruelle vérité.
    Entrant dans le bureau de Marev, Daile s'immobilisa là où elle s'arrêtait à chaque fois, juste devant la porte, tandis que son maître se plaçait face à elle. Qu'allait-il lui dire ou lui faire exactement ? Malgré le fait qu'ils soient seuls, il tenta de maîtriser sa colère et lui demanda, d'un ton qui fit remonter un frisson le long de sa colonne vertébrale, ce qu'elle avait fait exactement. Jouant l'ignorante, elle demanda en retour de quoi il voulait parler.

    • De cette esclave que tu devais former. Peux-tu m'expliquer pourquoi elle a tenté de s'en prendre à moi ? D'autant plus que je t'avais bien fait comprendre que ce contrat ne devait pas se retourner contre nous.
    • Je ne sais pas Maître. Il faudrait voir cela avec le maître de l'esclave, le Seigneur Servan, répondit d'un ton neutre la jeune femme.

    La rage se lisait sans peine dans les yeux de son maître, pourtant Daile parvenait à rester plus ou moins de marbre. Il perdit son sang-froid et la frappa. Surprise, Daile ne fit rien pour se protéger et fut projetée sur le sol. Alors qu'il approchait pour la frapper une nouvelle fois, il se figea avant de se plier en deux et de tomber à genoux. Daile se releva à ce moment-là et se délecta de pouvoir enfin le regarder de haut.

    • Qu'est-ce que... commença-t-il, avant d'être à nouveau parcouru d'un éclair de douleur.
    • Vous devriez le deviner pourtant. Vous êtes un Maître dans ce domaine, se moqua Daile.
    • Un poison, souffla-t-il.
    • C'est exact ! Vous avez été empoisonné par une jeune fille de douze ans. Son maître lui a ordonné de tuer son mentor. Et il semble qu'elle ait réussi dès sa première tentative. Je suis épatée.

    A nouveau traversé par un éclair de douleur, Marev dut prendre une longue inspiration avant de pouvoir demander quel genre de poison c'était. Daile répondit avec un sourire froid :

    • Une de mes petites découvertes. Je dois dire que son effet est des plus intéressants. Les symptômes n'apparaissent pas immédiatement comme la plupart des poisons. A ce moment-là, il est possible de s'en sortir avec un antidote. Mais dès que les premiers symptômes sont apparus – et vous pouvez constater qu'ils sont très facilement identifiables – il n'y a plus rien à faire et la mort survient en une dizaine de minutes seulement.
    • Pourquoi?
    • Vous demandez pourquoi ? Je vais vous le dire ! Premièrement, vous m'avez obligée à vous suivre il y a onze ans, alors que je ne désirais qu'une seule chose, vivre avec ma mère. Nous vous aurions proposé autre chose en échange de votre aide, mais vous avez refusé. Deuxièmement, alors que je pensais que j'allais devoir apprendre de nouveaux remèdes, vous m'avez enseigné les poisons et toutes les manières possibles de tuer des gens au lieu de les sauver. De plus, vous avez osé me mettre un collier autour du cou, histoire de montrer que je n'étais qu'un objet pour vous. Et troisièmement, vous avez tué ma mère ! Je vous avais bien dit de me tuer à ce moment-là, auquel cas je vous verrais mourir, même si je devais vous l'administrer de mes propres mains, au risque de devoir garder pour toujours ce collier. Mais finalement, j'ai trouvé le moyen de vous tuer et de me débarrasser du collier par la même occasion. Pour cela, j'ai dû me servir d'une jeune fille innocente, mais le résultat est le même.

    Marev avait écouté le discours de son ancienne apprentie sans rien dire, luttant contre la douleur qu'instillait le poison. Daile vit qu'il voulait dire quelque chose, mais la douleur l'en empêcha, plus forte qu'avant. Elle comprit qu'il ne lui restait plus longtemps à vivre. Elle le remercia néanmoins de tout ce qu'elle avait appris grâce à lui. Parcouru d'un dernier spasme, son maître s'immobilisa enfin. Son âme l'avait quitté et au même moment, le collier qui enserrait le cou de Daile s'ouvrit. Il tomba sur le sol avec un bruit métallique et la jeune femme posa ses mains sur sa gorge enfin libre. Après l'avoir porté si longtemps, elle avait l'impression d'être sans défense, mais ignora cette sensation. Elle se réhabituerait bien vite à la liberté.
    La Liberté ! Enfin, elle l'avait recouvré. Elle n'eut pas le temps de savourer bien longtemps cet état de fait que la porte de la pièce s'ouvrit à la volée, la percutant dans le dos. Elle avança de quelques pas sous le choc, mais parvint à ne pas tomber et se retourna, furieuse. C'était Neelia. Elle ne dit rien, mais comprit tout ce qui venait de se passer en un clin d’œil. Son regard s'attarda sur le corps de son Grand-père, puis remarqua le collier qui gisait à côté du cadavre.

    • Qu'as-tu fait? cria-t-elle la Daile en se précipitant vers celui qui fut son Grand-père.
    • Ce qu'il fallait pour venger ma mère et me libérer! répliqua l'ancienne apprentie.
    • Venger ta mère ? répéta Neelia, des larmes aux yeux. Il ne l'avait même pas tué! cria-t-elle de rage.
    • Que dis-tu ? Ma mère est toujours en vie ? demanda-t-elle d'une voix menaçante. Pourquoi m'avoir laissé croire le contraire?
    • Il savait très bien que tu refusais de tuer quand tu pouvais l'éviter. Il a voulu te contraindre à agir comme une vraie tueuse, cracha-t-elle. Il n'a malheureusement pas eu le temps de vérifier si ça avait fonctionné.
    • Ca n'a pas fonctionné ! J'aurais toujours refusé de prendre une vie si ce n'était pas nécessaire ! De toute manière, je ne regrette pas mon geste. Je suis enfin libre de vivre ma vie comme je veux et j'entends bien en profiter!

    Daile allait s'en aller, car maintenant qu'elle savait que sa mère était toujours en vie, elle avait la ferme intention d'aller la retrouver, pour de bon cette fois-ci. Neelia la rappela avant qu'elle n'ai fait trois pas et lui demanda comment elle avait fait son coup. Si elle avait tué son maître, le collier aurait du rester autour de son cou. Pourtant, il était bien là, sur le sol. Daile lui raconta en quelque mot comment elle avait fait, puis partit au pas de course. Elle ne voulait plus traînasser, alors que sa mère l'attendait peut-être encore.
    Elle ordonna à un des palefreniers de lui fournir une monture rapide et endurante, précisant qu'elle n'avait pas de temps à perdre. Pendant que l'homme s'occupait de seller un bel étalon à la robe brun foncé, elle alla chercher quelques vivres et fournitures, puis se prépara à partir. Au moment où elle fit avancé son étalon, elle vit une jeune fille passer devant elle. Elle semblait suivre une trace et Daile ordonna d'un signe aux soldats de rester où ils étaient. Elle alla la voir et lui murmura quelques paroles qui la surprirent. Elle lui indiqua où se trouvait l'homme qu'elle venait de tuer, puis se détourna et partit au grand galop. Alors qu'elle s'éloignait, elle se dit qu'elle avait une dette envers cette petite et qu'il faudrait qu'un jour, elle lui rende la pareille. Mais pour l'instant, elle avait d'autres affaires plus importantes à traiter.
    Le chemin du retour vers sa véritable maison lui prit deux fois moins de temps que onze ans auparavant. Daile avait galopé sans penser à sa monture et avait failli la tuer sous elle. Heureusement pour l'animal, elle avait su s'arrêter à temps et l'avait laissé dans une écurie d'une petite ville. Elle avait continué son chemin avec un autre cheval et était enfin parvenu à sa destination. Son cœur battait follement et elle n'arrivait pas à calmer son rythme effréné. Plus elle approchait de la boutique et plus il battait fort. Elle arriva devant la bâtisse et mit pied à terre, attachant son cheval à proximité. Elle dut prendre une grande inspiration avant de se forcer à avancer. Elle entra. Une femme qu'elle ne connaissait pas se trouvait derrière le comptoir et la salua, puis lui demanda si elle pouvait lui être utile. Reportant son attention sur elle, elle lui demanda où était la propriétaire des lieux. Surprise, elle mit un peu de temps avant de répondre.

    • Vous êtes Daile, n'est-ce pas? demanda-t-elle, avant de se renfrogner.
    • C'est moi. Je voudrais voir ma mère, répondit-elle. Elle attendit un moment, mais comme son interlocutrice ne semblait pas vouloir répondre, elle insista. Finalement, la femme annonça la vérité.
    • Je regrette. Elle n'est plus là.
    • Comment ça plus là ? Elle est partie ? Où ça ?
    • Elle nous a quitté il y a environ un an.

    Le cœur de Daile manqua un battement. Elle eut l'impression que le monde autour d'elle s'écroulait. Alors qu'elle venait seulement d'apprendre que Marev ne l'avait pas tué, elle découvrait qu'elle était tout de même morte. Pourquoi le sort s'acharnait ainsi sur elle ? Daile dut faire un effort pour demander comment elle était partie et il lui fut répondu qu'elle avait succombé à une maladie.

    • A son retour, elle semblait persuadée que vous ne reviendriez pas. Et à cause de cette idée, elle n'a pas cherché à lutter lorsqu'elle est tombée malade. Je suis vraiment désolée.

    Daile ne dit rien. Elle ne pouvait rien dire. Pendant plusieurs jours, elle avait entretenu l'espoir insensé de revoir sa mère, et celui-ci lui était violemment arraché à présent. Qu'allait-elle faire à présent. Rester ici, dans cette ville où elle avait grandi, ne rimait plus à rien. De plus, elle y avait trop de mauvais souvenirs. Elle remercia la femme, puis s'en alla sans dire un mot de plus. Récupérant la bride de son cheval, Daile s'en alla à pas lent, perdue dans ses souvenirs. Elle repensait aux moments heureux qu'elle avait pu passer avec sa mère, avant l'arrivée de celui qui était devenu son maître pendant onze ans. Puis elle pensa que sa mère n'appréciait pas vraiment qu'elle s'appesantisse sur le passé, elle voudrait sûrement qu'elle se penche sur l'avenir, son avenir. Mais que faire ? Redémarrer une nouvelle vie ailleurs et oublier tout ce que son maître lui avait enseigné ? Non, ce ne serait pas le plus intelligent à faire, mais elle ne pouvait tout de même pas continuer d'accepter de tel contrats ! Elle voulait préserver la vie, pas la prendre aux autre.
    Voyant une patrouille de soldats escorter un prisonnier, Daile repensa à cette jeune fille dont elle s'était servie pour recouvrer sa liberté. Elle la revoyait enchaîné au montant du lit, dans une pièce sombre. Elle l'avait promise à un avenir sombre en lui enseignant ce savoir. Et très certainement que son maître en profitait largement. Mais Daile ne pouvait pas la laisser ainsi. Elle avait une dette envers elle en réalité. La jeune Maiwenn l'avait libéré, à elle d'en faire autant. Le reste, elle pourrait y réfléchir plus tard. Pour l'instant, elle devait aider quelqu'un. Sa décision prise, Daile se remit en selle et tourna définitivement le dos à cette ville. Pour commencer, elle devrait rejoindre le domaine de son ancien maître. Là-bas se trouvait tout ce dont elle pourrait avoir besoin. Et pourquoi ne pas prendre possession de ce qui avait appartenu à cet homme. Elle repensa à Neelia et se dit qu'elle ne serait pas un obstacle à sa décision de prendre la direction du domaine.
    Le retour vers la capitale ne lui prit que quelques jours. Neelia parut surprise de la revoir et tenta de savoir quel était le but de l'ancienne apprentie de son grand-père. Daile ne fit pas un mystère de ses intentions, déclarant à qui l'entendrait qu'elle prenait la direction du domaine. Neelia protesta vigoureusement, disant que le domaine lui revenait de droit, et pas à une inconnue. La jeune tueuse ne vit pas d'un bon œil les réclamations de sa cadette. Elle lui fit bien comprendre qu'elle n'aurait pas son mot à dire.

    • Comment oses-tu ? Après avoir tué ma seule famille, tu oses me prendre mon domaine?, cracha-t-elle, outrée.
    • Je vais être claire. Je commande désormais à toutes personne résidant ici. Si ça ne te plaît, pas, je ne te retiendrais pas. C'est à toi de choisir. Reste, et accepte que je dirige ou va-t-en sans espérer pouvoir revenir après! répliqua Daile d'une voix dangereusement calme. Je te laisse jusqu'à demain pour choisir!

    Neelia resta pétrifiée par la surprise et par l'ultimatum de la nouvelle maîtresse du domaine. La laissant à ses réflexions, Daile s'en alla et entra dans la demeure afin de se préparer à son prochain voyage vers Dras-Leona. Mais avant tout, elle devrait choisir le déguisement le mieux approprié pour qu'on ne la remarque pas. Heureusement pour elle, elle était très douée dans ce domaine, même sans l'aide de la magie. N'avait-elle pas réussi à se faire passer pour son maître durant cinq ans ? Elle avait d'ailleurs entendu une rumeur assez étonnante à son sujet alors qu'elle était encore apprentie : on la désignait sous le nom de Caméléon, car on ne pouvait pas savoir sous quelle apparence elle allait apparaître. Un sourire étira ses lèvres. Le surnom lui plaisait et elle décida de le conserver.
    Revenant à son problème actuel, Daile estima qu'un déguisement de servante serait le mieux adapté à ses objectifs. Elle eut vite fait de préparer les affaires qu'elle emmènerait le lendemain, quand elle partirait. Puis elle alla se restaurer un peu et se reposer. Elle devait être fraîche et disponible le lendemain. De plus, elle devrait entendre la décision de Neelia. Pour Daile, cela ne posait aucun problème si la jeune femme choisissait de rester, au contraire, cela l'arrangerait. Car même si elle ne la portait pas dans son cœur, elle pourrait lui être utile et Daile allait la surprendre par ce qu'elle lui demanderait.
    Les rayons du soleil entrant par la fenêtre réveillèrent Daile. Ouvrant les yeux, la jeune femme fut éblouie et posa un bras sur ses yeux pour les protéger de l'intense luminosité. Elle resta ainsi quelques instants, avant de se décider à se lever. Après tout, elle avait une mission à accomplir. Récupérant ses affaires, Daile s'équipa d'autant de matériels possible, puis sortit. Elle rencontra Neelia dans le couloir. Cette dernière venait probablement lui annoncer sa décision.

    • Je viens t'annoncer ma décision, puisque de toute façon, il n'y a pas d'autre choix possible. Daile se contenta de la regarder sans prononcer un mot. Comme je n'ai pas envie de me retrouver sans ressources, je préfère rester ici. Mais je désire poser quelques conditions...
    • Tu n'as aucune conditions à poser! la coupa Daile. En revanche, je suis ravie que tu ais décidée de rester. Sache néanmoins que je ne t'aurais jamais laisser sans ressources dans le cas contraire. Contrairement à ce que tu semble penser de moi, je ne suis pas cruelle. Daile s'interrompit un moment, puis ajouta :Pour l'heure, je dois partir. J'ai quelque chose à faire. Je souhaite que tu t'occupes de gérer le domaine en mon absence. Je te fais confiance pour tous les détails, car je sais que tu t'acquitteras à merveille de cette tâche. Acceptes-tu?

    Daile attendit la réponse de Neelia, celle-ci étant sincèrement surprise par la demande inhabituelle de l'ancienne apprentie. Finalement, après un long moment, elle hocha simplement la tête, signifiant qu'elle acceptait cette charge. Daile eut un sourire, souhaita bonne chance à la jeune femme et partit.

    ***
    Daile avançait le long des couloirs de la demeure du Seigneur Servan. Elle n'avait pas besoin de sa cacher, personne ne connaissant sa véritable apparence. Pour l'heure, elle se faisait passer pour une servante travaillant dans sur le domaine. Depuis plusieurs mois maintenant, elle portait ce déguisement, mais enfin, elle allait pouvoir le quitter,, partir de cet endroit, et emmener la jeune Maiwenn loin d'ici. C'était son but depuis le début, pour la remercier en quelque sorte.
    Elle arriva enfin devant la « chambre » où se trouvait la jeune fille. Elle savait qu'elle était seule pour l'instant et Daile entendait bien profiter de cet instant. Ouvrant doucement la porte, elle se glissa à l'intérieur et referma tout aussi doucement la porte derrière elle. Daile vit la jeune Maiwenn se relever, probablement intriguée par la discrétion inhabituelle. Daile posa ce qu'elle portait sur le lit, avant d'aller ouvrir les rideaux de la fenêtre. Il faisait jour, même si le ciel était couvert par une épaisse couche nuageuse. Même cette faible luminosité semblait déranger la jeune fille, qui se protégea les yeux le temps qu'ils puissent s'accommoder. Daile prononça quelques mots pour la rassurer, puis se chargea d'ouvrir le fer qui retenait toujours son bras. Elle lui indiqua ensuite les vêtements qu'elle avait apporté, disant que c'était pour qu'elle puisse se changer.
    Daile attendit patiemment, puis entraîna Maiwenn hors de la pièce en lui disant qu'elle allait la faire sortir de cet enfer. Cela pouvait sembler difficile à croire pour la jeune esclave, mais c'était pourtant bien ce que faisait Daile. Sans se faire remarquer, les deux femmes quittèrent le domaine du Seigneur Servan, puis sortirent de la ville. Daile avait déjà tout prévu. Hors des murs de la ville, deux chevaux les attendaient, seller et prêt à être monter. Aussi rapidement que possible, elles finirent par arriver auprès des chevaux. Daile aida Maiwenn à grimper en selle, puis monta à son tour sur l'autre monture. Puis elles s'éloignèrent au galop en direction d'une forêt qui bordait le lac Leona.
    Pendant trois jours, elles avancèrent, longeant le lac. Quand elle estima que personne ne les poursuivait, Daile fit s'arrêter sa monture, celle de Maiwenn suivant le mouvement. Elles se trouvaient près d'un petit ruisseau, où Daile pourrait enfin s'occuper des diverses blessures de Mai. Ayant besoin d'eau chaude, la jeune tueuse voulu se servir de sa magie pour en obtenir, mais eut la désagréable surprise de constater que sa magie ne répondait pas à ses sollicitations. Pourquoi ? Daile songea à une possibilité qui lui glaça les sangs : le collier. Cet instrument qui avait muselé pendant si longtemps sa magie. Malgré le fait qu'elle ne le porte plus autour du cou, il avait laissé une sorte de marque, qui avait contaminé sa magie, la rendant imprévisible. Comment savoir maintenant quand elle pouvait compter sur sa magie ? Délaissant ce problème, Daile entreprit de chauffer l'eau de manière plus conventionnelle, en faisant un feu. Quand l'eau fut chaude, elle put enfin se charger des blessures de Maiwenn. En même temps, elle tenta d'en savoir plus sur sa jeune protégée. Quand celle-ci lui annonça que son maître avait fait d'elle une arme, Daile joua l'ignorance et demanda :

    • Pourquoi dis-tu qu'il a fait de toi une arme?
    • Il m'a acheté à mon père lorsque j'avais six ans. Il m'a arraché à mon frère jumeau, et lui m'a rejeté. Le moyen le plus simple d'asservir quelqu'un est de commencer lorsqu'il est jeune. J'étais une enfant terrifiée de quitter son foyer. Je ne connaissais rien d'autre. Daile ne put s'empêcher de voir certains parallèles entre le récit de Maiwenn et sa propre expérience, à cela près que Mai était bien plus jeune qu'elle. Il m'a brisé, violé, torturé jusqu'à ce que je lui cède et que je devienne quelque chose qu'il pouvait contrôler. Puis, lorsque j'eus sept ans, il engagea un précepteur peu commun. Il m'a appris pleins de choses : poisons et antidotes, escrime, tir à l'arc, combat à mains nues, lecture et écriture aussi. Il fit de moi un assassin parfait. Aussi discrète qu'un chat, il disait que je passais au travers des murs. On ne pouvait jamais savoir où j'étais. Maiwenn fit une pause afin de prendre une inspiration, puis continua : Jugeant que j'étais prête, il l'annonça à mon maître. J'avais douze ans. Un délai bien court, certes, mais mon maître voulait que tout soit vite fait. Et la première mission qu'il me confia fut de tuer mon précepteur et de lui rapporter quelque chose pour lui prouver ma réussite. Je l'ai fait. Cela m'a achevé. J'avais tué un homme qui avait été comme un père pour moi, parce que j'avais peur, peur de la douleur. J'étais anéantie.

    Daile ne polémiqua pas. De même, elle garda pour elle que son « précepteur » se trouvait bel et bien devant elle. La nuit commençant à tomber, Daile choisit de bivouaquer sur place. Elle dit à Maiwenn qu'elle prenait le premier tour de garde, pendant qu'elle se reposerait. Plus personne n'était à leur poursuite, mais il y avait d'autres dangers. Il fallait être confiant, pas naïf. Pendant qu'elle surveillait et que Maiwenn dormait profondément, Daile sortit le collier responsable de ses malheurs actuels avec sa magie. C'était la fameuse preuve que Maiwenn avait ramené à son maître pour prouver la réussite de sa mission. Pourquoi l'avait-elle récupérer avant d'aller délivrer la jeune fille ? Pourquoi devait-elle s'encombrer d'un tel fardeau ? Ce collier ne lui avait apporté que des ennuis. Mais c'était aussi une partie de sa vie. Insignifiante pour n'importe que qui, sauf pour Daile. Après un moment où elle avait joué avec, elle le rangea à nouveau.
    Le trajet menant jusqu'à Belatona dura encore plusieurs jours. Daile avait l'intention de rester plusieurs jours dans cette cité, afin qu'elles puissent toutes deux se reposer complètement. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était le petit voleur qui lui déroba sa bourse. Daile fut tentée de le poursuivre afin de récupérer son bien, mais elle ne pouvait pas laisser Maiwenn seule. Elle décida donc de le laisser filer. Après tout, cette ridicule somme n'était rien comparée à ce qu'elle avait dans le domaine dont elle avait prit possession. Mais très vite, un nouveau problème se posa à elle. Où allait-elle dormir, maintenant qu'elle n'avait plus d'argent. Elle ne voulait pas repartir si vite arrivée. Et surtout, pour aller où ? Elle songea à vendre les chevaux, ce qui leur ramènerait un peu d'argent, mais comment voyageraient-elles par la suite ?
    Elle fit le tour des auberges et proposa ses services en échange d'une chambre, mais aucunes n'accepta. Tous étaient attirés par l'argent, le travail temporaire ne les intéressaient pas. Alors qu'elles passaient devant une bâtisse assez imposante, Daile reconnut une maison de plaisir. Elle réfléchit, et au point où elles en étaient, ça ne pouvait pas faire de mal. Elles entrèrent, mais ne savaient pas alors qu'elles n'en ressortiraient pas aussi vite.



Dernière édition par Daile Akairosa le Lun 7 Nov - 12:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Daile Akairosa [Terminée]   Lun 7 Nov - 12:10

Découverte
    Trois années étaient arrivées et s'étaient enfuies depuis que Maiwenn avait retrouvé son frère. Depuis, Daile et elle vivaient avec Vaerys, dans la demeure familiale de ce dernier, à Urû'baen. Elle était bien plus grande et plus vaste que celle de son ancien maître, et située beaucoup plus près du palais du roi. Cette proximité avait quelque peu dérangé la tueuse au début, mais elle avait fini par s'y habituer. De plus, elle se demandait maintenant pourquoi, car depuis longtemps, elle n'avait jamais eu de mal à en sortir.
    Depuis son retour dans cette ville, Daile effectuait de temps en temps des contrats divers, du simple vol – où elle refusait toujours de tuer si elle pouvait l'éviter – au meurtre proprement dit. En bref, il lui arrivait de ne pas dormir la nuit, car elle était en vadrouille. Ce soir-là, elle ne dormait pas, mais c'était parce que le sommeil la fuyait. Se résignant à ne pouvoir fermer l'oeil pour le moment, Daile se leva, s'habilla et sortit, avec dans l'idée d'aller prendre l'air à l'extérieur. En marchant dans les couloirs sombres de la demeure, Daile eut la surprise de croiser son amie, Maiwenn, qui lui demanda pourquoi elle ne dormait pas à cette heure avancée de la nuit.

    • Non, j'ai du mal à trouver le sommeil. Et toi, tu ne dors pas non plus? répondit-elle simplement, également surprise de la voir rôder dans les couloirs.
    • Non, mais je suis exténuée et je dois encore aller voir Vaerys avant de me coucher.
    • Personne ne dors dans cette maison ou c'est juste une impression ? Et ce que tu as à lui dire ne peut pas attendre le matin ? Tu as une mine à faire peur.
    • Non, ça ne peut pas attendre. J'aurais tout le temps de me reposer demain matin de toute façon, répliqua son amie.
    • Qu'as-tu à lui dire qui soit plus important d'une bonne nuit de sommeil ? Ne vas pas te ruiner la santé pour lui.
    • Ce ne sont que des affaires de famille. Ne t'inquiète pas, ce n'est rien de grave et puis, Vaerys ne ferait rien qui puisse me faire du mal. Sois tranquille! tenta de la rassurer Maiwenn, mais cela n'eut pas l'effet escompté. Je t'assure que je vais bien. Une bonne nuit de sommeil et je serais de nouveau prêt à courir partout.
    • Tu me caches quelques chose. Quelles sont ces affaires de famille qu'il te confie ? demanda-t-elle, curieuse. Mai n'eut pas l'air d'apprécier sa question, car Daile la vit se raidir avant de répliquer.
    • Tu m'agaces avec tes questions, je te demandes juste d'avoir confiance en moi.
    • Et comprends que c'est difficile d'avoir confiance en quelqu'un quand celui-ci lui caches quelque chose, rétorqua Daile.
    • C'est juste que Vaerys serait furieux s'il apprenait que tu te mêlais de ses affaires. Ce n'est rien de grave en plus.

    Comprenant qu'elle n'aurait pas plus d'informations, Daile capitula et termina cette étranger conversation avec une petite plaisanterie. Elle espérait que cette entrevue ne durerait pas trop longtemps, car sinon, Maiwenn risquait de s'endormir sur le bureau de son frère. Après un dernier signe de tête, elle continua son chemin. Mais dès qu'elle eut tourner dans un couloir latéral, elle s'arrêta et se plaqua contre le mur. Elle attendit un moment, afin d'être certaine que son amie continua elle aussi son chemin, puis, s'enveloppant dans un manteau d'ombre, entreprit de la suivre. Une chance pour elle, sa magie répondit à son appel. Parvenue devant le bureau de Vaerys, Daile réussit à entrer de justesse dans la pièce avant que Maiwenn ne referme la porte. Elle alla se placer dans un des coins de la pièce et eut tout loisir d'entendre la conversation.
    Vaerys sembla ravi et soulagé du retour de sa sœur. Cela n'étonna pas trop Daile, après tout, ils étaient de la même famille, plus important encore, ils étaient jumeaux. Mais ce qu'elle entendit ensuite la surprit tellement qu'elle faillit avoir un arrêt cardiaque. Maiwenn tuait pour son frère. Elle tuait pour qu'il puisse accroître ses possessions et ses richesse ? Mais ce n'était pas le pire de ce qu'entendra Daile.

    • Tu passerais la nuit avec moi? demanda Vaerys.
    • Si tu veux, mais d'abord, je vais me changer.
    • Dépêches-toi.

    En entendant cela, Daile faillit laisser filer sa magie, la rendant à nouveau visible, malgré les ombres régnant dans les angles de la pièces où elle s'était dissimulée. Heureusement pour elle, elle parvint à se ressaisir à temps et à conserver son voile d'ombre. Elle regarda sa jeune amie sortir du bureau de son frère en soupirant et en baillant. Elle était vraiment fatiguée et cet homme comptait l'épuiser encore plus. Attendant d'être sûre que Maiwenn était suffisamment loin, elle dit, sans se départir de son manteau d'ombres :

    • Eh bien, c'est beau l'amour fraternel. Je ne pensais pas qu'il pouvait être aussi fort entre deux personnes.

    Daile eut la satisfaction de voir Vaerys sursauter quand il l'entendit. Il se tourna vers l'angle où elle se trouvait et demanda :

    • Qui est-là? Daile laissa sa magie se dissiper et la dévoiler, alors qu'elle faisait quelques pas vers le centre de la pièce. Toi ! Qu'est-ce que tu fiches ici? s'exclama Vaerys.
    • Moi, je m'inquiète seulement pour une amie. Je constate que j'avais raison d'ailleurs. Comment oses-tu traiter ta propre sœur comme ça ?
    • Ca ne te regarde absolument pas! siffla le jeune homme.
    • Au contraire, ça me regarde. Maiwenn est mon amie et je ne l'ai pas fait sortir de l'enfer dans lequel tu l'as laissé si longtemps pour qu'elle y retourne sous ta coupe ! Méfie-toi, je ne suis pas quelqu'un qui laisserait Maiwenn se faire détruire plus qu'elle ne l'est déjà. répliqua Daile d'une voix dure.

    Vaerys se redressa, un petit sourire sur les lèvres et demanda :

    • C'est une menace?
    • Je dirais plutôt un conseil, mais prends-le comme tu veux. Voyant qu'il ne la prenait pas au sérieux, elle ajouta : Tu ne sais pas qui je suis, alors fais surtout très attention à toi. Et prends garde à ne pas pervertir Mai avec tes envies incestueuses.
    • Je ne vois pas de quoi tu veux parler, éluda Vaerys, feignant l'ignorance.
    • Ne me prends pas pour une imbécile, car tu ferais la plus grosse erreur de ta vie. J'ai très bien compris ce que tu as dit tout à l'heure. J'ai également pu remarquer que tu es le seul à attendre cette nuit avec impatience. Elle s'approcha de la porte, avec l'intention de sortir et ajouta : Je te conseille vivement de faire bien attention à elle. J'y veillerais.

    Vaerys eut un sourire mauvais, du genre de ceux qu'on déteste voir sur le visage d'un ennemi, mais Daile n'en fut pas plus impressionnée que ça.

    • N'oublies pas que tu n'es qu'une invitée ici, non désirée qui plus est. Mai est assez grande pour savoir ce qu'elle veut. Si elle reste, c'est qu'elle aime sa nouvelle vie, tu ne crois pas ? Je lui donne tout ce qu'elle désire. Elle aime ma présence et j'aime la sienne. Il n'y a rien de mal là-dedans. Il se leva et s'approcha de Daile. Cependant, n'essaies pas de me défier, car il pourrait t'arriver quelque chose de regrettable si tu te mêles encore de mes affaires. Sur ce je te souhaite une bonne nuit.
    • Si tu crois que ta menace va m'empêcher de dormir sur mes deux oreilles la nuit, tu te trompes lourdement. Comme je l'ai précisé avant, tu ne sais pas qui je suis. Tu serais plus avisé de t'abstenir de toute action contre moi ou tu risquerais de t'en mordre les doigts. Tu comprendras très vite que tu as eu tort de ne pas m'écouter ce soir.
    • Sauf que tu sais aussi bien que moi que tu ne feras rien, dans l'intérêt de Mai. Tu l'apprécies trop.
    • C'est vrai. Mais est-ce qu'elle saura vraiment ce qui t'es réellement arrivé? répondit Daile après un instant de réflexion.
    • Humm... On verra Chérie.

    Une lueur de colère apparut dans les yeux de Daile. Vive comme l'éclair et Poivre apparaissant comme par enchantement dans sa main, Daile entailla l'épaule de son vis-à-vis. Sa dague étant remplie de son poison spécial, celui-là même qui avait servit à tuer son maître, elle savait que Vaerys ne se doutait pas un instant qu'il venait d'être empoisonné.

    • Comment oses-tu ? cracha-t-il, quand Daile se fut écarter d'un bond en arrière. Alors qu'il s'apprêtait à lancer un ordre aux gardes qui se trouvaient dans le couloir, Daile l'interrompit :
    • A ta place, je me tairais, ou crois-moi, cette lame trouvera un chemin vers ton cœur avant que quiconque puisse arriver, dit-elle en levant Poivre devant elle. Elle la pointa ensuite sur la poitrine de Vaerys afin qu'il comprenne bien ses paroles. Vaerys posa les yeux sur la dague et vit qu'elle était parcourue d'étranges canaux. Bien voilà comment nous allons procéder. Toi, tu vas arrêter de te servir de Maiwenn comme d'une arme pour ton compte. Dans le même ordre d'idée, ne m'appelles plus jamais Chérie, est-ce bien clair?
    • Maiwenn est à moi ! C'est ma sœur. Je fais juste en sorte d'assurer notre fortune. Et elle s'en sors plutôt bien dans ses missions. Éloignes-toi de moi maintenant!
    • Je ne suis pas surprise de son efficacité. Mais tu te trompes quand tu dis qu'elle est à toi. Elle n'appartient à personne, c'est un être vivant, et non un objet. C'est ta sœur, oui, mais as-tu vraiment le droit de l'appeler ainsi après ce qu'elle a subi pendant toutes ces années ? Iras-tu la faire sortir des cachots du palais si un jour elle se fais prendre ? Auras-t-elle accès à cette fortune que tu amasses si elle se fait tuer?
    • Comment peux-tu savoir ce qu'elle a subi ? Et que sais-tu de ses compétences de tueuse ? Tu n'es qu'une servante après tout!
    • Une servante ? Oh, mais je suis bien plus que cela, répondit mystérieusement Daile. Tu veux des réponses à tes questions ? Je veux que tu cesses d'utiliser Maiwenn comme une arme. C'est un marché équitable, non?

    Désirant mettre fin à cette stupide conversation et à voir cette étrange lame s'éloigner de sa poitrine, Vaerys s'empressa de dire :

    • Bien, elle ne tuera plus, si c'est ce que tu veux.

    Mais Daile trouva qu'il avait accepter un peu vite. Elle choisit donc de préciser sa pensée.

    • Non, tu ne m'as pas comprise on dirait. Je veux que plus jamais tu n'utilises ta sœur comme une arme pour t'enrichir, dit-elle en insistant bien sur le mot « jamais ».
    • Soit, j'accepte, lâcha-t-il à contrecœur. Mais si elle désire continuer, tu ne diras rien.
    • Je m'assurerais qu'elle sache bien qu'elle vit elle pourrait mener. Celle qu'elle aurait dû avoir depuis longtemps ! Sache que moi, je serais en mesure de la lui offrir, sans rien en contrepartie, dit-elle en abaissant sa main qui tenait Poivre.
    • Moi aussi. Maintenant, si tu permets, je vais la rejoindre.

    Daile le regarda passer devant elle, mais avant qu'il ne sorte, elle le rappela. Lorsqu'il se retourna, elle lui lança un minuscule flacon, qu'il parvient de justesse à rattraper.

    • J'ai vu que tu as remarqué l'aspect peu commun de ma dague, dit elle avec un petit sourire. Elle la leva devant elle, la tenant entre deux doigts seulement, afin que le pommeau sois bien visible. Ce dernier n'était pas entièrement rempli de poison, de sorte qu'on voyait bien le niveau de liquide qu'il contenait. C'est un dague assez spéciale. Comme tu as pu le remarquer, sa lame est parcourue par un réseau de canaux qui permettent d'acheminer jusqu'aux tranchants le liquide contenu dans le pommeau. Je te laisse imaginer qu'elle genre de produit on peut mettre dans de telles armes. Elle se tut, laissant Vaerys réfléchir. IL finit par faire le lien entre le flacon qu'il tenait dans sa main et la dague. Il souffla :
    • Du poison ! Tu as osé m'empoisonner?
    • Possible. Pour te dire la vérité, je l'utilises très rarement. Je ne me souviens même plus de la dernière fois où je l'ai dégainée, celle-là. Cela fait si longtemps que je ne me souviens même plus si c'est du poison que contient le pommeau, ou une autre substance inoffensive, répondit-elle d'un ton innocent. Le flacon que je t'ai donné contient, selon les cas, un poison ou un antidote. Si la dague est empoisonné, boire ce flacon te sauveras, mais si la dague n'est pas empoisonnée, le contenu du flacon te tueras. A toi de choisir si tu veux boire ou pas. Au fait, si la dague est empoisonnée, il ne te restera que quelques heures avant de mourir. Et si tu choisis de boire l'antidote alors que tu n'es pas empoisonné, tu mourras en quelques instants.

    Daile savait pertinemment ce que contenait Poivre. C'était le poison qui avait servit à Mai pour tuer Maître Marev. Mais elle adorait voir ses victimes aux prises avec un choix difficiles. Elle appréciait tellement les voir essayer de déterminer s'ils avaient été empoisonné ou non. Vaerys, lui, choisit assez rapidement. Il opta pour boire le flacon. Un sourire étira les lèvres le l'assassin. IL avait opté pour la bonne solution.

    • Bravo, tu viens de te sauver la vie ! déclara-t-elle. Pour ton information, sache que j'ai utilisé ce poison sur mon maître pour le tuer. Lui n'a pas eu le même choix que toi. Il n'a su qu'il était empoisonné qu'au moment où celui-ci a commencé son œuvre, bien longtemps après avoir été inoculé.
    • Tu as tué ton propre maître? s'étonna-t-il.
    • Oui et non. Je vais te faire une confidence. Mon maître, lui aussi me considérait comme un objet. Il m'avait mit un collier autour du cou pour mieux me contrôler. Ce collier avait la faculté d'inhiber ma magie. De plus, si je tentais une action qui devait entraîner la mort de mon maître, le collier serait toujours autour de mon cou à l'heure qu'il est. Comme tu peux le constater, il n'y est plus et ce, tout simplement parce que j'ai dû me servir d'une tierce personne pour tuer mon maître. Je lui ai fourni un échantillon du poison et simplement attendu que les événements se déroulent. Mon plan aurait pu ne pas aboutir, mais j'ai eu de la chance. Comprends-tu maintenant quel genre de personne tu as en face de toi ?

    Il comprenait. Daile le voyait dans son regard. Il comprenait même trop bien. Il avait un maître assassin en face de lui. Il appréhendait mieux ses menaces d'un coup. Il hocha la tête, puis, sans un mot de plus, sortit. Daile était assez fière de sa prestation. Néanmoins, elle espérait qu'il avait vraiment saisi tout ce qu'elle lui avait dit. Finalement, elle sortit, elle aussi, du bureau et retourna se coucher. Bientôt, elle quitterait cette demeure pour celle de son ancien maître. Enfin, pour un temps seulement. Elle avait plutôt l’intention d'ouvrir une herboristerie. Elle avait trouver un site idéal et comptait bien profiter de l'occasion. Elle serait toujours près de Maiwenn au cas où. Et si Vaerys recommençait à envoyer Maiwenn en mission comme il le faisait, elle n'aurait aucun mal à aller le voir pour lui rappeler quelques souvenirs.
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avatarLaya



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MessageSujet: Re: Daile Akairosa [Terminée]   Lun 7 Nov - 18:36

  • YAEH MA DAILE. (j'ai pas le temps de tout lire, mais je souhaite bon courrage a tous ceux qui liront le tout.)

  • Je suis contente que tu ai fini ^^.
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avatarHiime
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MessageSujet: Re: Daile Akairosa [Terminée]   Lun 7 Nov - 18:39

Wolala Shocked V'là le roman ! Aucune compassion pour les admins ! xD
Ceci dit, tu écris très bien Smile

Je valide.


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Nothing shall forestall my return. »
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MessageSujet: Re: Daile Akairosa [Terminée]   Lun 7 Nov - 18:40

Désolée, mais je l'ai trop tourné dans ma tête. Merci en tout cas
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MessageSujet: Re: Daile Akairosa [Terminée]   

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Daile Akairosa [Terminée]

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